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DOSAGE DE L’ACIDE PHOSPHODIQUE

Le pliosphate amnioniaco-magiiésien est alors déposé, ayant entraîné, il est vrai, une petite quantité de chaux et même de silice; on le lave, par décantation suivie de filtration, avec de l’eau additionnée de 1/10 d’ammoniaque, puis on le recueille sur un petit liltre sans plis.

Le lavage étant complet, et les dernières liqueurs écoulées ne se troublant plus par le phosphate de soude, on dose l’acide phosphorique dans le précipité, au moyen de la liqueur titrée d’urane. Dans ce but, sans s’im|uiéter d’abord des cristaux qui sont restés adhérents à la paroi du vase à précipiter, on traite le filtre et son contenu par l’acide azotique dilué, comme il aétédit pins haut (§ 1538). On ajoute à la liqueur la petite (juantité d’acide, puis les eaux de lavage, avec lesquels ou nettoie le vase des cristaux de phosphate (|ui sont restés adhérents. Il ne reste (iliis qu’à former avec la dissolution acide '2ÛU centimètres cubes de liqueur, sur lesijuels on prélève un volume déterminé, pour faire le dosage à la solution titrée d’urane (g 1537). Le poids d’acide phosphorique trouvé ainsi dans le volume de dissolution sur lequel on a opéré le titrage, 20 centimètres cubes par exemple, étant multiplié par

10, donne le poids d’acide contenu dans la totalité de la prise d’essai pesée à l’origine.

1541. Analyse d'un supeiiphosphate de chaux. — L’engrais chimi([ue connu sous le nom de superphosjiliate de chaux est [irodiiit en attaquant par l’acide sulfurique les phosphates tribasiques de chaux pulvérisés. Dans ce traitement, il se forme du sulfate de chaux, tandis (|ue l’acide phosphorique est dé(dacé. Suivant la proportion d’acide sulfuriipie employée, il se fait uniquement de l’acide phosphorique, ou cet acide plus ou moins mélangé de phosphate monocalci()ue et de jibosphate dicalcique; si même l’acide sulfurique est [u’is en quantité insuflisante, du phosphate tricalcique reste inattaqué. .\u point do vue agricole, on attache une valeur beaucoup plus grande à l’acide phosphorique ainsi rendu soluble dans l’eau, sous forme d’acide libre ou de phosphate monocalcique, qu’à celui qui est resté insoluble, sous forme de phosphate tribasique, aussi a-t-on été conduit à chercher à les évaluer séparément.

Mais ce n’est pas tout. Quand on conserve un superphosphate après sa préparation, on observe le |)lus souvent que la quantité d’acide phosphorique soluble dans l’eau (|u’il contient va en diminuant : on dit qu’il subit une rétro- (jnidation. l.e phénomène est dû à ce que l’action de l’acide ayant été incomplète, ou exercée sur une poudre trop grossière, les particules inattaquées, [ihosphate tribasique ou même carbonate calcaire, réagissent lentement sur l’acide pliospliorique et le phosphate acide de chaux, pour les changer en phos|)hates dicalci((ue et tricalcique insolubles fM. Jqulie). Avec les phosphates naturels, qui sont chargés d’alumine et d’oxyde ferrique, ces sesipiioxydes interviennent aussi, et d’une manière fort active, pour conduire au môme résultat : ils forment des phosphates insolubles (M. Millot). Or les phosphates devenus insolubles dans l’eau par rétrogradation sont néanmoins dilTérents des phosphates (|ui n’ont jamais subi la réaction de l’acide sulfurique : ils restent plus solubles que ces derniers; ils se dis-

ANALYSI-] QUAN TlTATl V E.

solvent notamment dans l’eau chargée de certains sels, qui n’agissent pas sur les phosphates tricalciques naturels ; ils doivent donc être dosés à part.

En résumé, dans un superphosphate, il y a lieu de déterminer l’acide pliosphorique total, l’acide phosphoritjue sous forme soluble dans l’eau et l’acide phosphori(|ue rétrogradé. En prati(iuc, on réunit souvent, sous la rubrique acide phosphorique assimilable, l’acide soluble et l’acide rétrogradé, le commerce leur accordant la môme valeur.

1° Acide phosphorique total. — L’acide 'phosphorique total se dose dans les superphosphates e.xactement comme dans les phosphates naturels (tj I3i0j.

2" Acide phosphorique soluble. — On fait une prise d’essai de 5 grammes du superphosphate pulvérisé et bien mélangé. Si la matière est pâteuse, ce qui arrive fréquemment, on la malaxe dans une capsule avec une spatule, jusqu’à ce qu’elle soit bien homogène; on en pèse quelques dizaines de grammes (|ue l’on mélange intimement avec un poids exactement égal de sulfate de chaux pur et anhydre ; on les change ainsi en une poudre sèclie, susceptible d’être tamisée et mélangée, dont on pèse 10 grammes. On introduit la jirise d’essai dans un mortier de verre, on ajoute assez d’eau distillée pour fâire avec elle une bouillie épaisse, on triture jusqu’à ce (ju’on ne sente plus de grains résistants sous le pilon ; on ajoute ensuite de l’eau, on mélange avec soin, et on laisse déposer. On décante le liquide éclairci sur un filtre, puis on ajoute de l’eau au résidu, on mélange, on laisse déposer de nouveau, on décante une seconde fois sur le filtre, etc.; en un mot, on épuise le produit des matières solubles qu’il contient; on lave enfin le filtre, et, en ajoutant de l’eau à toutes les liqueurs réunies, ou complète 200 centimètres cubes de liquide. Sur la dissolution ainsi obtenue, laquelle contient tout l’acide phosphorique soluble dans l’eau de 5 grammes de superphosjihate, on opère le dosage de cet acide, par précipitation à la liqueur citro-magnésicnne et titrage à l’urane 15i0).

Souvent on se contente de décanter directement, dans le vase jaugé, les liquides éclaircis par dépôt, et, après plusieurs traitements successifs du résidu par l’eau, on réunit la matière insoluble aux liqueurs. .\près dilution jusqu’à 200 centimètres cubes, on verse le tout sur un filtre et on opère sur la liqueur claire. L’erreur sensible, que l’on fait eu opérant ainsi, porte sur le volume occupé par le résidu insoluble, lequel volume serait à déduire des 200 centimètres cubes mesurés.

3® Acide phosphorique assimilable. — D’après ce qui a été dit plus haut sur ce (ju’on entend par acide phosphorique assimilable, la nature du réactif dans lequel on considère la solubilité du superphosphate rétrogradé, et aussi les conditions de l’action de ce réactif, ont une inlluence considérable sur la proportion d’acide jdiosjihorique dissous. Aujourd’bui, on est généralement d’accord en France pour regarder comme assimilable, l’acide phosphorique soluble à froid dans le citrate d’ammoniaque alcalin.

La solution de citrate d’ammoniaque alcalin, employée comme réactif, se prépare en versant dans une capsule 500 centimètres cubes d’ammoniaque concentrée, sur iOO grammes d’acide cilri(jue cristallisé, agitant pour que la dissolution s’elTectue, laissant refroidir, transvasant dans une carafe jaugée.

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