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RÉFRIGÉRATION PAR LA FUSION

fluide élastique dans un lube traversant une caisse métallique allongée, à laquelle il est fixé aux deux bouts, par des bouchons s’engageant dans des tubulures. En remplissant la caisse avec le mélange réfrigérant, on abaisse la température du tube, et par suite celle de la vapeur ou du gaz qui le traverse. Comme il est souvent nécessaire de donner au tube une certaine inclinaison pour faire écouler les liquides condensés, on divise la caisse en plusieurs sections par des cloisons percées d’un trou que le tube traverse ; ces cloisons maintiennent la répartition régulière du mélange réfrigérant. Le môme appareil sert avantageusement pour refroidir avec de la glace. Lorsqu il fonctionne incliné, il ne se prête pas à l’usage des mélanges réfrigérants liquides.

On peut encore refroidir les gaz ou vapeurs avec un mélange réfrigérant ou même avec la glace seule, au moyen d’un tube recourbé en forme d’U. On plonge dans le mélange réfrigérant la partie inférieure de ce tube, que l’on fait traverser par le courant gazeux.

Toutefois cette disposition ne se prête guère à des réfrigérations qui entraînent une condensation un peu importante de liquide, ce dernier obstruant bientôt la courbure du tube. On modifie alors l’appareil : au sommet de la courbure du tube en U que l’on a choisi un peu large (fig. 83), est soudé un tube étroit np qui traverse le fond d’une cloche à douille contenant le mélange réfrigérant ; le liquide condensé se rend

par ce tube dans un vase m placé au-dessous ; ce dernier est lui-même maintenu froid, si la volatilité du liquide condensé

Fig. 83.

Tube en U employé comme réfrigérant.

exige.

140. Réfrigération par la volatilisation. — Lorsque les liquides volatils passent à l’élat de vapeur, ils absorbent une certaine quantité de chaleur qui devient latente. Quand, la pression restant invariable, on fournit au liquide qui s’évapore un nombre de calories suffisant, il entre en ébullition, la totalité de la chaleur qu’il reçoit est employée au changement d’état et sa température reste constante. Quand, au contraire, on ne met le liquide en relation avec aucune source de chaleur, mais qu’on provoque sa vaporisation par abaissement de la pression qu’il supporte, la chaleur rendue latente par le changement d’état, est prise au liquide lui-même et sa température s’abaisse.

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EMPLOI DE LA CHALEUR

Ces phénomènes sont très elTicaces comme moyens d’absorber de la chaleur. Aucun système, en ellèt, n’est susceptible de produire un relVoidissemenl comparable à celui d’une masse liquide qui se transforme intégralement en gaz. C’est ainsi que l’éther, par exemple, produit en se volatilisant une absorption de chaleur que le calcul indique comme capable d’abaisser sa température de 10^ degrés, le sulfure de carbone de 530 degrés, l’ammoniaque liquéliée de 400 degrés et le protoxyde d’azote liquéfié de 440 degrés (M. Jlcrthclot). Toutefois, comme le liquide se volatilise de plus en plus lentement à mesure qu’il se refroidit davantage, on ne saurait atteindre pratiquement de semblables abaissements, le milieu ambiant intervenant par une action contraire.

Ici encore, au point de vue de la quantité de chaleur absorbée, l’eau donne les résultats les plus avantageux, à cause de la valeur très considérable de sa chaleur latente de vaporisation. Celle-ci s’élève, en effet, à 530 calories, c’est-à-dire que i kilogramme d’eau à 100% absorbe en se vaporisant sans changer de température, une quantité de chaleur suffisante pour refroidir 5300 grammes d’eau de 100® à 0®. D’ailleurs le mouvement calorifique ainsi accompli, est utilisé dans une foule de circonstances. Tout le monde connaît, par exemple, l’action exercée par le contact d’une quantité d’eau relativement petite, avec un bloc de mêlai fortement chaiiHé. Toutefois cette action perd la })lusgrande partie de son efficacité, quand la température du bloc descend audessous du point d’ébullition du liquide, c’est-à-dire au-dessous de 100® à la pression ordinaire, la vaporisation devenant alors fort peu active. Dans tous les cas, elle ne permet pas d’atteindre des températures basses.

La réfrigération par évaporation sous la pression atmosphérique, est surtout réalisée avec des liquides communs et très volatils, possédant une tension de vapeur importante môme à basse température. Tels sont l’éther ordinaire, le sulfure de carbone, le chloroforme, etc. On peut produire avec eux, et mieux encore avec d’autres composés plus volatils, des températures très basses. On conçoit, en effet, qu’il suffira dechoisirun liquide dont le point d’ébullition soit situé au-dessous de la limite que l’on se propose d’atteindre, pour qu’en entourant le corps à refroidir de ce liquide, le résultat cherché ne larde pas à être obtenu.

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