DÉTERMINATION DES LONGUEURS
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5i‘. Mesures de longueur. — Le mesurage des longueurs ou des surfaces est moins fréquemment nécessaire que celui des poids ou des volumes. Une règle métrique et un double décimètre divisé en millimètres, suffisent aux besoins ordinaires d’un laboratoire.
Dans certaines opérations, notamment pour la construction des objets gradués, on doit diviser exactement une longueur donnée en parties égales
30 et § 53). On se sert alors de la machine à diviser, dont la description et le mode d’emploi figurent dans les traités de physique et de mécanique.
A défaut de cet instrument, on reporte sur un papier la longueur à diviser en parties égales, on effectue la, division avec un compas et, fixant ensuite le papier contre le verre, on prolonge sur celui-ci les traits mar qués sur le papier.
FiG.2i.
Pipette graduée.
55. M. Bunsen a indiqué un procédé très simple, applicable surtout aux divisions arbitraires, mais susceptible, dans ce cas, de remplacer la machine à diviser. Avec deux planches dressées, juxtaposées parallèlement et fixées sur une table, on forme une rigole dans laquelle on couche, vers l’une des extré mités, un tube de verre très dur, sur lequel on a tracé profondément, avec le diamant d’une machine à diviser, des traits distants d’un millimètre et servant d’étalon. On maintient ce tube par une lame de laiton qui appuie sur lui latéralement et l’empêclie de sortir de la rigole. A l’autre bout de cette dernière, on place le tube à diviser, qu’on maintient par le même
POIDS ET .MESUHES.
fiioyeii. Ou se sert eiisuile d’un compas jiarticulier, formé d’une lige de bois i l’un des bouts de la()uelle esl adaptée normalement une pointe en acier, lundis que l’autre poi'te une latue île canif ou un diamant à écrire. La lige •«‘tant parallèle aux deux tubes, on introduit sa pointe dans le creux de la .première ligne gravée de l’étalon, et avec la lame ou le diamant on trace un trait sur le tube par un mouvement per[)endiculaire à sa direction. Ueculant tmsuite d’une division la pointe sur l’élalon, on répète l’opération, et on continue ainsi jusipTà ce <pie les divisions soient tracées sur toute la longueur. Avec la lame du canif, les traits sont marqués dans de la cire dont on a recouvert le tube, et ils sont ensuite gravés à l’acide llnorbydrique; avec le diamant, la gravure esl directe. 11 esl nécessaire au commencement de donner au tube et à l’étalon des positions telles i(ue l’écartement entre les points 0 soit égal à la longueur de la lige. La règle de laiton qui recouvre partiel- Jement le tube, force l’opérateur à tracer tous les traits d’une longueur régulière; si on y a pratiqué de 10 millimètres en 10 millimètres des encocbes d’une profondeur constante, les traits des dixièmes divisions débordent iles autres, ce qui rend la lecture de la graduation plus facile; un artifice semblable peut encore donner aux traits des cinquièmes divisions une longueur ântermédiaire.
56. Le même système permet aussi de diviser une longueur quelconque -en parties égales. A cet effet, on grave sur une plaque de verre très dur, un système de lignes droites, émanées du sommet de l’un des angles aigus d’un 'triangle rectangle, et se rendant à des divisions équidistantes, tracées sur le côté du triangle opposé à cet angle. S’il s’agit, par exemple, de diviser une longueur de 11 millimètres en 10 parties égales, on cheicbe avec un compas à quelle distance du côté divisé, 10 de ces lignes consécutives présentent un écartement de 11 millimètres; les divisions manjuées par ces 10 lignes sur une parallèle au côté divisé, tracée à cette distance, ont précisément la longueur voulue. En appli(|uant, suivant cette parallèle, la règle de laiton sur le verre gravé, on reportera, comme il a été dit et avec la tige à deux styles, l’ensemble de ces divisions sur la longueur à diviser; on aura soin, pour cela, de tenir exactement la pointe à l’intersection des raies gravées et de la règle.
CJIAIMTIIE II
DIVISION
DIVISION Mécanique
57. Différents procédés employés. — Élan! donné un solide formant im seul bloc, si on le divise mécaniquement en deux fragments, la surface totale de la matière se trouvera augmentée de deux fois la superficie de la section; il en sera de même si on poursuit la division sur les fragments obtenus. On conçoit donc qu’en augmentant progressivement le nombre des particules suivant lesquelles une même masse de substance est divisée, on augmente progressivement aussi sa surface totale. Les réactions chimiques n’ayant lieu qu’au contact, se trouvent facilitées par l’augmentation de la surface qui donne lieu à ce contact, c’est-àdire par la division de plus en plus grande des réactifs solides. Aussi ces derniers sont-ils fréquemment employés sous forme pulvérulente. Il y a plus ; dans certaines réactions vives, on régularise le phénomène en prenant les substances assez divisées pour que les transformations chimiques s’accomplissent avec une activité suffisante, mais non sous forme de poudre fine, ce qui rendrait la réaction tumultueuse.
Parmi les différents moyens usités pour diviser les substances .solides, le plus ordinaire est la division mécanique. Celle-ci s’opère par des procédés nombreux.
Pour les corps peu friables et possédant une certaine élasticité, comme beaucoup de matières végétales et animales, ou une certaine malléabilité comme les métaux, on opère la division, tout au moins on la commence, avec des instruments tels que les cisailles, le couteau, les ciseaux, la scie, la hache, le rabot, la lime, la râpe^ etc. Ces outils, qui ne sont pas spéciaux aux laboratoires de chimie, y rendent cependant des services constants, et doivent s’y trouver à la disposition des opérateurs.
DIVISION
Pour diviser les corps, oii emploie six modes opératoires principaux : la contusion, l’étonnement, la trituration, la porphyrisation, la mouture, la pulvérisation par intermède, et enfin la pulvérisation chimique. Les cinq premiers moyens sont puremeni mécaniques; le sixième est d’une nature spéciale et, comme son nom l’indique, lait intervenir des réactions chimiques. La préférence à donner à chacune de ces méthodes dépend des propriétés- du corps à diviser, ainsi que de l’état de division à obtenir.
D’une manière générale, l’application des cinq procédés de division mécanique est d’autant plus facile que les matières sont mieux desséchées, aussi soumet-on d’ordinaire à la dessiccation (voy. ce mot) les substances à diviser.
58. Contusion. — C’est le mode de division le plus usité. Il consiste à placer la matière dans un mortier profond en fei- (fig.25),en marbre, en bronze, en porcelaine (lig. 20), ou même
en verre, et à frajiper sur elle verticalement à l’aide d’un pilon. Par des coups répétés, on la brise de plus en plus, et on la transforme en une poudre de finesse croissante. Si l’on se borne, sans aller jusqu’à la pulvérisation, à diviser grossièrement la matière, celle-ci est dite concassée.
Une pratique très répandue pour concasser rapidement mais grossièremeni, de faibles quantités de matières peu dures, les sels par exemple, consiste à envelopper dans plusieui’s doubles de pa|)ier le fragment à diviser, à placer -le paquet obtenu sur une petite enclume et à frapper doucement sur lui au moyeu d’un marteau. Le papier se perce quelquefois, mais suffit cependanl pour maintenir la poudre grossière obtenue.