Composé cristallin, rougeâtre, fusible au rouge
796. Par la potasse et l’hydrogène sulfuré. — Préparation analogue à celle du monosulfure de sodium (voy. ce mot).
797. Par le sulfate de potasse et le charbon. — Le sulfate de potasse, chauffé avec du charbon, est réduit et passe à l’état de monosulfure de potassium ;
SO^KO -f 4C = KS + 4CO.
Dans un creuset de charbon de cornue, bien couvert, on chauffe au rouge un mélange de sulfate de potasse et de charbon, dans le rapport de 3 parties du premier pour 1 partie du second, en por-
POTASSIUM
tant la température jusqu’au rouge vil’. Le monosulfure qui se produit ainsi est impur et forlement souillé de produits oxygénés et j)olysuirnrés.
A[)rès refroidissement du vase maintenu clos, on l'eprend le contenu par l’eau ; on lillre, on évapore et on fait cristallise''.
798. Lorsque la réduction est opérée en présence d’un excès de charbon empêchant la fusion de la masse, le sulfure obtenu esl impur, comme dans le cas précédent, mais se trouve dans un élal de division extrême ; la propriété qu’il possède d’absorber l’oxygène de l’air, se trouve alors développée jusqu’au point de donner au mélange la propriété de s’enflammer spontanément à l’air. Ce produit, qui constitue le pyrophore de Gay-Lussac, s’obtient de la manière suivante :
On fait un mélange intime de 20 grammes de sulfate de potasse très finement pulvérisé, et de 10 grammes de noir de fumée. On l’introduit dans une très petite cornue en grès rél'ractaire, au col de laquelle on ada})te un tube à dégagement, recourbé deux fois, et aboutissant sur une terrine pleine d’eau (fig. 28-4, § 491). La cornue étant disposée dans un fourneau à réverbère, on la chauffe au rouge pendantquelque temps ; l’oxyde de carbone forniésedégage. Lorsque ce gaz cesse de se produire, on enlève le bouchon portant le tube à dégagement, et on le remplace rapidement paiun bouchon plein, fermant hermétiquement la cornue. On laisse refroidir. Si l’on vient ensuite à ouvrir la cornue et à projeter dans l’air son contenu pulvérulent, celui-ci brûle en produisant de nombreuses étincelles très brillantes.
Le noir de fumée est d’ordinaire très fortement chargé de matières organiques; celles-ci engendrent, par calcination, des produits volatils qui, en se mélangeant à l’oxyde de carbone, ont l’inconvénient de soulever la masse et d’empêcher le contact intime des réactifs, lequel est indispensable. 11 est donc nécessaire de soumettre le noir de fumée à la calcination avant de l’employer. On le chaulTe au louge dans un creuset bien fermé, ou mieux dans une cornue dont le col, incomjdètement bouché, ne livre aux vapeurs qu’un passage étroit, et })out être fermé complètement lorsque la température a été portée au rouge, afin de laisser refroidir le produit à l’abri de l’air.