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II. - PROPRIÉTÉS

768. Combustibilité. — On verse dans une petite capsule de porcelaine quelques centimètres culies de sulfure de carbone, et on en approche aussitôt une llainine de gaz; le sulfure de carbone brûle avec une flamme bleue en produisant de l’anhydride carbonique et de l’anhydride sulfureux.

La combustion s’opère avec explosion lorsque la vapeur de sulfure de carbone et l’air ont été préalablement mélangés. Il suffit de laisser tomber quelques gouttes de sulfure dans une éprouvette pleine d’air, de fermer l’orifice avec une lame de verre, et d’agiter, pour produire un mélange plus ou moins énergiquement explosible; si, en eflet, après avoir fait sortir le sulfure en excès, on approche l’éprouvette d’un corps en combustion, une explosion se produit et les parois de l’éprouvette se recouvrent de soufre. Ce dernier phénomène montre que l’air se trouve en défaut quand on opère comme il vient d’être dit; l’explosion est plus énergicjue lorsqu’on agit sur un mélange moins chargé de vapeur, par exemple, sur celui qu’on obtient quand on laisse tomber dans un litre d’air 3 ou 4 gouttes de sulfure.

En opérant de même avec de l’oxygène pur, c’est-à-dire en enflammant de l’oxygène saturé à la température ordinaire de vapeur de sulfure de carbone, une explosion très violente se produit. Pour éviter ses conséquences, on doit opérer sur un petit volume de gaz, et enrouler un torchon autour du vase qui est parfois brisé.

On montre nettement que le sulfure de carbone s’enflamme à une température relativement basse par les expériences suivantes, dans lesquelles on le compare à l’éther ordinaire qui est lui-même très inflammable. Dans deux petites capsules de porcelaine, situées à une certaine distance l’une de l’autre, on place séparément du sulfure de carbone et de l’étber, puis on laisse tomber dans chacune d’elles un petit charbon embrasé : le sulfure de carbone s’enflamme, mais non l’éther. Il y a plus, on dispose deux autres capsules semblables aux précédentes, et on roule dans l’étber que contient l’une d’elles, un charbon rouge de feu, tenu entre les branches d’une pince de fer, puis, immédiatement, on transporte ce même charbon dans le sulfure de carbone. Celui-ci prend feu malgré la réfrigération considérable que le charbon a subie par son contact rapide avec l’éther (.M. Berthelol).

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