MESURE DE L'ANGLE DE DÉVIATION MINIMUM
On reçoit dans la lunette oculaire le faisceau ainsi réfracté, et Ton note le nombre de degrés dont cette lunette s'est déplacée sur le limbe du cercle. Elle était primitivement en S', dans le prolongement exact de S; elle est maintenant en H. La déviation minimum est donc exprimée par l'angle HKS', ou par le nombre de degrés que cet angle intercepte.
FiG. 184. — Construction théorique pour la mesure de Fangle de déviation
minimum.
Procédé opératoire. — 1* La matière solide et transparente étant taillée en forme de prisme triangulaire, déterminer, comme il a été dit dans la précédente manipulation, l'angle réfringent de ce prisme (1).
2° Faire mouvoir la lunette oculaire de façon que le 0' de son vernier coïncide avec le 0" de la graduation du cercle ; la fixer en ce point.
3* Amener la lunette objective en regard de la lunette oculaire, et la fixer elle-même dans la position qu'elle occupe, lorsque sa mire, vivement éclairée, se trouve partagée en son milieu par le fil vertical de l'oculaire.
(1) Nous répétons ici que, par angle réfringetU d'un prisme, il faut entendre celui qui se trouve intercepté par les deux faces que ron se propose de choisir comme faces d*entrée et de sortie de la lumière.
iZS ^ MESURE DES INDICES DE RÉF11AGTI0I7. '
Les deux lunettes sont alors dans le prolongement l'une de l'autre, et leurs axes se confondent. Il est inutile d'ajouter que chaque observateur doit régler l'appareil suivant sa vue propre^ afin d'obtenir une vision parfaitement nette et distincte.
4* Placer le prisme verticalement sur la petite plate-forme qui est destinée à le recevoir, et lui donner une position telle que, le rayon lumineux entrant par une des faces de l'angle que l'on a mesuré, puisse sortir par l'autre face du même angle en donnant un spectre. Faire marcher progressivement la* lunette vers la base du prisme, jusqu'à ce que son axe se trouve dans la direction du faisceau émergent, et que l'œil, appliqué derrière cette lunette, aperçoive nettement les rayons colorés qui le composent.
5^ Faire mouvoir la plate-forme et le prisme qu'elle supporte, de manière à diminuer graduellement l'inclinaison de la face d'entrée par rapport au faisceau de lumière qui la pénètre. On voit alors le faisceau émergent se déplacer et se rapprocher de plus en plus du faisceau incident. Bientôt il devient stationnaire, quoique le mouvement du prisme se continue dans le même sens ; puis il revient sur lui-même, et s'écarte de plus en plus de la direction vers laquelle il paraissait tendre.
On saisit le moment où la déviation est à son minimum ; on reçoit alors le faisceau émergent dans la lunette oculaire, et Ton note le degré du cercle aiiquel correspond le 0* de son vernier, lorsque le fil vertical coïncide avec le rayon vert du spectre (l). Ce degré exprime l'angle de déviation minimum de la matière essayée.
La connaissance de cet angle, combinée avec celle de l'angle réfringent du prisme, suffit à la détermination de l'indice de réfraction de la substance; car, en représentant par d le premier de ces angles, et par g le second, on a :
sm I \ 2 /
sinR
sm
n étant l'indice de réfraction du milieu sur lequel on opère.
(1) Lor8qa*on se sert, comme source de lumière, d'une lampe à alcool salé, le spectre se trouve réduit à une raie jaune brillante qui correspond à la raie D du spectre solaire. On a ainsi un point de repère beaucoup plus certain, surtout quand le pouvoir dis*