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I. dosage du carbone et de L’HYDROGÈNE

1629. Méthode de Liebig. — Quand on brûle les matières organiques, le carbone passe à l’état de gaz carbonique et l’hydrogène se change en eau.

ANALYSE QUANTITATIVE

Si Ton a pesé préalablement la substance, et si Ton détermine les quantités d’anbydride carbonique et d’eau (]u’elle fournit en brûlant, on peut calculer, en partant du résultat, les poids de carbone et d’hydrogène renfermés dans la matière brûlée. Tel est le principe de la méthode d’analyse élémentaire actuellement en usage.

L’agent comburant employé est Toxyde de cuivre CuO (Gay-Lussac). Ce corps ne se décompose pas avant le rouge blanc, mais dès le l ouge sombre il cède son oxygène aux matières organi(jues et les brûle. Gay-Lussac mesurait le gaz carbonique dégagé, ce (jui est une opération délicate ; Liebig a donné à la méthode toute sa précision, en même temps qu’une plus grande facilité d’exécution, en absorbant séparément la vapeur d’eau et le gaz carbonique dans des appareils spéciaux, et en les déterminant ensuite par les accroissements de poids (lu’ils ont fait subir à ces appareils. Nous indiciuerons ici le procédé de Liebig, tel (|u’il se pratique le plus souvent aujourd’hui, en considérant d’abord le cas le |)lus simple, celui où la matière analysée ne contient aucun élément autre (jue le carbone, l’hydrogène et Toxygène.

1G30. Matériel ci inslrunieiils nécessaires. — L’oxyde de cuivi'e, préparé par le grillage du cuivre 1098), convient parfaitement. On se contente de le concasser, et, à l’aide de cribles, de le séparer en plusieurs parties, différant entre elles par la grosseur des fragments qui les cotnposent. L’oxyde en grains, du volume d’un grain de ebènevis, est celui qui s’emploie le plus souvent; la poudre line est d’un usage plus limité. L’oxyde préparé à température peu élevée, en calcinant Tazotate de cuivre par exemple, a l’inconvénient d’être très hygroscopique. Or, l’hydrogène se*|iesant sous forme d’eau, il est indispensable d’éliminer toute trace de celle-ci de Toxyde employé. En chauffant au rouge dans un creuset, ou mieux en grillant dans un tét à rôtir, Toxyde de cuivre avant de l’employer, on expulse toute l’humidité qu’il a fixée; dans la même opération, il brûle à son contact les poussières organiques qui ont pu se mélanger à lui et qui seraient, dans l’analyse, une source de gaz carbonique et de vapeui’ d’eau. L’oxyde ainsi calciné et grillé doit refroidir sans reprendre Thumidilé de Tair. cet effet, quand le vase dans lequel on Ta chauffé est arrivé à une température de 200° environ, on verse Toxyde dans une main de cuivre (lig. 351), assez épaisse pour qu’on puisse la manier avec une pince, et préalablement portée au rouge pour purifier sa surface. Immédiatement après, on introduit Toxyde encore très chaud dans des matras de verre, parfaitement secs et propres, que Ton ferme avec un bouchon sec, puis on laisse le tout se refroidir. Gomme Toxyde devra plus tard être versé dans des tubes étroits, on rend cette opération plus facile en étirant quelque peu le col des matras (fig. 355), afin de l’amener à un diamètrc'un peu inférieur à celui des tubes en question.

On parfait d’ordinaire la combustion par l’action d’un courant d’oxygène, bien purifié d’humidité, de gaz carbonique et aussi de chlore, gaz dont Toxygène provenant du chlorate de potasse (§ 495 et suivants) est souvent souillé.

Fig. 351.

Main <lo cuivre.

1030. - ANALYSE ORGANIQUE ÉI.ÉMENTAIRE.

On prépare l’oxygène à l’avance, et on le conserve dans des gazomètres (fig. "215 et 11g. "210, § 434 et 435). Au sortir de ces derniers, il traverse une série de vases laveurs et de tubes contenant, les uns de la lessive de potasse ou de la potasse caustiijue fondue, qui arrêtent 1e gaz carbonique et le chlore, les autres de la ponce sulfuriijue ou du chlorure de calcium desséché, qui absorbent la vapeur d’eau.

On effectue la combustion dans un tube de verre peu fusible, de 12 à 15 millimètres de diamètre, de 2 millimètres d’épaisseur. En se servant d’une longue tige de cuivre, terminée par une sorte de tire-bouchon sur lequel on enroule du papier de soie, et en dirigeant un courant d’eau dans l’intériéur du tube, on mUloie celui-ci, ou le rince à l’(!au distillée, on l’égoutte et on le sèche. On lui donne une longueur de 40 à 50 centimètres; on l’étire et on le termine par un double coude, à forme de baïonnette, en conservant à la partie étirée une certaine épaisseur de verre. L’orifice resté largement ouvert

est frotté avec une lime fine, pour abattre son angle vif qui détruirait le bouchon. On sèche complètement le tube, en le chauffant, et en y dirigeant un courant d’air sec; on le laisse refroidir après avoir scellé sa partie effilée par un trait de chalumeau, et fermé l’autre extrémité par un bouchon que traverse un tube desséchant à chlorure de calcium.

J.e fourneau sur lequel on chauffe le tube est la grille gaz (fig. 45, § 88) ou, à son défaut, le fourneau à charbon en tôle (fig. 31, § 75). On y fait reposer le tube sur une rigole de cuivre, demi-cylindrique, garnie de carbonate de magnésie en poudre; celui-ci empêche l’accolement du verre ramolli au métal. Si le verre n’est pas de bonne qualité, la rigole ne peut suffire à le protéger contre les déformations; on enroule alors autour de lui une bande de clinquant mince, que l’on maintient par quelques atlacbes de fil métallique.

L’appareil dans lequel on absorbe la vapeur d’eau produite, consiste en un petit tube de verre léger DGE (fig. 356), en forme d’U, auquel s’adaptent, au moyen de bouchons de caoutchouc bien ajustés, deux tubes à gaz étroits ;

JUNGFLEISCH. — Manip. de chimie. 73

Fig. 355.

Fig. 356.

Tube pour le dosage de l’eau.

Matras à oxyde de cuivre.

ANALYSE nUANTlTATIVE.

en E, un tube abducteur EF, coudé à angle droit ; en D, un tube adducteur DCAP, de forme spéciale, et portant une petite ampoule A destinée à retenir à l’état li(|uide la i)lus grande partie de l’eau arrivant du tube à combustion. Le tube en F est garni de ponce sulfurique, linement granulée (§ 4:26), que l’on maintient écartée des bouclions par des tampons d’amiante. Le tube peut encore être fermé par des bouchons de liège recouverts de cire à cacheter. On remplace souvent la ponce sulfurii|ue par le chlorure de calcium desséché et granulé, mais ce réactif, étant d’ordinaire mélangé d’oxycblorure (§ 912), absorbe le gaz carbonique : il est alors nécessaire, avant de l’enniloyer, de faire passer pendant quebjue temps dans le tube, disposé comme il a été dit, un courant de gaz carboniiiue sec, qui sature l’oxycblorure, puis un courant d’air sec, qui expulse le gaz carbonique non absorbé. Quand il n’est pas eu activité, l’appareil à absorber l’eau est fermé en F et en 1‘ par des tubes de caoutchouc, (|ue bouchent des fragments de baguettes de verre, cylindri(iues et bordés à la lampe. Une attache en fil de platine permet de le sus))endre aisément aux supports ou aux plateaux des balances.

Le gaz carbonique est absorbé dans une solution dépotasse caustique, que contient un petit laveur en verre souillé (fig. 212, § 423). Farmi les nombreux

instruments de ce genre, le plus parfait est encore le plus ancien quand il est bien construit, c’est-à-dire Vappareil à boules de Liebig (lig. 357). D’autres (g 423, lig. 212, G et D) peuvent ell'ectuer un lavage plus parfait et plus prolongé, mais ils apportent trop de résistance au passage des gaz dans le liquide qu’ils contiennent. L’appareil à boules de Liebig se compose de 5 boules inégales, séparées les unes des autres par des étranglements ou des sections de tube étroit: trois, une grande entre deux petites, sont sur la même ligue droite ; les deux autres, placées au-dessus, se terminent vers le haut par deux tubes coudés, dont les branches extrêmes sont sur la même ligue droite. Un gaz pénétrant par une de ces branches dans l’appareil, ne peut s’échapper par l’autre sans avoir passé dans chaque boule à travers le liquide; la première boule, qu’il est bon de tenir plus grande que les autres, sert peu au lavage des gaz ; elle empêche surtout la sortie du liquide en cas d’absorption: l’appareil réalise donc quatre lavages successifs, ce qui est bien suffisant. On le garnit d’une solution de potasse caustique de densité 1,38 (40 degrés Ilaumé) : plus concentrée, la solution alcaline mousserait par l’agitation et s’échapperait entraînée par les bulles de gaz; plus diluée, elle céderait beaucoup d’eau au gaz sec qui la traverse.

Le lavage se fait mieux quand on tient incliné l’axe des trois boules inférieures, le niveau du lûiuide s’élevant de la première boule, par laquelle arrive le gaz, à la troisième ; comme les tubes d’entrée et de sortie doivent être disposés sur une même ligne horizontale pendant l’opération, il est commode de les recourber dans une direction perpendiculaire au plan des boules (fig. 358); l’inclinaison de l’appareil peut alors être modifiée par un simple mouvement de rotation du système autour de l’axe des tubes. L’appareil à

FlG. 357. — Tube à boules de Liebig.

houles est conservé fermé, comme le tube à doser l’eau; il est également muni d’une attache en lil de platine.

Même lorsqu’elle est à la densité voulue, la dissolution de potasse cède un peu d’eau aux gaz secs, ce qui tend à diminuer le poids du gaz carbonique pesé avec le tube de Liebig. On arrête cette eau par un petit tube en ü, très léger

Fig. 358.

Tube de Liebig modilié.

Fig. 359.

Tube à potasse fondue.

(fig. 359), contenant de l'hydrate de potasse ayant subi la fusion ignée (voy. § 779, p. 549). Ce tube placé à la suite de l’appareil à boules,, fixera les traces d’eau et de gaz carbonique échappées de celui-ci. Son accroissement de poids, ajouté à celui du tube à boules, donnera le poids total du gaz carbonique.

On le garde soigneusement fermé, comme les précédents.

Pour faire équilibre à la résistance apportée par l’ensemble des appareils de dosage au passage des gaz, il est bon, surtout si l’on a laissé nu le tube à combustion, de produire au sortir de ces appareils une aspiration constante, limitée à quelques centimètres d’eau. On évite ainsi le gonflement du verre ramolli par la chaleur.

Une disposition simple consiste à faire agir une trompe aspirante, fonctionnant faiblement avec un régulateur de l’aspiration (§ 456). On obtient un régulateur, qui convient bien ici (fig. 360), en fixant à l’orifice d’une éprouvette à pied EF, garnie d’eau, un bouchon à deux trous; à l’un des trous est adapté un tube vertical ab, ouvert dans l’atmosphère et plongeant dans l’eau de l’éprouvette; l’autre porte une des branches d’un joint à 3 branches cto, ouverte en o, au-dessous du bouchon, les autres branches communiquant en c avec l’appareil à combustion , et en ^ avec la trompe : la trompe ne pourra produire une dépression plus considérable que celle qui

Régulateur de l’aspiration.

ANA LYSE OU ANTITATl VE.

correspond à la colonne d’eau nb, dont on fait d’ailleurs varier la hauteur en enfonçant pins ou moins le tube ab, sans que l’air atmosphérique, pénétrant par b, ne limite aussitôt son action.

On interpose entre l’appareil aspirateur, ou si l’on supprime celui-ci, entre l’atmosphère et les tubes de dosage, un tube à dessécher quelconque ; on évite ainsi l’action de l’humidité extérieure sur les tubes de dosage, pendant les arrêts de mouvement des gaz qui les traversent.

Fie. 361.

Ampoule.

1631. Etat (le la matière analysée. — La substance à brûler est préalablement desséchée, jusqu’à ce i|ue son poids soit invariable.

Solide, on la pulvérise, on la dessèche, et on la conserve dans un vase bien bouché. Tantôt on la pèse entre deux verres de montre (lig. 7, § 123); tantôt on l’enferme dans un petit tube bouché, que l’on pèse de nouveau apres en avoir fait sortir la partie de son contenu sur laiiuelle on opérera, la différence entre les deux pesées étant le poids de la prise d’essai.

Iviquidc et volatile, la matière est introduite dans une petite ampoule en verre soufllé (tig. 361). On remplit cette dernière en la chautfant doucement et en plongeant dans le liquide sa pointe ouverte ; l’air intérieur se refroidit, diminue de volume, et le li([uide pénètre dans l’ampoule ; on ferme celle-ci en fondant sa pointe au chalumeau à gaz. On l’a pesée vide, on la pèse pleine, le poids de son contenu est donc connu. Au moment même d’introduire l’ampoule dans le tube à combustion, par un trait de lime, on sectionnera sa partie effdée et on laissera tomber le tout dans le tube à combustion, sur l’oxyde de cuivre.

Pour les liquides non volatils, ce mode opératoire ne conviendrait pas. On les pèse dans un petit tube de plomb, très mince, que l’on ferme par aplatissement : ils sortiront du tube métallique sous l’action de la chaleur, et le plomb en fondant mettra à nu toute la matière combustible.

On opère d’ordinaire sur uu poids compris entre 3 et 5 décigrammes.

1632. PraU(jue de l'analyse. — On pèse exactement la prise d’essai ainsi ([lie les tubes de dosage : le tube à ponce sulfurique, le tube de Liebig et le tube à potasse solide. On étale sur une table une feuille de clinquant, que l’on vient de sécber en la cbanlîanl; on opérera au-dessus d’elle, et elle recevra les parcelles qui pourront tomber pendant la manipulation. On ouvre le tube à combustion, et appliquant sur son orifice celui d’un matras garni d’oxyde de cuivre, on fait tomber au fond une colonne de 10 à 12 centimètres d’oxyde. Dans une main de cuivre, préablemenl cliaulfée, refroidie et placée sur la feuille de clinquant, on verse un peu d’oxyde de cuivre, puis la matière pulvérulente à analyser, on mêle rapidement avec une spatule, et on introduit le mélange dans le tube. En faisant glisser du nouvel oxyde sur la spatule et sur la main de cuivre, et en le versant ensuite dans le tube, on entraîne la tola-

1632. — AN.VLYSE ORG.VNIQUE ÉLÉ.MENTAIRE.

lilé de la matière. Le mélange et l’o.xyde employé à l’entraîner occupent une longueur de 15 centimètres environ. On achève alors de remplir le tube, jusqu’à 3 ou 4. centimètres de son ouverture, par de l’oxyde de cuivre, cl on le ferme avec un bouchon sec. Tout cela est exécuté le plus rapidement possible, afin d’éviter l’intervention de l’humidité de l’air. On entoure le tube de clinquant et on le place sur la grille, ou, s’il est peu fusible, on le couche dans la rigole garnie de carbonate de magnésie, son extrémité dépassant le fourneau de quelques centimètres (fig. 362). On (ixe en A, par un

FiCr. 362. — Dosage ilu carbone et de l’iiydrogène dans les matières organiques.

bouchon de caoutchouc, le tube à ponce sulfurique H. la suite de ce dernier, on adapte, par un joint de caoutchouc étanche, serré au besoin avec des cordonnets, le tube à boule G, en faisant communiquer avec II la plus grande des boules supérieures. A la suite, on adapte de la même manière le tu!)e à potasse solide Iv, dont l’ouverture restée libre est reliée par un tube de caoutchouc à un appareil à dessécher, qu’on laisse ouvert dans l’atmosphère, ou mieux que l’on met en communication avec un aspirateur. L’ensemble des ap|)areils de dosage est sus|)endu à un support S.

On s’assure que les joints sont exactement clos : dans ce but, après avoir aspiré doucement à rexlréniilé des tubes de dosage, de manière à faire passer (juehjues ljulles d’air dans le li([uide du tube à boules, on cesse d’as-

AN A LYSE QU A N T 1 T ATI VE

pirer; sous l’action de la pression extérieure, le niveau de la potasse monte dans la grosse boule; si l’appareil est sans fuite, cette différence de niveau se maintient. On chauffe alors le tube à combustion, du coté de A, dans la partie contenant seulement de Toxyde de cuivre, et, lorsiju’il est au rouge sombre, on cliauffe de même l’extrémité B. L’oxyde non mélangé étant partout cbauffé au rouge sombre, on commence la combustion proprement dite; rapproclianl très lentement le feu de A vers B, on cliauffe bientôt une petite partie du mélange. La réaction commence, et les gaz formés par la combustion se dégagent, l'our assurer leur absorption, on règle le chauffage de telle manière qu’il soit possible de compter les bulles gazeuses passant successivement dans la potasse du tube de Liebig. Les produits fournis par la destruction pyrogénée de la matière devant, avant de s’échapper, traverser lentement une colonne d'oxyde de cuivre rougie, sont complètement brûlés. Dès que le dégagement diminue de rapidité, on avance de nouveau le feu vers B, et on continue ainsi jus((u’à destruction complète de la matière. On doit veiller à l’intervention de la conductibilité de l’oxyde de cuivre, qui va chauffer la matière organique à une certaine distance des points mis directement en contact avec la flamme du gaz ou avec les charbons. Si la production gazeuse devenait trop abondante, une partie des corps combustibles échapperait à l’action de l’oxyde de cuivre et l’analyse serait perdue.

Lorsque, le tube étant porté au rouge sur toute la longueur, le dégagement gazeux s’arrête, la combustion n’est pas encore terminée. Des parcelles de charbon peuvent rester inoxydées, entourées (|u’elles sont de cuivre réduit. On les brûle dans un courant d’oxygène. Ce gaz arrive en O d'un gazomètre. On le purifie en P, T et T'; on règle son écoulement par un robinet B fixé à un tube de caoutchouc bien sec, qu’on adapte d’autre part à la partie étirée du tube à combustion. Le dégagement gazeux étant arrêté, une absorption se produit; dès qu’elle se manifeste, on écrase, avec une pince et à travers le tulie de caoutchouc, la pointe fine qui termine le tube à combustion, et on fait arriver aussitôt dans celui-ci un courant lent d’oxygène pur et sec. Le charbon brûle et le cuivre réduit se réoxyde; quand le tube est nu, on voit son contenu rougir plus fortement aux points où s’effectue l’oxydation. Enfin, de l’oxygène traverse le tube sans être absorbé et se dégage. On ferme aussitôt le gazomètre; ou laisse le tube O ouvert à l’air, et on aspire dans le système de l’air qui se purifie en P, en T et en T', et chasse en ijuelques instants l’oxygène des appareils absorbants; celui-ci, par sa densité plus considérable ((lie celle de l’air, fausserait les pesées. Eu même temps, on veille à ce que la partie du tube restée vide en A, ainsi que le bouchon qu’elle porte, ne retiennent pas d’eau condensée; s'ils en renferment, on les cbaufie un (leu avec un brûleur mobile, et l’air entraîne bientôt l’eau vaporisée. La combustion terminée, on détache les appareils absorbants, on leur rend la disposition qu’ils avaient au moment de leur première pesée, on les laisse refroidir à l’abri de riiumidité, et enfin on les pèse.

Le poids île l’eau divisé par f) donne la quantité d’hydrogène contenue dans la prise d’essai, puisque l’eau (110 = 0) renferme le neuvième de son poids d’hydrogène (11=1). Le poids du gaz carbonique (CO- = 2“2), retenu dans

le tube de Liebig et dans le tube à potasse solide, multiplié par le rapport 6 3

= = 0,2727, donne le poids du carbone correspondant (0 = 6).

En retranchant du poids de la prise d’essai, la somme des [)oids du carbone et de l’hydrogène, on a le poids de l’oxygène.

1633. Combustion d.\ns un couuant d’oxygène. — La méthode précédente est celle qui se pratique le plus aisément. Lorsqu’on a un certain nombre d’analyses à faire successivement, on peut, en la modiliaut, épargner beaucoup de temps.

On opère dans un tube plus long Al!(iig. 363), ouvert aux deux bouts; la partie cd, c’est-à-dire une moitié du tube jusi|u’à (juelques centimètres de l’orilice de sortie A, est garnie d’oxyde de cuivre un peu gros, laissant entre ses fragments un passage facile aux gaz; l’autre moitié est vide de c en A. En .A, est adapté un bouchon traversé par un tube qui amènera l’oxygène pur et sec; en 11, on fixera de la même manière les appareils de dosage.

Ou dispose, avec une bande de toile fine en cuivre rouge, que l’on roule sur elle-même, un tampon cylindri(|ue, capable d’occuper toute la section du tube sur une longueur de 12 centimètres environ; ce tampon porte, fixé à l’une de ses extrémités, un fil de cuivre rigide permettant de le manœuvrer.

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Fig. 363. — Combustion clans un courant d’oxygène.

Le tampon de cuivre peut être remplacé par un tampon d’amiante plus court, mais de même grosseur, attaché et maintenu avec du fil de platine.

Pour opérer, on ouvre le tube, on place le tampon dans sa partie vide en l’enfonçant vers c, on fixe de nouveau le bouchon A, et on chauffe toute la longueur du tube; reliant ensuite l’orifice A à un tube à dessécber, et le bouchon B, qui n’est pas encore pourvu des tubes absorbants, à un appareil aspirateur, on fait passer, sur le tampon de cuivre et sur l’oxyde de cuivre portés au rouge, un courant d’air sec, qui les oxyde et les desséche en même temps que le tube. Après quelques instants, on arrête le courant d’air sec, 011 maintient au rouge sombre la partie cd, et on laisse refroidir l’autre moitié du tube.

Pendant le refroidissevient, on place la prise d’essai dans une nacelle de porcelaine, et on dispose en R les tubes destinés à doser l’eau et le gaz carbonique. Le tube étant refroidi de A à c, on enlève le bouchon on sort le tam|)on métallique oxydé, on introduit dans le tube la nacelle n contenant la matière à brûler, et, avec le tampon, on la pousse entre û et c, à une certaine distance de la colonne d’oxyde de cuivre rougie; enfin on replace en ab le tampon de cuivre oxydé, et on fixe le bouchon A, dans le tube duquel se loge le fil métallique fixé au tampon. On dirige aussitôt dans l’appareil un courant lent d’oxygène, qu’on maintiendra pendant toute l’opération. On chaulTe le tampon ab au rouge sombre, et on élève peu à peu la température de la nacelle, afin de décomposer lentement la substance organique.

ANALYSE QUANTITATIVE

L’oxygène entraîne doucement les vapeurs émises, el celles-ci se brûlent sur l’oxyde de cuivre qu’elles traversent de c en d. Dans les premiers temps, la quantité d’oxygène doit être insulTisante pour brûler les vapeurs combustibles; autrement, il pourrait se former un mélange détonnant et, l’analyse serait perdue. Pendant cette période, il snflit que le gaz, traversant très lentement le tampon ab, empécbe les vapeurs de rétrograder. Dès que les produits volatils émis par la substance sont devenus peu abondants, le courant gazeux peut être accéléré; l’oxygène intervient dès lors plus efficacement pour brûler le cbarbon resté dans la nacelle et réoxyder le cuivre réduit. Il importe que la nacelle ne repose pas di'‘ectement sur le verre du tube, et (jue quelques grains d’oxyde de cuivre soient interposés; on évite ainsi que du cbarbon, serré entre le tube et la natelle, échappe à la combustion. On termine, comme à l’ordinaire, en dirigeant dans l’appareil un courant d’air sec.

L’analyse étant achevée dans ces conditions, si l’on enlève les appareils d’absorption, le tube sc trouve tout préparé pour une deuxième combustion, que l’on fait comme la première, et (jui peut être suivie d’autres. 11 suffit, à chaque opération, de laisser refroidir la partie ac, el de garnir la nacelle d’une nouvelle prise d’essai. Avec du verre potassique de bonne qualité, que l’on entoure de clinquant dans la partie c^/, laquelle subit le plus constamment l’action du feu, el que l’on évite de cbautfer imililemenl au-dessus du rouge sombre, on peut, dans un même tube, faire un graml nombre de combustions.

1634. Influence des autres éléments sur le dosage du carbone et de l’hydrogène. — Tout corps minéral, capable d’être fixé par la ponce sulfuri((ue ou par la potasse, fausse les résultats du dosage du carbone el de l’hydrogène. C’est ainsi (lue les halogènes et le soufre agissent en formant des composés volatils, qui se combinent à la potasse; c’est ainsi encore que Tazote donne, dans certains cas, des vapeurs nitreuses que retiennent partiellement l’acide sulfuricfue et la potasse. Pour arrêter tous ces composés, ou opère dans des tubes à combustion |)lus longs que les précédents, et, entre la colonne d’oxyde de cuivre et l’orifice de sortie du tube, on introduit un tampon de cuivre métallique: celui-ci fixe à chaud les halogènes et le soufre pour former des sels de cuivre; en outre, il réduit les vapeurs nitreuses et les change en azote. Le tamjion de cuivre a été préalablement oxydé au rouge, pour brûleries matières organiques qui souillaient sa surface, puis réduit par Tliydrogène et refroidi dans Tazote sec.

Dans l’analyse des corps chlorés, bromés ou iodés, on mélange la substance à brûler avec du ebromate de plomb fondu el concassé, que Tou a desséché en le portant au rouge; ce réactif fixant les halogènes en même temps qu’il agit comme oxydant, diminue la quantité de chlore, de brome ou d’iode que le tampon de cuivre doit arrêter.

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