DOSAGE DIRECT DU SUCRE DE CANNE
raijalyseur au moyen d'un boulon disposé à cet effet, jusqu'à ce que l'on cesse d'apercevoir une différence de coloration entre les deux moitiés du disque. On fait ensuite mouvoir la virole du producteur des teintes sensibles de manière à donner aux deux moitiés de la lame biquartz la teinte gris de lin que nous avons désignée sous le nom de teinte de passage ou de teinte sensible (1) ; c'est dans celte teinte en effet que la plus légère différence devient perceptible, et par un léger mouvement de l'analyseur on finit par obtenir l'égalité la plus parfaite dans les nuances présentées par les deux moitiés de la lame biquartz.
L'appareil étant ainsi réglé, on procède aux opérations suivantes :
1* Après avoir pulvérisé dans un mortier bieii propre et bien sec une certaine quantité de sucre candi, lui-même parfaitement sec, on en pèse 16^,471 que l'on introduit sans perte aucune dans un petit vase jaugé de 400 centimètres cubes (2). On verse d'abord dans le petit vase assez d'eau distillée froide pour obtenir la dissolution complète du sucre ; puis on ajoute à cette dissolution la quantité d'eau nécessaire pour former trèsexactement 100 centimètres cubes de liqueur totale.
(1) L'indication de la teinte sensible revient si souvent dans l'emploi du saccharimètre, que nous croyons utile de donner à cet égard quelques renseignements.
Quand on analyse, avec un prisme biréfringent, la lumière polarisée qui a traversé un quartz dont l'épaisseur varie entre 0 et 5 millimètres, ou une matière dont l'activité est comprise dans les mêmes limites, il n'y a qu'une seule lumtère simple éteinte à la fois dans rimage extraordinaire. Quand c'est la lumière jaune qui est éteinte, les lumières qui restent étant les moins vives, l'image prend une intensité minimum coi^ respondant à une teinte commune gris de lin ; et si l'on déplace très-peu l'analyseur, soit vers la droite, soit vers la gauche, cette teinte se modifie très-rapidement, soit pour devenir rouge, soit pour devenir bleue. Biot l'a nommée teinte seiuible^ en raison môme de la facilité avec laquelle elle se modifie pour un très-petit déplacement de l'analyseur.
La déviation, mesurée par l'apparition de la teinte sensible dans l'image extraordinaire, correspond précisément à la déviation mesurée par l'apparition de la lumière jaune dans l'image ordinaire. Il en résulte que dans l'étude des propriétés optique^ d'une substance active, on peut connaître le pouvoir rotatoire rapporté au rayon jaune sans être astreint à employer une lumière simple. £n opérant avec la lumière blanche ordinaire, il suffit de tourner l'analyseur jusqu'à ce que la teinte sensible apparaisse dans l'image extraordinaire. Si, en tom*nant l'analyseur à droite, la teinte passe au rouge, la substance est dextrogyre ; elle est lévogyre si la teinte vire au bleu.
(S) Plusieurs communications récentes tendent à montrer que le chifire 16"',471 est trop élevé et doit être remplacé par le chiffre 16"',19, le sucre qui a servi à l'établir n'ayant pas le degré de pureté qu'on avait cru pouvoir lui attribuer. La différence est toutefois assez petite, et on ne commet pas une erreur bien grave en adoptant le résultat qui a servi de base à la table de Clerget.