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CHLORATE UE POTASSE

Lorsque l’absorption cesse de se faire, on porte le mélange à l’ébullition; l’hypochlorite se détruit à cette température en donnant du chlorate et du chlorure de potassium :

3 CIO, KO :=: 2 KCl + C105,K0.

En même temps les sels précipités se sont redissous. Par refroidissement, 1 e chlorate de potasse se dépose de nouveau en lamelles, tandis que le chlorure de potassium, sel beaucoup plus soluble à froid, reste pour la plus grande partie dans la liqueur.

On égoutte les cristaux, on les essore, on les lave rapidement avec un peu d’eau froide, puis on les purifie en les dissolvant dans le moins possible d’eau bouillante et en les laissant cristalliser par refroidissement. On obtient des cristaux très nets en concentrant la liqueur bouillante jusqu’à la densité 1,18.

Les cristaux sont enfin desséchés à l’étuve vers 60°.

La teinte rose que prend souvent la liqueur alcaline dans cette opération, est due à des traces de sel de manganèse que le gaz entraîne; celles-ci se trouvent oxydées par le chlore dans la liqueur alcaline et changées en permanganate de potasse.

Vers la fin de cette préparation, l’absorption du chlore ne se fait qu’avec lenteur, et une notable proportion du gaz, s’échappant dans l’atmosphère, incommode l’opérateur. Si l’on n’opère pas dans un local suffisamment ventilé, il est avantageux, pour se débarrasser du chlore qui n’a pas été absorbé, de laisser droite et verticale la partie étroite du tube qui amène le gaz dans la liqueur alcaline, et de fermer le matras par un bouchon percé de 2 trous : le premier trou livre passage au tube adducteur du chlore, tandis que le second porte un tube à dégagement qui conduit le gaz échappé à la réaction, soit dans un flacon laveur contenant de la lessive de soude diluée, soit au dehors de la pièce.

Le tube large indiqué plus haut, peut d’ailleurs être remplacé par un petit entonnoir que l’on fixe par sa douille, à l’extrémité du tuhe adducteur, au moyen d’un caoutchouc (voy. fig. 282, §777), et dont la partie évasée plonge seule dans la liqueur alcaline.

806. Par le chlore, la chaux et le chlorure de potassium. — Ce procédé est plus économique que le précédent : c’est celui qu’emploie l’industrie.

On prend 100 grammes de chaux vive, on l’imbibe d’eau peu à peu, de ma-

POTASSIUM

nière à provoquer son extinction (voy. Hydrate de chaux), puis on délaye dans I litre d’eau l’hydrate j)ulvérulent obtenu. On introduit dans un ballon le lait de chaux ainsi préparé, dont la densité est voisine de 1,040, puis on y fait passer, au moyen d’un lulie vertical plongeant jusqu’au fond du ballon, un courant de chlore gazeux, lavé à l’eau 644). Le chlore est absorbé; il forme d’abord de l'hypocblorite de chaux et du chlorure de calcium :

2Ca0,110 + ^Cl = CaCl + CIO,CaO + 2 110 ;

puis, sous l’influence de la chaleur produite, l’hypocblorite de chaux, corps instable aux températures supérieures à la température ordinaire, fournit du chlorure de calcium et du chlorate de chaux ;

3C10,Ca0 = 2CaCl + ClO^CaO.

Il est nécessaire d’agiter de temps en temps, pour remettre en suspension dans le liquide la chaux (jui tend à se déposer.

Quand le chlore cesse de s’absorber, on arrête son arrivée, on porte le liquide à l’ébullition et on le filtre. La liqueur claire, qui a une densité voisine de 1,14, est alors chauffée dans une capsule de porcelaine et additionnée de 30 grammes de chlorure de potassium cristallisé. Par double décomi»osition entre le chlorate de chaux et le chlorure de potassium, il se forme du chlorate de potasse et du chlorure de calcium. On évapore le mélange jusqu’à ce que, bouillant, il marque 1,28 au densimètre; on couvre la capsule et on laisse cristalliser par refroidissement. L’eau-mère, décantée et concentrée jusqu’à la densité 1,35, fournit de nouveaux cristaux. Le chlorate de potasse cristallise seul; le chlorure de calcium est extrêmement soluble dans l’eau et reste dans l’eau-mère.

Le chlorate brut, égoutté et essoré, est lavé très rapidement à la trompe avec de l’eau froide, laquelle entraîne l'eau-mére chargée de chlorure de calcium qui souille les cristaux.

On le dissout dans l’eau bouillante; on ajoute à la liqueur, jusqu’à cessation de préci})itation, une solution de carbonate de potasse ({ui sépare la chaux, le fer et d’autres impuretés; enlin on filtre et on fait cristalliser comme il a été dit (§ 805).

J. — C'nriionate ilo potasse.

Équic. : CKO^ ou CO -,1x0=60.

P. mol. : CSK^Oc ou C-0*,2K0 = 138 =

807. Synonymes : Sel de tartre ; alcali végétal fixe. — Composé solide, incolore, à saveur et à réaction alcalines, de densité 2, 2(17, fusible vers 1^00°, légcremenl volatil au rouge blanc. — Ci'istallise principalement en prismes rliomboïdaux obliques, contenant 3 équivalents d’eau de cristallisation, pour 1 molécule de sel. — Déliquescent ; forme à l'air luimide une solution sirnpcnse, VItuile de tartre par défaillance. — 7'ré.s soluble dans l’can :80,i parties dans 100 parties d’eau à 0’; 1 12 parties à 20" 5 107 parties à 100"; 205,1 parties à 135".

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