C81. — ANALYSE UE L’URINE
directement avec une liqueur titrée d’urane (§ 1537), en opérant sur 50 centimètres cubes d’urine, additionnés de 5 centimètres cubes d’acétate de soude. Quand, au contraire, la coloration est trop marquée, il faut isoler d’abord 1 acide pbosphorique, sous forme de phosphate ammoniaco-magnésien (§ 1536), puis peser le pyrophosphale de magnésie que fournit celui-ci ou le titrer à l’urane 1538).
1682. Acide urique. — La présence de l’acide urique peut être caractérisée par la transformation de ce corps en murcxide. On évapore à sec une certaine (|uanlité d’urine, 20 ou 30 centimètres cubes, dans une capsule de porcelaine, on ajoute 12 à 15 gouttes d’acide azotique, puis autant d’eau, et on chauffe doucement. 11 se produit une réaction vive. On dessèche le produit uu bain-marie bouillant, en l’étalant sur les parois de la capsule: il devient jaune clair, puis rougit un peu, surtout si l’on chauffe ensuite avec précaution à feu nu pour chasser les dernières traces d’acide. On fait tomber sur les parois de la capsule encore chaude une goutte d’ammoniaque : on voit aussitôt se développer la belle coloration rouge violacée de la murexide.
Pour doser l’acide urique dans une urine, on opère sur 260 grammes de cette urine. On concentre le li(juide au bain-marie, pour le réduire au tiers de son volume primitif, on ajoute 6 grammes d’acide chlorhydrique pur et fumant, on mélange et on laisse refroidir. Après vingt-quatre heures, l’acide urique, mis en liberté par l’acide minéral, se dépose sous la forme d’une poussière cristalline, plus ou moins colorée. On décante le liquide sur un petit libre sans plis, desséché à 100” et pesé, puis on entraîne le précipité sur le filtre avec le moins d’eau froide possible, préalablement aiguisée d’un peu d’acide chlorhydrique. En terminant par un lavage à l’alcool, on débarrasse l’acide urique de la plus grande partie des matières colorantes, ainsi que de l’acide hippurique et de l’acide chlorhydrique qu’il retenait. On sèche le filtre cà 100'’ et on le pèse.
L’acide urique étant légèrement soluble dans l’eau, on corrige l’erreur due à cette propriété en ajoutant au poids trouvé 0''',0015 par 100 centimètres cubes de la totalité des liqueurs dont on l’a séparé.
i083. Albu.mine. — Pour reconnaître si une urine est albumineuse, on l’acidulc par un peu d’acide acétique, on la filtre s’il est nécessaire, et on en porte quelques centimètres cubes à l’ébullition dans un tube à essais. Vers 75% la coagulation de l’albumine commence ; elle est complète à 100". Si la liqueur reste limpide, il n’y a pas d’albumine.
Pour doser l’albumine, on acidulé IVancbement l’urine par quelques gouttes d’acide acétique, afin d’empêcher les phosphates terreux de se précipiter après l’expulsion par la chaleur de l’acide carbonique qui les dissout, et on la filtre. On opère sur des quan-
AN A LYSE Q ü ANT 1 T ATI VE .
lilés fortes ou faibles suivant que le coagulum a été très faible ou très fort lors de l’essai qualitatif; dans le second cas, on étend l’urine de son volume d’eau. Le plus souvent on mesure 100 centimètres cubes d’urine acidulée et fdtrée, et on les tient en ébullition pendant une minute, dans un vase à précipitations chaudes. On verse le produit sur un petit filtre sans plis, séché à 100“ et taré. On lave avec de l’eau distillée et on entraîne toute l’albumine sur le tiltre; enfin on lave le liltre et son contenu, d’abord à l’eau distillée, puis avec un peu d’alcool, qui enlève certaines . matières étrangères, insolubles dans l’eau. Le tilire étant égoutté, on le dé})ose pendant quelque temps sur un papier buvard, pour fessorei’, et on le sèche à l’étuve à 100% jusqu’à ce que, après refroidissement dans le vase à dessécher, il ne varie plus de poids. Le chiffre de la dernière pesée, diminué de la tare du liltre, donne le poids d’albumine contenu dans la prise d’essai. On ne doit jamais arriver à peser 1 gramme d’albumine; le coagulum serait alors trop volumineux et difficile à laver.
1084. Glucose. — La présence du glucose dans une urine se reconnaît aisément aumoyen du réactif cupro-potassique. L’urine essayée doit être fdtrée, si elle n’est pas absolument limpide. On chauffe dans un tube à essais 5 centimètres cubes environ de réactif, et on les maintient en ébullition pendant une minute; quand on a constaté ainsi que ce liquide ne se trouble pas et que, par conséquent, le réactif n’est pas altéré, on fait arriver à sa surface, en versant contre la paroi du tube, quelques gouttes d’urine : si cette dernière contient du glucose, il se forme au-dessus du réactif bleu et chaud une couche verdâtre, qui passe bientôt au jaune, puis au rouge. Si la réaction est négative, avant de déclarer le glucose absent, on ajoute encore un peu d’urine, et on chauffe la partie supérieure de la colonne liquide. Si, dans ces conditions, on n’observe aucune réduction, il n’y a pas de glucose dans l’urine.
Quant au dosage du glucose dans l’iirine au movcn du réactif cupro-potassique, on le pratique comme sur une solution aqueuse de glucose (§ 1051). Toutefois, pour avoir un résultat précis, il est nécessaire de ne pas opérer directement sur des urines trop fortement sucrées, contenant plus de 1 pour 100 de glucose, par exemple. Lu premier titrage ayant donné un résultat correspon-
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tlant à une proportion de glucose supérieure à celte limite, il faut étendre l’urine de 2 ou ‘1 fois son volume d’eau, et opérer le titrage avec la liqueur diluée.
1685. Acides et pigments biliaiues. — Les acides biliaires, l’acide clioliiiue etl’acide choléique, passent dans l’urine au cours de certaines affections. Ou les caractérise par la réaction colorée qu’ils donnent avec le sucre et l’acide sulfurique (M. Pettenkofer). On se sert d’une liqueur formée de 1 partie de sucre de canne et de i parties d’eau. Ouand, à une solution des acides biliaires, libres ousalitiés, on ajoute quebjues gouttes du liquide sucré précédent, puis la moitié ou les deux tiers de sou volume d’acide sulfuri([ue concentré et qu’on agite, il se développe une coloration rouge, qui passe bientôt au pourpre, l.a réaction ne se manifeste nettement que vers 60", température ([ue le mélange de l’acide sulfurique avec l’eau suflit d’ordinaire à produire; à une température plus élevée, le mélange brunit. Cette réaction n’est pas absolument propre aux acides de labile, mais les autres substances qui la donnent ne se rencontrent pas d’ordinaire dans les urines. D’autre part, elle est empêchée par les corps oxydants, ainsi que ])ar l’albumine; celte dernière doit donc être séparée préalablement, par coagulation à l’ébullition et filtration, si l’on veut agir directement sur l’urine, mode opératoire qui manque d’ailleurs de sensibilité.
Pour rechercher les acides biliaires dans l’urine par une méthode plus sensible qu’en traitant directement ce liquide, on évapore à sec 500 centimètres cubes d’urine, on reprend le résidu par l’alcool fort, qui laisse insoluble la plus grande partie des sels. On distille la liqueur alcoolique, et on éva|»ore de nouveau à sec au bain-marie, puis on reprend le produit solide jiar l’alcool absolu. Après avoir liltré et évaporé à siccité, on dissout le résidu de l’évaporation dans l’eau distillée. On précipite complètement la solution par le sous-acétate de plomb, mais en évitant un excès de précipitant ; il se sépare du cbolate et du eboléate de plomb avec d’autres produits. On recueille le précipité sur un filtre, on l’essore et on l’épuise par l'alcool bouillant, qui dissout seulement le cbolate et le eboléate de plomb. On ajoute à la liqueur alcoolique du carbonate de soude, qui sépare le plomb à l’état de carbonate, on évapore à siccité au bain-marie, et on reprend par un peu d’eau pour dissoudre le cbolate et le eboléate de soude. C’est sur la dernière liqueur ainsi obtenue que l’on cherche à produire la réaction caractéristique, par le sucre et l’acide sulfurique.
La réaction qui permet de reconnaître le plus commodément les matières colorantes de la bile, bilirubine, biliverdine, bilifuscine et biliprasine, est basée sur l’emploi de l’acide azotique chargé de vapeurs nitreuses (Gmelin). On place cet acide dans un verre à pied, et on fait arriver à la surface du réactif, en versant sur les parois du verre et sans mélanger, une couche de l’urine à essayer. Après quelques secondes, en présence des pigments biliaires, on observe une série de couches liquides, de colorations variées, qui se succèdent de haut en bas dans l’ordre suivant : vert, bleu, violet, rouge et jaune. Dientôt le mélange s’effectue et le phénomène disparaît. La
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formation de la couche verte et celle de la couche violette sont surtout caractéristiques.