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ANALYSES PAM VOIE HUMIDE

1405. Examen pnÉLiMiNAïuE. — Étant donnée une matière dont on doit déterminer les éléments constituants, le premier soin à prendre est d’examiner et de noter ses propriétés extérieures, son état physique, sa couleur, sa dureté, son odeur, sa densité, etc. Ces propriétés sont autant de caractères qui fournissent bien souvent des indications importantes sur le résultat cherché. Dans tous les cas, elles doivent toujours servir à contrôler l’exactitude des données fournies par l’analyse; il sera indispensable, en effet, les opérations étant terminées, qu’il y ait identité de propriétés entre une substance ayant la composition trouvée et la substance primitive. D’ailleurs cet examen préalable est indispensable pour déterminer la nature des opérations par lesquelles on doit commencer l’analyse; si le corps à analyser est un métal ou un alliage métallique, un sel solide ou une dissolution, l’analyse [>ar voie humide exigeant'qu’il soit préalablement amené à l’état de solution aqueuse, il est évident que le traitement à lui faire subir ne sera pas le même dans tous les cas.

Les essais par voie sèche conviennent aussi pour l’examen préalable des corps à analyser par la voie humide. Comme ils servent plus souvent encore à contrôler les résultals de la voie humide, nous reviendrons plus loin sur les indications qu’ils fournissent.

1406. Dissolution. — Dans les analyses par voie immide, on opère, avons-nous dit., sur les corps en dissolution dans l’eau

ANALYSE QUALITATIVE

pure ou dans l’eau additionnée de divers réactifs. 11 est donc nécessaire, en premier lieu, de mettre en dissolution lasubstance à analyser, si elle ne s’y trouve déjà.

Au point de vue des opérations à faire dans ce but, la substance en question se ran^e dans les catégories suivantes :

1“ Corps solubles dans l’eau ;

^2“ Corps insolubles ou peu solubles dans l’eau, mais solul)!es dans l’acide chlorhydrique, dans l’acide azotique ou dans l’eau régale ;

Corps insolubles ou peu solubles dans les dissolvants précités.

11 arrive d’ailleurs qu’un mélange se scinde en plusieurs parties, rangées par leurs solubilités dans des catégories diverses. De pareilles séparations ne peuvent qu’être favorables, puisqu’elles changent un mélange complexe en ])lusieurs mélanges plus simples.

On commence par pulvériser la substance avant de faire agir sur elle les dissolvants.

1407. Dissolution dans l’eau. — L’action de l’eau pure doit être essayée en premier lieu. On introduit une petite quanlité de matière, quelques décigrammes au plus, avec une dizaine de grammes d’eau dans un tube à essais ou dans un très petit ballon, et on agile; si la dissolution ne paraît pas s’effectuer, on porte le liquide à l’ébullition. Soit à IVoid, soit à chaud, la substance se dissout entièrement, ou elle laisse un résidu.

Si la suhslance se dissout entièrement, on jirocède directement à l’analyse, ainsi qu’il sera indiqué plus loin (§ 1 410 et suivants).

Si la substance laisse un résidu après une ébullition prolongée avec l’eau, cela peut tenir à ce qu’elle ne se dissout que partiellement, ou à ce qu’elle ne se dissout pas. On filtre une ])etile quanlité de la liqueur et on en évapore quelques gouttes sur une lame de platine biâllanle.

Quand la substance est insoluble dans l’eau, le liquide évaporé ne laisse pas de résidu sensible; on essaye alors sur elle l’action de l’acide chlorhydrique (§ 1408).

Quand, au contraire, la substance est partiellement soluble, l’évaporation laisse un résidu sur la lame de platine. Les dissolutions partielles peuvent résulter de deux causes : 1” la faiblesse de

DISSOLUTIOlN.

la solubilité d’une ou plusieurs substances solubles; 2“ la présence de corps insolubles dans la matière analysée. Pour distinguer entre ces alternatives, on décante la liqueur chaude, on la remplace par une nouvelle quantité d’eau, que l’on maintient, comme la {>remière, en ébullition prolongée, et si le résidu ne disparaît pas, on répète une troisième fois le traitement à l’eau bouillante, puis une quatrième fois, etc. Lorsqu’il s’agit de substances faiblement solubles, on constate qu’en évaporant sur la lame de })latine un même nombre de gouttes des liqueurs liltrées provenant des traitements successifs, on obtient une quantité constante de résidu; chacune des solutions aqueuses se trouve, en effet, saturée. Dans ce cas, en répétant les traitements et surtout en augmeniant la quantité d’eau avec laquelle on les fait, on arriverait à la dissolution complète de la matière.

Lorsqu’il s’agit, au contraire, d’un mélange de corps solubles avec des corps insolubles, on observe que la quantité de résidu va en diminuant, les matières les plus solubles passant en abondance dans les premières liqueurs et ne subsistant plus, dans le résidu, en poids suffisant pour saturer les dernières. On épuise alors sur le mélange l’action de l’eau bouillante, jusqu’à ce qu’une dernière liqueur soit volatile sans résidu, on filtre, on réunit les dissolutions, et on les analyse comme il sera dit plus loin (§ 'L410), tandis qu’on traite par l’acide chlorhydrique le résidu insoluble (§ 1408).

Sur certains sels, l’eau n’agit pas seulement comme dissolvant; elle exerce de plus une action chimique. C’est ce qui arrive, par exemple, avec les chlorures d’antimoine, l’azotate de bismuth, etc. Cela n’a pas d’inconvénient sérieux au point de vue de l’analyse, puisque les produits de la réaction de l’eau se retrouveront, soit dans la dissolution, soit dans le résidu insoluble dans l’eau, soit dans tous les deux.

1408. Dissolution d.vns les acides. — Les corps insolubles dans l’eau (§ 1407) sont traités par Vacide chlorhydrique. On emploie d’abord l’acide chlorhydrique dilué et IVoid, puis le même acide chaud, et si la dissolution n’est pas effectuée, on fait intervenir l’acide concentré, soit à froid, soit à chaud. De même qu’avec l’eau, la dissolution peut être complète ou partielle, ou même nulle, ce dont on s’assure par les mêmes essais que ceux indiqués

!>1“2 ANALYSE OL'ALITATIVE.

pour la dissolution dans l’eau (§1407). Les dissolutions fdtrées sont souinises directement à l’analyse, comme il sera dit plus loin (§ 1410). Les parties insolubles, lavées à l’eau, sont ensuite trailées par l’acide azotique, ainsi qu’il va éli’e indiqué.

Il est indispensable, lors du traitement par l’acide chlorhydrique, de tenir compte des phénomènes qui accompagnent la dissolution. L’acide chlorhydrique est, en effet, un réactif énergique qui ne dissout un grand nombre de substances qu’en les transformant. 11 faut noter particulièrement s’il y a un dégagement gazeux ; cela arrive avec les carbonates, les sulfures, les suKltes, les hyposulfites, etc., lesquels dégagent du gaz carbonique, du gaz sulfbydiique, du gaz sulfureux, etc. ; ou encore avec certains corps oxydants qui donnent du chlore; ou même avec les cyanures qui fournissent de l’acide cyanhydrique. Parfois, il y a dé|)ôt de soufre, comiiie avec les hyposulfites, ou de silice gélatineuse, comme avec certains silicates. Les faits ainsi observés, serviront dans l’interprétation des résultats de l’anal vse.

Le résidu insoluble, lavé à l’eau, est traité ensuite par Vacide azotique, de la même manière qu’il l’a été par l’acide chlorhydrique. Peu de métaux ou d’alliages résistent au nouveau réactif, qui est leur véritable dissolvant. Toutefois ce dernier, comme l’acide chlorhydrique, donne lieu à de nombreuses transformations, prestjue toujours par oxydation. Il change certains métaux en oxydes insolubles, l’étain et l’antimoine, par exemj)le. Il attaque les sulfures en donnant un dépôt de soufre. Quand on l’a fait agir concentré, il est ensuite nécessaire de le diluer avant de conclure que la matière qu’il tient en susi»ension est insoluble, un assez grand nombre de sels solubles dans l’eau ne se dissolvant pas dans l’acide concentré.

Les corps qui ont résisté à l’acide azotique concentré et chaud sont traités de même par Veau régale.

1409. Désagrégation. — Les composés que les agents précédents n’ont pu dissoudre, ap|)artiennent à un petit nombre de groupes, mais le traitement à leur faire subir pour les rendre solubles, pour les désagréger, étant variable avec leur nature, il est nécessaire de déterminer celle-ci a|q>roximativeinent, afin d’être fixé sur la marche h suivre.

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