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CONTUSlOiN

59. La contusion, même dans un mortier profond, donne lieu fréquemment à des projections de matière. De plus, elle soumet l’opérateur à l’action des poussières parfois dangereuses, que soulève le choc. Il est bon, pour éviter ces deux inconvénients, de reeouvrir le mortier d’un sac de peau conique, dont le sommet est traversé par le pilon auquel il est fixé vers le haut, tandis que ses bords sont attachés au pourtour du mortier. Un couvercle de bois percé suffit pour empêcher les projections.

four concasser de petites quantités de substances dures ou précieuses, des minéraux destinés à l’analyse, par exemple, on se sert quelquefois du mortier d’Abich. Cet instrument, construit tout entier en acier, se eompose d’un cylindre creux dans le(|uel se meut à frottement facile, un cylindre plein, plus long que le premier. Celui-ci repose sur un disque au centre duquel on a pratiqué une cavité cylindrique, profonde de quelques millimètres; le cylindre creux s’insère exactement par sa hase dans cette cavité. Soulevant le cylindre plein, on place sous lui la matière à concasser; il suffit alors de quelques coups de marteau appliqués sur sa hase pour écraser la substance; celle-ci se trouvant retenue par le cylindre creux, aucune parcelle ne peut être projetée au dehors.

00. Tamisage. — Quand on se propose d’obtenir une poudre fine, il est nécessaire de n’opérer que sur peu de substance à la fois ou mieux de faire intervenir le tamisage. Sous rinllucnce du choc, il se produit un mélange de fragments plus ou moins volumineux dont les intervalles sont bientôt garnis de poudre line qui, par son interposition, nuit à la rapidité de l’opération; le tamisage a pour but de séparer ces parties fines des fragments plus gros, lesquels sont ensuite reportés dans le mortier et divisés par une nouvelle contusion.

Un tamis consiste essentiellement en un tissu lâche, de crin, de .soie ou de fil métallique, tendu à l’intérieur d’un cercle de bois à bords élevés; en versant sur le tamis la matière contusée et en l’agitant circulairement au-dessus d’une feuille de papier, les [)articules suffisamment fines, amenées par le mouvement au contact du tissu, traversent les mailles de celui-ci et tombent sur le papier, tandis que les fragments plus gros restent sur le tamis. La finesse de la poudre obtenue varie donc avec l’écartement des fils du tissu; cela entraîne l’emploi de tamis à mailles (lifteremment serrées, suivant la ténuité que l’on veut atteindre.

Pendant le tamisage, on évite la déperdition des poussières en se servant comme tamis d’une boîte close, divisée par le tissu en deux compartiments : l’iin d’eux, inférieur, reçoit la poudre t'unisée; l’autre garde les fragments plus gros.

DIVISION

61. Lévigation. — La difficulté de fabriquer des tissus suffisamment fins, limite beaucoup l’efficacité du tamisage lorsqu’on doit obtenir des poudres très ténues. Dans ce cas, ijuand il s’agit de substances homogènes sur lesquelles l’eau est sans action, on a recours à la lévigation ou dilution. Cette opération consiste à délayer exactement dans l’eau la poudre dont on veut séparer les particules d’inégal volume et, après agitation vive, à abandonner le mélange à lui-même. Les fragments en suspension se dé|)Osent avec des vitesses dillêrentes : les plus volumineux, c’est-à-dire les plus lourds, tombent les [iremiers au fond du vase, les autres s’y rendent ensuite en se superposant par ordre de finesse, il y a donc une certaine relation entre la finesse de la poudre qui reste en suspension dans le liquide et la durée du dépôt. Plus on décante tardivement le liquide surnageant, plus la matière qu’il retient est finement divisée. Après décantation les liqueurs sont abandonnées à un repos prolongé ou bien filtrées, et la matière recueillie est desséchée. C’est lors(ju’on a opéré ainsi que, dans certaines industries, on distingue le degré de ténuité des poudres, parle nombre de minutes après lequel elles sont restées en suspension dans l’eau. Tout liquide inactif sur la matière peut remplacer l’eau dans cette opération.

C2. Étonnement. — Les corps très durs résistent parfois à une contusion énergique. Il est un moyen auquel on peut recourir pour augmenter la fragilité de certains d’entre eux, des minéraux notamment; il consiste à porter le corps à une haute température, et à le refroidir brusquement en le plongeant rapidement dans l’eau froide. Un corps ainsi étonné est linement fendillé et se brise aisément sous le choc.

G3. Tiuturation. — Quelques substances ont la propriété de se ramollir par la chaleur; elles ne peuvent être contusées, le clioc les écbaulï'ant assez rapidement. On les pulvérise en les triturant, c’est-à-dire en les écrasant par frottement entre le mortier et le |)ilon. A cet effet, on ])romène circulairement l’extrémité du pilon sur les parois du mortier. Un mortier plat et un pilon à large surface conviennent pour la trituration.

Cette opération est encore avantageuse avec les matières que la chaleur ne ramollit j)as, mais qui sont douées d’une grande fi“agilité, pour certains sels cristallisés notamment. On les concasse préalablement.

61. La trituration des corps durs, susceptibles de rayer la porcelaine ou le verre et par conséquent d’être souillés par la substance des mortiers ordinaires, se fait dans un mortier d’agate, avec un pilon tronc-conique de môme

G4. trituration.

matière (fig. 27). Le plus souvent, les pilons de ce genre sont courts et d’un usage peu commode; on remédie à cet inconvénient en les emmanchant dans un tube de laiton creux, où ils pénètrent à frottement jusqu’à une certaine hauteur, ou môme plus simplement, dans un gros bouchon préalablement creusé d’un trou de grandeur et de formes convenables.

05. Porphyrisation. — La porphyrisation n’est qu’une forme particulière de la trituration. Le mortier s’y trouve remplacé par le porphyre, lequel n’est autre chose qu’une table bien dressée etdoucie, en pierre très dure ou en verre, et le pilon par la molette, sorte de pilon de même matière que le porphyre, terminé à sa partie inférieure par une large surface plane. La porphyrisation s’applique uni(|uement à des matières déjà pulvérisées, qu’on se propose d’amener'à l’état de poudres extrêmement fines. On étend ces matières sur le porphyre et on les écrase en les frottant avec la partie plane de la molette qu’on promène sur toute la surface.

66. Mouture. — Un moulin à noix, de petites dimensions et facile à mouvoir au moyen d’une manivelle, peut rendre de grands services dans un laboratoire, surtout lorsqu’il s’agit de pulvériser grossièrement des quantités notables d’une substance de faible dureté. 11 est particulièrement avantageux pour les matières peu friables. Les instruments de ce genre étant aujourd’hui d’un usage courant dans l’économie domestique, se trouvent dans le commerce sous des formes variées.

67. Pulvérisation par intermède. — Les corps qui s’agglomèrent sous l’action du pilon, comme les métaux ductiles, ou qui présentent quelque propriété particulière s’opposant à leur division par les méthodes ordinaires, sont pulvérisés le plus souvent en faisant intervenir des matières étrangères qu’on sépare ensuite. L’or, l’argent et l’étain, par exemple, préalablement amenés à l’état de feuilles minces, peuvent être pulvérisés par trituration avec du sucre ou du sulfate de potasse, substances solubles dans l’eau que l’on peut enlever ensuite par des lavages. Le mode d’application de la pulvérisation par intermède, variant nécessairement avec les propriétés du corps à pulvériser, nous ne nous y arrêterons pas.

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