CLVRAGTËRES DES URINES SUCRÉES
Le sucre qui est versé dans le sang, soit par ralimentation, soit par ia fonction glycogénique de certains organes, et en particulier du foie , est ordinairement brûlé dans Torganisme , et transformé complètement en« acide carbonique et en eau. Il en résulte qu'à Télat normal, on n'en retrouve pas dans l'urine. Cependant, quand le sucre abonde dans le sang, quand sa proportion excède, par exemple , les trois centièmes du résidu sec fourni par ce liquide, la combustion devient incomplète, et la partie du sucre qui n'a pas été brûlé est éliminée par Içs reins.
Ici, toutefois, vient se placer une observation importante. Quelle que soit la nature du sucre introduit dans l'économie, qu'il soit à l'état de sucre de canne, de sucre interverti ou de toute autre espèce de sucre, on le retrouve toujours dans l'urine à l'état de glucose dextrogyre à pouvoir rotatoire + 5S^ Ce fait est digne de remarque ; car, lorsque le sucre de canne est soumis, dans nos expériences, à l'action d'un acide ou du ferment glucosique de la levure de bière, il se transforme, non pas^n glucose dextrogyre, mais en glucose lévogyre à pouvoir rotatoire — 26» 5.
L'observation optique a établi que la matière sucrée, qui existe dans l'urine des diabétiques, dévie le plan de polarisation de la lumière comme le sucre de fécule, et que son pouvoir rotatoire, rapporté au rayon jaune, doit être représenté, comme pour cette dernière substance, par le chiffre [«] j= + 53».
Caractères des urines sucrées. — L'urine des diabétiques est ordinairement d'un jaune paille-pâle. Elle a une saveur sucrée, et une odeur qui se rapproche de celle du petit lait.
Sa densité est variable, mais, en général, supérieure à celle de l'urine normale. Tandis que celle-ci est représentée en moyenne par le chiffre 1,018, et excède rarement 1,025, l'urine des diabétiques, au contraire, possède, malgré son abondance ordinaire, une densité qui peut aller jusqu'à 1,050, et même au delà. Il résulte d'expériences faites en Angleterre par M. Henry, que la densité d'une urine peut, jusqu'à un certain point, donner l'indication de sa richesse en sucre. Si l'on suppose, en effet, une urine de cette espèce, contenant 4S^',55 de résidu sec par litre, et ayant