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CARBURES D’HYDROGÈNE

dans les flacons laveurs, et pour empêcher leur transmission directe à la flamme dont ils troubleraient la régularité, on interpose, entre S et le premier laveur F', un flacon tubulé F, que les gaz traversent dans toute sa hauteur, et qui contient une masse gazeuse d’un volume suffisant pour rendre presque nulles les variations de pression.

L’aspiration est produite en T, dans tout le système, par une trompe à grand débit (fig. 2:22, îi 448), aspirant au moins 1 mètre cube par heure. Les trompes à vide, plus répandues dans les laboratoires, aspirent seulement 200 ou 300 litres dans le même temps; elles ne peuvent faire fonctionner l’appareil.

Les choses étant ainsi disposées, avant de faire agir la trompe, on commence par allumer le brûleur. Four cela, abaissant celui-ci autant que possible au moyen du |)ied mobile p, on eidève le verre, on tourne la virole oi de manière à ne laisser entrer que fort peu d’air, on fait arriver dans le brûleur une petite quantité de gazcju’on allume aussitôt, et onreplace le verre dans la galerie huilée; soulevant alors l’appareil, on le rétablit dans sa situation normale. Une flamme très faible se produit en N, à l’orifice du tube central, et le surplus du gaz vient s’échapper en O avec les produits de la combustion. On allume A', puis on augmente simultanément le gaz et l’air dans le brûleur L. Une flamme volumineuse se montre aussitôt en 0. On fait alors fonctionner la trompe, de manière à produire en F' un barbottage très rapide. La flamme diminue immédiatement en O, et il ne reste plus qu’à régler le brûleur. Le point essentiel est de maintenir à la surface de l’air pénétrant en V, une flamme régulière, bien nettement limitée, entourée de toutes parts de gaz d’éclairage, et ne laissant échapper aucune trace d’oxygène, autrement dit de produire en V une flamme fermée. La trompe fonctionnant bien, lorsqu’on donne trop de gaz, la flamme intérieure diminue de hauteur et la combustion produite en O est éclairante; lorsque, au contraire, on donne trop d’air, la flamme intérieure s’allonge, s’ouvre vers le haut et devient rougeâtre, tandis (ju’il s’échappe en O des gaz non combustibles. La combustion, qui fournit le gaz le plus riche en acétylène, s’obtient par quelques tâtonnements fondés sur les observations précédentes; elle correspond à la production en O d’une flamme pâle, teintée de pourpre, s’éteignant facilement, et dont on limite la hauteur à quelques centimètres, la trompe étant réglée une fois pour toutes. La flamme intérieure est alors enveloppée de jaune, allongée et légèrement fuligineuse; le gaz qu’elle fournit contient environ 3 centièmes d’acétylène. La production de l’appareil augmente jusqu’à une certaine limite avec la rapidité de l’aspiration.

Il est nécessaire de maintenir en O une combustion constante; d’abord les caractères présentés par la flamme servent au réglage de l’appareil; de plus, les gaz plus ou moins chargés d’oxyde de carbone et de cyanbydrate d’ammoniaque ne doivent pas être déversés, incomplètement brûlés, dans l’atmosphère; enfin et surtout, la sortie du gaz combustible en O, montrant (ju’un excès de pression existe en V et que de l’air ne peut être aspiré entre le verre et le tube, doit être maintenue.

Même avec un fonctionnement rapide, trois laveurs tels que F' suffisent d’ordinaire pour absorber à peu près complètement l’acétylène formé. Lorsque la liqueur du premier laveur, épaissie par l’acétylure, n’agit plus, on enlève ce

M62. - ACETYLENE.

flacon, on rapproche les deux autres de l’appareil, et on le place à leur suite, après avoir recueilli son contenu et renouvelé le réactif. Lors de ces changements, on interrompt préalahlement la communication avec la trompe pour éviter le passage de l’air dans le réactif; la comhustion se fait alors en une longue flamme qui s’échappe en 0. Si l’on a pris soin de ne pas déranger le réglage du brûleur, dès que le dernier laveur est remis en communication avec la trompe, il fonctionne comme précédemment.

Cet appareil, actionné par une trompe à grand débit, qu’il est facile de disposer soi-même (§ 448), permet d’obtenir en peu de temps des quantités considérables d’acétylure cuivreux. Ce dernier doit être manié à l'abri de l’air et lavé comme il a été dit 1159).

1163. PnÉPAnATiON nu gaz acétylène. — La décomposition de l’acétylure cuivreux }>ar l’acide chlorhydrique 1159) s’effectue dans un ballon ou dans

un matras à fond plat B (fig. 304), muni d’un tube à entonnoir e et d’un tube à dégagement. Ce dernier conduira le gaz produit en B dans un petit flacon laveur L, contenant de l’eau alcalinisée par la potasse; ce liquide sera pris en petite quantité, l’acétylène y étant notablement soluble, mais il suffira cependant à retenir l’acide chlorhydrique entraîné. Le laveur L sera muni d’un tube cà dégagement mn dirigeant le gaz sur la cuve à mercure H. La forme que possède l’acétylure fait donner au vase B, où on le décompose, un volume considérable par rapporta celui du gaz à obtenir.

On introduit dans le ballon ou le matras, jusqu’à la moitié de son volume environ, une bouillie épaisse d’acétylure cuivreux lavé, on bouche l’appareil et on verse par le tube à entonnoir c un volume moitié moindre d’acide chlorhydrique. La réaction commence dès la température ordinaire ; elle peut môme s’effectuer trop brusquement si l’on agite vivement le mélange;

CARBURES D’IIYDROCÈNE.

quanti on se contente de cluiutfer, elle s’établit régulièrement et le gaz peu être recueilli à la manière ordinaire.

Pour éviter de perdre les premières portions d’acétylène qui entraînent l’air, on expulse quelquefois celui-ci de l’appareil par un courant de gaz carbonique; ce gaz est amené parle tube à entonnoir, avant qu’on ne fasse intervenir l’acide. On agite ensuite avec de la potasse le mélange gazeux recueilli, et on isole l’acétylène tju’il contient.

U’acétylènc brûle à l’air avee une flamme très fuligineuse.

R. — Ktbjièiic.

1>. mol. : CMU := 28 = 4 vol. = -CMU.

1104. Synonymes : l>i-liydnire de carbone, gaz oléfiant, liyjdrogène bicarboné, dimé- Uiylène. — Cas découvert en 1795 par quatre cliimistes bollandais : Deimann, Van Troostwyk, bondt et Lanwereidjurgh. — Incolore, à odeur de marée, combustible avec une llamrne éclairante et légèrement fuligineuse. — Densité îi 0" et à la pression 0"',700 : 0,9784 par raj)port à l'air; 14 par rapport à l’hydrogène. — Liquéfié à — 1“ sous la pression de 42,5 atmosphères. — Solubililé très faible dans l’eau, plus considérable dans l’alcool et dans l'éther.

1 165. Préparation. — La réaction au moyen de laquelle on obtient d’ordinaire l’élliylène est la décomposition de l’acide éthyl-sulfurique par la chaleur :

GMISSM120«= CM1‘ + SMPQ8.

En fait, on n’isole pas l’acide éthyl-sulfurique pour le décom- ‘poser ensuite, mais on le remplace par un mélange d’acide sulfurique et d’alcool qui lui donne naissance:

CMF'02 + SMUOs = CMILSMFO» -f II^OC

L’appareil (fig. 3ü5) se compose d'un ballon B d’un demi-litre, portant un tube de sûreté vertical e et un tube à dégagement d. Ce dernier conduira le gaz produit dans deux Hacons laveurs contenant, le premier L une solution diluée de soude caustique, le second L' de l’acide sulfurique concentré. Le gaz qui s’échappe du dernier est conduit par un lube recourbé t, soit sur une cuve à eau E, soit sur une cuve à mercure.

On verse dans le ballon 50 centimètres cubes d’alcool fort, puis on ajoute peu à peu, et en agitant constamment, 100 centimètres cubes d’acide sulfurique. Après avoir disposé le ballon sur un fourneau, on le cbautle. A haute température, la combinaison de

H65. — ÉTHYLÈNE.

Éalcool et de l’aeide s’elïeclue assez rapidement, mais, entre 165® et 170®, le produit de la réaction, l’acide éthyl-sull urique, se détruit et l’éthylène se dégage. Le plus souvent, surtout si les deux réactifs n’ont pas été pris aussi dépourvus d’eau que possible, la masse mousse abondamment ét peut même s’échapper du ballon. Dans les opérations en petit, on empêche partiellement cet accident en incorporant dans le liquide une quantité de sable siliceux (grès), suftisanle pour le transformer en une bouillie fluide. Pour la même raison, l’opération doit, dans tous les cas, être menée lentement.

La réaction de l’acide sulfurique sur l’alcool ne donne pas

riG. 305. — Préparation de l’éthylèiie.

seulement de l’acide éthyl-sulfurique, elle engendre en même temps de l’éther ordinaire (voy. ce mot). Les vapeurs de ce dernier sont entraînées par le gaz, mais elles se dissolvent en L' dans l’acide sulfurique concentré. En outre, une destruction profonde d’une certaine proportion de la matière organique engendre du charbon qui, avec l’acide sulfurique concentré, donne des gaz sulfureux et carbonique (§ 605) ; ces derniers se trouvent absorbés en L par la potasse.

T166. Appliqué à la préparation de quantités d’éthylène un peu importantes, le mode opératoire précédent n’a qu’un rendement fort médiocre. Il est alors préférable de n’introduire le niélange dans le ballon qu’au fur et à mesure de sa destruction (MM. Erlenmeyer et Hun te).

CARBURES Ü’HYDROGENE.

Dans un ballon de 12 à 3 litres, on mélange 25 grammes d’alcool avec 150 grammes d’acide sulfurique concentré ; la masse liquide recouvre seulement le fond du ballon. On adapte au bouchon un tube à entonnoir plongeant par le bas dans le liquide et un tube à dégagement. Le ballon étant installé sur un bain de sable, on le chauffe doucement et le dégagement d’éthylène commence bientôt. On laisse alors tomber goutte à goutte, dans l’entonnoir du tube de sûreté, un mélange de 1 partie d’alcool avec2 parties d’acide sulfurique concentré. Le mélange a été préparé à l’avance et placé dans un flacon à tubulure inférieure munie d’un robinet ; ce flacon est maintenu dans une position telle que le liquide, en s’écoulant du robinet, tombe dans l’entonnoir. On règle la rapidité du dégagement en chauffant plus ou moins, et en accélérant ou retardant l’arrivée du liquide. On ne doit pas oublier cependant que la proportion du gaz sulfureux formé augmente avec la rapidité du dégagement; il est donc préférable d'accoupler deux appareils semblables, au moyen d’un tube à trois branches, plutôt que de forcer la marche d’un seul appareil. Le mélange liquide peut encore être introduit dans le ballon par une ampoule à robinet (fig. 3U6), dont le tube vertical inférieur traverse le bouchon.

Avec un appareil à grande production, il est indispensable de donner un certain développement aux flacons laveurs et même de doubler leur nombre. 11 est de plus indispensable de renouveler fré(iuemment les liciuides qu’ils contiennent.

1. — CilLOnUUE D’ÉTHVLÈNE P. mol. : CMl^Cl- -=4 vol. = C^llR'dL

1HI7. 5;/H0)q/mrs : Li(|iieur des Ifollamlais, liuile des Hollandais, ciller diclilorhydriiiiie du j^lycol, diclilorliydrinc glycoliifue — Liquide incolore, à odeur élliérée, découvert en 1703 par Dciniann, Van Trooslwyk, llondt et Lainverenburgh. — Densité : I,2S03 à ü". — Point d’ébullition : 85". — Insoluble dans l’eau; soluble dans l’alcool et dans l’étlicr.

Eig. 3ül).

Ampoule à robinet.

M()8. Formatioîs'. — Le chlore et rélliylcnc se combinent directement, à volumes égaux et dès la température ordinaire, pour Ibrmer le chlorure d’étliylcne :

CDU -f CU^ CIUCU.

-t vol. f vol. f vol.

Lorsqu’on achève rapidement de remplir de chlore, sur la cuve à eau, une éiirouvette garnie de la moitié de son volume d’éthylène et qu’on l’abandonne ensuilesur la cuve, on constate qu’à la surface de séparation des deux gaz, qui ne se sont mélangés que faiblement à cause de la différence considérable qui existe entre

1168. — ETHYLENE.

leurs dcnsilés, l’atmosphère se trouble d’abord, puis des gouttelettes huileuses se déposent sur les parois de l’éprouvette. En

môme temps, le niveau de l’eau s’élève à l’intérieur, montrant ainsi

que le volume des gaz diminue par suite de la réaction acconqilie. On constate en outre que le vase s’échauffe au voisinage du lieu où s’opère la combinaison. Finalement tout le gaz disparaît et des gouttelettes de chlorure d’éthylène tombent au fond de l’eau.

La réaction marche d’autant plus rapidement que la lumière est plus vive. Si l’on a pris soin d’agiter l’éprouvette pour mélanger les deux gaz au commencement de l’expérience, le phénomène est beaucoup plus rapide, mais l’expérience perd de sa netteté pour l’observateur.

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