BAIN D OR
Chlorure d'or 1 gramme.
Cyanure de potassium 10 —
Eau distillée 200 —
Le second perfectionnement porte sur remploi d'un appareil composé, c'est-à-dire sur l'emploi d'une pile extérieure au bain. Comme premier avantage, cette disposition offre celui de supprimer le diaphragme poreux, et d'éviter ainsi les fâcheux effets de l'endosmose. Mais elle permet, en outre, de régler le courant, de graduer son action, et de lui donner l'énergie nécessaire pour former un dépôt d'épaisseur convenable.
M. Roseleur a signalé une disposition ingénieuse qui permet à l'opération de se limiter elle-même d'une façon en quelque sorte . automatique. A l'une des extrémités d'un fléau de balance se trouvent suspendues, plongeant dans le bain de dorure, les pièces diverses qu'il s'agit de dorer. On en fait la tare à l'aide de grenaille placée dans l'autre bassin, et on ajoute ensuite dans le même bassin des poids marqués représentant la quantité pondérale d'or que l'on veut déposer sur les pièces. Tant que cette quantité n'est pas atteinte, le fléau conserve sa position, le courant passe et la décomposition se poursuit. Mais dès qu'elle est dépassée, le fléau s'incline en sens contraire et produit une interruption qui arrête toute action électrolytique et, par suite, tout dépôt ultérieur.
Les deux perfectionnements que nous venons de signaler résument la disposition aujourd'hui en usage dans les procédés de l'argenture et de la dorure. Nous allons décrire le mode opératoire, tel qu'il est pratiqué dans le cours des manipulations de l'École.
Mode opératoire. — 1* Chauffer la pièce, ordinairement en cuivre, qu'il s'agit d'argenter ou de dorer, afin d'enlever la matière grasse qu'elle peut retenir à sa surface. Cette opération s'appelle le recuit.
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2* Plonger la pièce encore chaude dans un bain d'acide sulfurique au dixième, afin d'enlever la couche de protoxyde et de bîoxyde de cuivre qui s'est formée pendant l'opération du recuit, La maintenir ainsi pendant un quart d'heure ; puis la frotter avec une brosse dure ; la laver à l'eau distillée Bt la faire sécher dans la sciure de bois légèrement chauffée. Cette seconde opération est le dérochage.
3" La pièce présentant encore des taches irisées, la plonger dans un nouveau bain fait de parties égales d'acide nitrique et d'acide sulfurique. Au sortir de ce second bain, la plonger dans un troisième composé d'acide nitrique, dans lequel on a mis un peu de chlorure de sodium, et enfin la laver parfaitement à l'eau distillée. Cette troisième série d'opérations constitue le décapage.
A"* Suspendre la pièce ainsi préparée à l'électrode négative d'une pile formée de deux éléments de Bunsen pour le bain d'argent, et de quatre éléments pour le bain d'or (4). Suspendre à l'électrode positive de la même pile une lame d'or ou d'argent, destinée à entretenir à un élat de concentration constant le liquide soumis à l'électrolyse.
5* Placer une grande capsule en porcelaine sur un bec de gaz de Bunsen. Y introduire la solution d'or ou d'argent sur laquelle on doit opérer, et, quand on a élevé la température à 60% faire plonger dans cette solution les deux électrodes positive et négative dont il vient d'être question.
L'action électrochimique s'établit aussitôt; les deux éléments du cyanure sont désunis et transportés à leurs pôles respectifs. L'or se rend au pôle négatif, où il rencontre l'objet à dorer qu'il recouvre d'un dépôt régulier et uniforme ; le cyanogène se porte au pôle positif, ou il rencontre la lame d'or avec laquelle il se combine pour régénérer du cyanure d'or en quantité précisément égale à celle qui a été détruite par le courant. Ainsi le titre de la solution demeure invariable, ce qui est une condition essentielle pour le succès de l'opération.
Les phénomènes sont tout à fait analogues avec le bain d'argent.
6"* Lorsque la couche d'or ou d'argent a reçu une épaisseur sufii-
(1) Celte différence tient à ce que Fargent offre beaucoup moins de résistance que l*or au passage du courant.