‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 210 sur 299 · QUARANTIÈME MANIPULATION · texte numérisé non relu

QUARANTIÈME MANIPULATION

Observer à Vaide du spectroscope les rates correspondant aux divers métaux alcalins ou terreux que Von plonge successivement dans une flamme. En faire Vapplication à l'analyse chimique d'un résidu salin. Déterminer la nature d'une maiière colorante d'après les bandes d'absorption qu'elle produit dam l'étendue du spectre.

Description du spectroscope. — Le spectroscope est, ainsi que nous l'avons dit, l'appareil au moyen duquel on pratique l'analyse spectrale. La figure 246 le représente en coupe, afin de mettre mieux en évidence les différentes parties qui le composent. On y voit successivement :

!• Une mire M, au-devant de laquelle on place une source lumineuse.

si l'on vient à interposer divers composés niétaUiqucs dans la flamme qui produit o* dernier spectre, il est facile de voir que les raies brillantes qui apparaissent coïncideat souvent et d'une manière très-exacte avec certaines raies noires du spectre solaire. D*où l'on peut conclure que c'est à la vapeur de ces métaux qu'est due l'absorption produite par l'atmosphère solaire sur la lumière continue qui émane du noyau incandescent.

Les observations faites jusqu'à ce jour conduisent à admettre qu'il y a dans l'atmosphère du soleil les substances suivantes : potassiuniy sodium^ calctum, barium' magnésium^ «ne, fer, chrome, cobali, nickel, aiivre.

Tout récemment, en faisant l'étude spectrale des protubérances du soleil, on a reconnu qu'elles donnaient lieu à un spectre discontinu, ce'qui établit leur nature gazeuse. On a trouvé de plus que trois des raies observées sont précisément ceUes de l'h;drogène, ce qui donne une certaine consistance à Thypothèse que ce gaz entre dao» la composition des protubérances de l'atmosphère solaire.

2* Une lentille, ou un système de deux lentilles i, V qui convertit en rayons parallèles les rayons divergents envoyés par la mire.

S*» Un prisme très-pur ahc^ placé invariablement dans la position de la déviation minimum par rapport aux rayons qui viennent frapper sa surface.

it" Une lentille V qui reçoit le faisceau de lumière décomposée, et qui donne à son foyer une image du spectre.

5° Une loupe L, ou une petite lunette de Galilée qui permet à l'observateur de se mettre au point et d'observer nettement cette image.

Cette disposition d'appareil est exactement celle que nous avons

FiG. 2^. — Spectroscope vu en coupe.

donnée au goniomètre de Babinet lorsque nous nous sommes occupé de déterminer l'indice de réfraction des milieux transparents. Voici maintenant où est la différence :

Indépendamment des cinq pièces précédentes qui composent ce qu'on peut appeler V appareil de réfraction^ puisque la lumière qu'elles transmettent traverse le prisme et s'y décompose, il y a deux autres pièces qui constituent ce qu'on peut appeler l'appareil de réflexion, parce que la lumière qui est transmise par ces deux pièces se réfléchit à la surface du prisme comme sur un miroir sans y subir de décomposition. Voici quelles sont ces deux pièces :

l*» Un micromètre m finement travaillé, présentant un grand nombre de divisions parfaitement équidistantes et numérotées.

î2" Une lentille ou un système de deux lentilles n, n' placé de manière à donner une image grossie du micromètre m. Celte image, par suite de la réflexion qui s'opère sur le prisme, est renvoyée dans la direction même du tube oculaire de l'appareil de réfraction, et l'on peut d'ailleurs, à l'aide d'un boulon mobile, la faire concourir au même poinl exactement que l'image du spectre (4).

FiG. ^7. — Spcctroscope de MM. Bunsen et KirchofT.

Telles sont les pièces qui composent le spectroscope de MM. Bun- - sen et Kirchoff. La figure 247 représente l'appareil tout monté, vu en perspective et prêt pour l'observation. La mire lumineuse, disposée sous forme d'une fente verticale que l'on peut rendre plus ou moins large, est en L. En P se trouve le prisme en flint très-pur, installé verticalement dans la position de la déviation minimum. Le

(1) Le micromèlrc est encore susceptible de deux autres mouvements qui peuvent lui être communiqués à l'aide de deux autres boutons mobiles : !<> on peut rélever ou l'abaisser de manière à lui faire occuper lu partie haute ou la partie basse du spectre. 2* On peut, tout en le maintenant à la même hauteur, le porter à droite ou à gauche de manière à faire coïncider son point 100^ avec telle ou telle raie du spectre solaire. On choisit habituellement une raie très-apparente qui se trouve dans le jaune, et qu'on appelle la raie D.

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