C + 2S = CS
Les vapeurs de ce composé se condensent en grande partie dans le ballon, puis s’échappent vers le réfrigérant où s’achève leur condensation; le liquide produit s’écoule dans le ballon. De temps en temps, on ajoute un nouveau morceau de soufre. Le charbon de bois retenant toujours des composés hydrogénés, de l’hydrogène sulfuré et même d’autres gaz à odeur fétide, se produisent en petite quantité, en même temps que le sulfure de carbone. On doit éviter de réunir le tube en grès à l’allonge par un tube étroit; il est indispensable, en effet, que le soufre qui
échappe à la réaction, s’écoule du tube en grès autrement que par un orifice étranglé qu’il pourrait obstruer.
La disposition représentée dans la figure est l’une des plus usitées, mais il vaut mieux encore choisir une allonge à ouverture suffisamment large pour que le tube en grès puisse, comme il a été dit plus haut, y pénétrer et y être fixé par un liège convenablement taillé. Si la réfrigération du ballon tubulé est bien assurée, le réfrigérant peut être remplacé par un simple tube droit.
766. S’il s’agit de produire une quantité plus importante de sulfure de carbone, on remplace avantageusement le tube par une cornue de grès, portant une tubulure qui se prolonge à l’intérieur en un tube pénétrant jusqu’au fond de la panse. On remplit cette cornue de charbon en fragments, et après l’avoir reliée à l’appareil de condensation ci-dessus indiqué, sa tubulure étant fermée par un bouchon, on la chauffe dans un fourneau en terre surmonté de son laboratoire (§ 73). La tubulure sert à introduire de temps en temps les morceaux de soufre. Il est utile de la protéger de l’action du foyer par une plaque de tôle percée, formant écran, qui empêche la combustion du bouchon et protège les mains de l’opérateur.
767. Purification. — Le liquide condensé est du sulfure de carbone impur, plus ou moins chargé de soufre; il doit être rectifié. On l’introduit, avec quelques petits fragments de charbon destinés à régulariser l’ébullition, dans un appareil distillatoire (§ 226, fi g. 142), dont le réfrigérant de Liebig est traversé par un courant d’eau bien froide. A l’extrémité libre du réfrigérant est placé un vase destiné à recueillir le produit distillé; on suspend le ballon au milieu d’une marmite dans laquelle on verse de l’eau chaude. Celle-ci échauffe le sulfure de carbone et provoque bientôt sa distillation. Dès que l’ébullition se ralentit, on ajoute une nouvelle quantité d’eau chaude, ou on remplace partiellement, dans la marmite, l’eau refroidie par de l’eau bouillante. En opérant ainsi dans un local ne contenant aucun foyer en combustion, avec de l’eau chauffée dans une pièce voisine, on évite tout danger dans la rectification du liquide inflammable.
Le sulfure de carbone ainsi distillé une fois est à peu près au même état de pureté que le produit commercial. Il possède, comme ce dernier, une odeur fétide. Pour le purifier tout à fait, on l’agile à plusieurs reprises et on le laisse en contact pendant vingt-quatre heures, avec 1/2 pour 100 de son poids de bichlorure de mercure finement pulvérisé;' ce sel fixe l’hydrogène sulluré, et forme avec la matière sulfurée fétide que contient le liquide, une combinaison insoluble qui se dépose. On décante la liqueur claire, on l’additionne de 2 pour 100 d’huile grasse inodore, et on la rectifie au bain-marie, comme il a été dit tout à l’heure.
I.e sulfure de carbone pur doit être conservé à l’abri de la lumière qui l’altère.