II. dosage de L’AZOTE
1635. Méthode de Dumas. — Dans cette méthode, qui est la plus générale, on mesure Tazote mis en liberté par la combustion de la matière organique.
On opère dans un tube semblable à ceux qui servent au dosage du carbone, mais un peu pins long (60 à 70 centimètres). On place au fond du tube une colonne de 12 à 15 centimètres de bicarbonate de soude, puis successivement un tampon d’amiante, un peu d’oxyde de cuivre, le mélange d’oxyde de cuivre et de matière à analyser, une colonne de 25 centimètres d’oxyde de cuivre pur, et enfin un tampon de cuivre réduit, préparé comme il a été dit (§ 1634). Le bicarbonate est destiné à fournir du gaz carbonique, et le cuivre à changer en azote les oxydes d’azote ((ui peuvent se former. Le tube
Fig. 264. — Dosage tic l’azote (inétliotle de Dumas).
à combustion T (lig. 364) est fermé par un bouchon de caoutchouc, portant un tube à trois branches ; l’une de ces branches mn, est à peu près verticale, a pins de (SO centimètres de longueur, se recourbe vers le bas à la façon d’un tube à dégagement, et plonge dans une petite cuve à mercure G. A la troisième branche s’adapte, par un Joint bien fermé, un robinet de verre R, mettant le tout en relation par un caoutchouc V avec un appareil à faire le vide. Le tube à combustion étant entouré de clinquant et disposé sur une grille à analyses, on expulse l’air qu’il renferme : dans ce but, on fait le vide, ce qui provoque l’ascension du mercure en nm, puis, fermant le robinet R, on chauffe pendant (juelques instants une faible partie du bicarbonate de soude : le gaz carbonique dégagé remjilit le système et s’échappe sur la cuve, entraînant devant lui l’air resté dans l’appareil. En répétant plu-
A N A L Y S E Q 1 1 A A r rr A ï I V E .
sieurs fois les mêmes prati((ues, aspirations et dégagements de gaz carboni(iue, on expulse la totalité de l’air, et on recueille alors dans une éprouvette, sur la cuve à mercure, un gaz complètement absorbable par la solution de potasse. On facilite l’opération en clianifant en même temps le tube dans les parties où il ne contient (|ue de l’oxyde de cuivre pur.
Les choses étant ainsi préparées, on dispose sur la cuve à mercure, audessus de l’orifice du long tube à dégagement, une éprouvette E, renversée, garnie de mercure, et contenant de la lessive de potasse (1)=1,38), puis on opère la combustion, en suivant la même marche (jue lorsqu’il s’agit d’un dosage de cai'bone (§ 1632), en se réglant sur le dégagement du gaz, mais en évitant de cliaulfer le bicarbonate de soude. Ce dernier, chauffé seulement (luand la combustion est terminée, fournit du gaz carbonique, qui chasse dans l’éiirouvette l’azote resté dans les tuhes. l.e gaz carbonitpie se dissout, par agitation avec la potasse, et le gaz recueilli est de l’azote pur, si l’opération a été bien conduite.
On transporte l’éprouvette sur une cuve à eau et ou la débouche pour faire sortir les li(|uides (lu’elle contient, lesquels sont remplacés par l’eau. On transvase le gaz dans une petite éprouvette graduée, et amenant en coïncidence les niveaux de l’eau dans l’éprouvette et dans la cuve, on mesure le volume V de l’azote. En même temps, on note la température t de la cuve et la hauteur barométriijue actuelle II.
l'arfois, malgré le tampon de cuivre, un peu de bioxyde d’azote échappe à la réduction. Lorsqu’on agite le gaz avec une solution de sulfate ferreux, celle-ci en brunissant dénonce la présence du bioxyde d’azote; en outre, la diminution du volume gazeux représente précisément le volume V de ce gaz:
AzO^ contenant la moitié de son volume d’azote, en retranchant -5 du volume total jnesuré d’ahord, on aura corrigé le résultat.
Appelons V' le volume du gaz sec, ramené à 0" et à la pression 0"’,760, et /" la
tension de la vapeurd’eau à la température t; la relation V' = q oo3677)
donne en centimètres cubes le volume d’azote contenu dans la prise d’essai. Pour avoir le poids de l’azote, il suffit de multiplier V' par le poids en grammes d’un centimètre cube d’azote à 0" et O™, 760, c’est-à-dire par 0,001263.
1636. Méthode de Dumas modifiée. — L’intervention d’un appareil à produire le vide complique beaucoup l’opération; or elle n’est pas indispensable, si l’on dégage une quantité de gaz carbonique pur, suffisante pour expulser du tube la totalité des autres gaz.
Pour la production du gaz carbonique, la substitution du carbonate de manganèse sec an bicarbonate de soude est avantageuse, le bicarbonate de soude fournissant de l’eau, qui fait parfois casser les tubes. Ou peut même, si l’on n’opère pas dans le vide, se servir d’un tube à combustion ouvert aux deux bouts, et y faire passer un courant de gaz carbonique, fourni par un appareil intermittent, et vérifié comme étant entièrement absorbable par la potasse : avant la combustion, on fait passer le gaz jusqu’à ce que, recueilli à l’autre extrémité de l’appareil, il soit de nouveau absorbable sans résidu; on fait de même après la combustion.
On peut recueillir l’azote sur une cuve à mercure ordinaire, dans une éprouvette garnie de potasse, et terminer comme il a été dit.
11 est plus commode cependant de le recevoir dans un appareil spécial (M. Dupré), tel que celui représenté dans la ligure 365. Le gaz sortant en T du tube à combustion arrive, en traversant un si|dion renversé m, contenant quelques gouttes de mercure, dans un réservoir cylindri(iue G, vertical, terminé à sa partie supérieure par un robinet de verre r débouchant dans une très petite cuve à eau E ; le réservoir G porte à sa partie inlérieure un ajutage par lequel il est mis en communication, an moyen d’un tube de caoutchouc cc', avec le bas d’un autre réservoir cylindrique R, ouvert par en haut dans
Fig. 365. — Apparcit pour recueillir Fazote.
l’atmosphère. Les dou.x cylindres sont portés sur des supports P et P', qui permettent de les li.ver à des hantours variables; on les a garnis préalablement déplus de solution de potasse qu’il n’en faut pour remplir l’un d’eux, et soulevant R, après avoir ouvert le robinet r, on a rempli G de potasse. Le gaz arrivant par m traverse cette potasse bulle à bulle, et s'accumule en haut de G, refoulant vers R le liquide qu’il déplace. A l’origine, on laisse échapper Pair par le robinet r, et on ne commence la combustion que lorsque le gaz carbonique qui arrive en G, après avoir balayé le tube, s’absorbe complètement. Après la combustion, on place sur la petite cuve à eau E, une cloche à gaz graduée, on élève sufüsammcnt le cylindre R, et on fait passer dans la cloche, en ouvrant r, la totalité de l’azote. On mesure ensuite ce dernier en transportant la cloche sur une cuve à eau ordinaire.
ANALYSE QUANTITATIVE
1037. Méthode de .MM. AVill et Warrentuapp. — Beaucoup (Je substances organiques azotées dégagent la totalité de leur azote sous l'orme d’ammoniaque, lorsqu’on les calcine avec des hydrates alcalins, ou mieux avec de la chaux sodée (§ 1174, note). La méthode rapide de dosage de l’azote, imaginée j)ar MM. Will et Warrenlrapp, et applicable seulement aux substances de ce genre, est basée sur le dosage de l’ammoniaque ainsi ])roduite.
On opère dans un tube de verre peu fusible .\B (fig. 300), analogue à celui employé dans les combustions, long de 50 à 00 centimôlres et scellé en A. Le remplissage de ce tube se lait audessus d’une leuille de climpuint ou de })apier noir glacé, en évitant toute perte et en se servant pour plus de commodité d’une main en cuivre (lig. 35 i-, § 1030). On a soin de ne pas tasser les matières en les versant dans le tube. Au fond de ce
dernier, en AB, on introduit un corps capable de dégager un gaz inerte, soit de l’oxalate de chaux sec et pur d’ammoniaque (M. Bonis), soit encore un mélange de 3 décigrammes de sucre avec 0 grammes de chaux sodée en poudre; on ajoute successivement dans le tube, une colonne BC (14 centimètres) de chaux sodée en grains, puis en CD, un mélange intime de la prise d’essai finement pulvérisée (3 décigrammes environ) avec 15 ou ;:^0 grammes de chaux sodée en poudre grossière, puis encore, en DL, la chaux sodée avec laquelle on a nettoyé soigneusement le mortier ayant servi au mélange; enfin, de E en G, on remplit le tube de chaux sodée en grains. On maintient cette dernière, j)ar un tampon d’amiante, à quelque distance de l’orifice 11, que l’on a essuyé avec soin. Après avoir entouré le tube de clinquant maintenu par des attaches de fil métallique, on le frappe à plat sur une table, pour former, au-dessus de son contenu jndvérisé, un canal que les gaz traverseront facilement, on l’installe sur une grille à analyses et on adapte à son orifice, par un bouchon percé, un laveur