‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 126 sur 299 · INFUIENGE DE LA TEMPÉRATURE · texte numérisé non relu

INFUIENGE DE LA TEMPÉRATURE

Utilité de la mesure des indices de réfraction. — La mesure des indices de réfraction des milieux transparents solides ou liquides est importante à plus d'un titre :

Elle fournit un des caractères les plus précieux que l'on puisse invoquer pour constater la nature et Tidentité des diverses substances solides ou liquides. Chacune d'elles possède, à Tégard du rayon de lumière qui la pénètre, une propriété caractéristique et spéciale qui fait qu'elle agit sur lui avec plus ou moins d'énergie, et qu'elle le dévie plus ou moins de sa direction. Le pharmacien a donc un intérêt réel à déterminer cette valeur des indices de réfraction, d'autant plus qu'en suivant le procédé qui vient d'être décrit, il peut le faire d'une manière facile, rapide, et avec une exactitude telle, que l'erreur, quand elle a lieu, atteint tout au plus le chiffre qui exprime la troisième décimale.

Elle peimet encore de distinguer des substances que la similitude de leurs autres caractères pourrait faire confondre, et de découvrir des mélanges frauduleux dont l'analyse par les moyens chimiques serait difficile à effectuer.

J'ai donné, d'ailleurs, un aperçu des avantages que l'on peut tirer de la mesure des indices de réfraction dans un mémoire intitulé : Application de la physique à la solution de quelques problèmes de chimie et de pharmacie. Ce mémoire a été publié en 1861 , dans le Journal de pharmacie et de chimie^ 3" série, XL, 5.

Enfin, la mesure des indices de réfraction permet de faire l'analyse quantitative d'un mélange de deux liquides qui ne se com^ binent pas, pourvu que l'on connaisse le changement de volume qui survient au moment de leur mélange. La marche à suivre, en pareil cas, est simple. Elle doit iiûre l'objet d'une manipulation spéciale placée à la suite de celle-ci.

Influence de la température sur la valeur des indices de réfraction, — Lorsqu'oa détermine l'indice de réfraction d'un liquide à des températures différentes, on constate que cet indice diminue à mesure que la température s'élève. Comme la chaleur a pour effet de dilater le liquide, et par conséquent de diminuer sa densité, on a pensé pouvoir établir en règle que les corps î'éfractent la lumière avec d'autant plus de puissance que leur densité est plus considérable.

i42 MESURE DES INDICES DE RÉFRACTION.

Cette proposition, ainsi énoncée, est trop absolue. Tout ce qu'on peut établir, comme résultat d'expérience, c'est qu'un même corps réfracte de moins en moins la lumière, à mesure qu'il est plus dikôé par la chaleur. Mais on ne peut étendre l'influence de la densité aux corps de nature différente, etdire, comme chose démontrée, qu'un rayon de lumière qui passe d'un milieu moins dense dans un milieu plus dense^ se rapproche de la normale. L'alcool, l'éther, les huiles fixes et volatiles, ont un indice de réfraction qui surpasse de beaucoup celui de l'eau , bien que leur densité soit moindre que celle qui appartient à ce liquide. Il en est de même du sulfure de carbone comparé au chloroforme, et de beaucoup d'autres exemples analogues que l'on pourrait citer. En sorte que, si la densité a une influence réelle sur l'indice de réfraction des différents coiTps, elle n'est pas seule à régir cette propriété importante qui paraît dépendre dans ime certaine mesure de la nature plus ou. moins combustible des éléments dont ils sont formés.

PonnéMi d'ne expérience praiiqaée sar «■ prlime 4e ci-ewit-sl—i .

Soient :

g angle réfringent du prisme ii^AS'

d.,,, angle de déviation minimum rapporté à la

raie D et à -h 15» 26«28'

n — indice de réfraction du crown pour la raie

D et pour + 15»

On a, d'après ce cpii a été dit précédemment :

fd+g\

sini-^, 5i„ 35o3g-

sm(-l-)

Ce nombre est précisément celui qui est inscrit au tableau, comme exprimant l'indice de réfraction du crown, rapporté à la raie D . C^est qu*en effet le procédé comporte une exactitude telle que Terreur, quand elle existe, atteint rarement le chiffre des millièmes.

•eimées d'une expérience prallipiée mir l'eau disiniée à -(- i(l«.

Soient :

g..,, angle réfringent du prisme à liquide. ,^.., 52» 36'

APPLICATION DES INDICES DE RÉFRACTION. i48

</.... angle de déviation minimum rapporté à la

raie D 19<»45'

n. . . . indice de réfraction rapporté à la raie D...

On a, pour la valeur de Findice n :

^ sin36Mœ , ^^^

Ce chiffre 1,332 est celui que le tableau indique comme exprimant Tindiee de réfraction de Teau distillée pour la température de 4- 20<*, et il indique 1,333 pour la température de -|- 10°. La température a, comme on voit, trèspeu d'influence, ce qui tient à ce que le coefficient de dilatation de Teau est très-faible. Le pouvoir dispersif de l'eau est lui-même très-peu marqué : aussi y a-t-il très-peu de différence entre l'indice déterminé pour la raie D et l'indice déterminé pour le milieu du vert. Ce dernier, dans l'expérience qui précède, a été trouvé égal à 1,333, chiffre très-voisin de 1,332.

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