‹ Manipulations de chimieChapitre 302 sur 596 · HYDRATE DE SOUDE · texte numérisé non relu

HYDRATE DE SOUDE

à des observations identiques à celles qui ont été faites pour la potasse a l’alcool.

8“20. Soude pure. — La décomposition du sulfate de soude pur par l’hydrate de baryte, opérée comme il a été dit pour la préparation de la potasse pure (§ 782), fournit de la soude pure. Toutefois, les quantités de sullate de soude cristallisé et d’bydrate de baryte cristallisé, qui donnent lieu à la réaction, sont sensiblement égales entre elles.

821. Essai de i.a soude pure. — La soude pure doit satisfaire aux essais indi(jués pour la' potasse (§ 783).

B. — lUonoMiiiriii'C «le HoUiliiii.

Kqniv. ; NaS = 39. P. mol. : Na^S'^ = 78 = Na^S.

8"2“2. Sijnonijme.'i : Sullliydrate de soude, protosiilfure de sodium. — Se/ cnstallisaiit d’ordiuaire avec 0 équivalents d'eau, sous des formes dérivées d’un prisme rliomboidal droit. — Jlensité : 2,49t.

8"23. Par le sulfate de soude et le charbon. — Le sulfate de soude est réduit au rouge par le charbon, en formant du monosulfure de sodium et en dégageant un mélange d’anhydride carbonique et d’oxyde de carbone ;

SO'\NaO + 2G = NaS + 2CQ2;

SO'^NaO 4- iC = MaS + 4 CO.

On dessèche le sulfate de soude cristallisé, en le chauffant audessus de 100'’ dans une capsule de porcelaine et en l’agitant. Lorstju’il cesse d’émettre de la vapeur d’eau, on pèse 00 grammes de sel sec, lesquels proviennent de la dessiccation de 13Ggrammes environ de sel hydraté, on les pulvérise et on les mélange intimement avec 70 grammes de charbon pulvérisé. On introduit le tout dans une cornue degrés, dont le col est muni d’un tuhe à dégagement tixé au moyen d’un bouchon percé. On dispose la cornue dans un fourneau à réverbère, en faisant plonger l’extrémité du tube à dégagement dans un vase plein d’eau. On chaulTe au rouge

SODIUM

tant qu’il se produit des gaz. Lors({ue le dégagement gazeux a cesse, on enlève le bouchon i)ercé qui fixe le tube dans le col de la cornue et on le remplace rapidement par un bouchon plein. On laisse alors la cornue se relroidir à l’abri de toute rentrée d’air, au contact duquel son contenu s’oxyderait à chaud avec ignilion. Le refroidissement étant complet, on brise la cornue, on recueille le produit, on l’épuise par l’eau chaude, en ayant soin d’employer le moins possible de liquide et d’opérer sans exposer trop largement les liqueurs à l’action de l’air. La solution primitive et les eaux de lavage du charbon étant réunies, on les évapore rapidement dans un matras, de manière que la vapeur émise en abondance empêche les rentrées d’air dans l’appareil. La liqueur concentrée abandonne par le refroidissement des cristaux volumineux de sel à 9 équivalents d’eau. On égoutte ces derniers à l’abri de l’air, en renversant le matras au-dessus d’un vase dont il ferme l’orilice, puis on conserve les cristaux dans un llacon bien clos.

Quand on opère ainsi, la solution est toujours colorée en jaune par un peu de polysulfure de sodium; celui-ci reste pour la plus grande. partie dans les eaux-mères.

La quantité de charbon indiquée ci-dessus est beaucoup plus considérable que celle qui correspond à la ibéorie. Cet excès de charbon a pour but de solidifier la masse et d’empêcher le sulfure de sodium fondu de se mettre en contact avec les parois de la cornue. Ce sel attaque, en effet, très rapidement les silicates qui forment celte cornue, en produisant du silicate de soude fusible.

Les solutions de monosulfure de sodium corrodent énergiquement la peau qu’elles dissolvent. Elles dissolvent également la substance de la laine et percent ainsi les vêtements.

8*34. Par l’hydrate de soude et l’hydrogène sulfuré. — On opère avec de la lessive de soude caustique, de densité 1,458 (45“ Paumé), qui contient environ 42 centièmes de son poids d’hydrate de soude. On prend 10 volumes de cette lessive, on les étend de 20 volumes d’eau et on introduit le tout dans un llacon. Au moyen d’un tube plongeant jusqu’au fond de ce dernier, on dirige ensuite dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré, aussi longtemps que ce gaz se trouve absorbé, c’est-à-dire aussi long-

m. — MONOSULFIUÆ DE SODIUM.

leinps que le vide se fait dans le flacon débarrassé du tube, boucbé et agité. Il se forme ainsi du sulfliydrate de sulfure de sodium et de l’eau :

NaO,HO + 2HS = NaS,lIS + 2110.

La liqueur retient en outre en dissolution un excès notable d’hydrogène sulfuré. On mélange à cette liqueur 11 volumes de lessive de soude de même densité 1,453. Le sulfliydrate de sulfure réagit sur l’hydrate alcalin pour donner du monosulfure :

NaO,tlO + NaS,HS = 2NaS + 2110.

D’après la formule précédente, les quantités de soude qui réagissent ainsi l’une à l’état de liberté, l’autre après avoir été transformée en sulfliydrate de sulfure, devraient être égales. En pratique, il vaut mieux, comme on l’a prescrit plus haut, faire intervenir la soude libre en quantité un peu supérieure, afin d’absorber l’hydrogène sulfuré dont un excès notable se trouve retenu par la dissolution de sulfliydrate de sulfure, lorsque la saturation a été régulièrement pratiquée (M. Damoiseau).

Le mélange étant opéré, on l’abandonne à lui-même et il ne tarde pas à se solidifier en grande partie par le dépôt de cristaux à 9 équivalents d’eau.

Quand on mesure inexactement les volumes ci-dessus indiqués, ou quand la saturation du sulfliydrate de sulfure n’a pas été complète, il arrive que le mélange refroidi ne cristallise pas, soit qu’il renferme trop peu de monosulfure, soit qu’il forme une dissolution sursaturée. Dans ce dernier cas, on provoque la cristallisation en touchant la liqueur avec un cristal de monosulfure.

Lorsqu’on fait passer lentement du gaz sulfhydrique dans une solution concentrée de soude, il se dépose bientôt des cristaux de monosulfure de sodium à 6 équivalents d’eau, lesquels sont fort peu solubles dans la lessive de soude qui les baigne. Si cependant on insiste sur l’action de l’hydrogène sulfuré, ces cristaux se changent peu à peu, à mesure que la soude caustique disparaît, en cristaux à 0 équivalents d’eau, lesquels se trouvent souillés de soude ou de sulfliydrate de sulfure, suivant la phase de l’opération dans laquelle on les recueille. Finalement, en con-

SODIUM

tinuant toujours le courant de gaz, les seconds cristaux se dissolvent comme les premiers , le monosulfure passant à l’état de sulfhydrale de sulfure. Ce mode opératoire est dès lors défectueux.

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