‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 209 sur 299 · PRINCIPES SUR LESQUELS REPOSE LE SPECTROSCOPE · texte numérisé non relu

PRINCIPES SUR LESQUELS REPOSE LE SPECTROSCOPE

1* Que le spectre fourni par ces flammes artificielles est continu (1) et qu'on n'y rencontre aucune des bandes obscures pré- .sentées par le spectre solaire.

± Que l'interposition de vapeurs métalliques dans l'une ou l'autre de ces flammes fait immédiatement apparaître des raies semblables à celles du spectre solaire, mais brillantes au lieu d'être obscures.

3' Que les raies qui apparaissent ainsi varient en nombre et en position selon la nature des métaux interposés, et qu'elles deviennent par cela même caractéristiques de la présence de ces métaux.

4** Qu'enfin on peut convertir ces raies brillantes en raies obscures entièrement semblables à celles du spectre solaire, en faisant jaillir devant la flamme qui les a produites une autre flamme à spectre continu, d'une intensité beaucoup plus considérable (2).

C'est sur ces diverses observations qu'est fondé le principe du nouveau procédé d'analyse auquel on a donné le nom ^'analyse spectrale, et on appelle spectroscope l'appareil au moyen duquel on pratique les observations.

La cinquième section consacrée à l'analyse spectrale comprendra

(1) La continuité des spectres que l'on obtient avec la flamme d'une bougie, d'une lampe ou d'un bec de gaz tient en réalité aux particules de charbon contenues dans la flamme, et qui donnent le spectre du charbon incandescent. Dans le cas d'un bec de Bunsen brûlant à blanc avec excès d'air, la flamme ne renfermant plus de carbone interposé, le spectre est discontinu comme celui des gaz incandescents; mais l'éclat de ce spectre est si faible, qu'on ne peut distinguer qu'avec peine les raies qui s'y trouvent contenues.

(2) La cause de cet effet singulier est dans la proportionnalité des deux pouvoirs émtsxi/*et absorbant. Une flamme qui donne des raies brillantes est une flamme qui émet en abondance les rayons correspondant à ces raies, et elle devient dès lors capable d'absorber les rayons de même réfrangibilité qui lui arrivent d'une autre source. On s'explique dès lors facilement les raies noires du spectre solaire.

Supposons que le noyau de cet astre soit formé par un solide incandescent à lumière •continue, et que la photosphère qui enveloppe ce noyau soit au contraire constituée par une masse gazeuse renfermant des vapeurs très-diverses et donnant par conséquent un spectre sillonné d'une multitude de raies brillantes. Comme la première lumière ne peut nous parvenir qu'après avoir traversé la seconde, elle doit se trouver absorbée dans toutes les parties qui correspondent aux bandes d'émission de la photosphère, et Tefliet de cette absorption doit être de changer en raies obscures les raies lumineuses que celle-ci renfermait originairement.

Lorsqu'on reçoit sur un même prisme deux faisceaux de lumière parallèles, venant Tun du soleil et l'autre d'un bec de gaz ordinaire, on obtient deux spectres superposés : l'un, sillonné d'une multitude de raies noires, c'est celui qui correspond à la lumière solaire; l'autre, continu, c'est celui qui correspond à la lumière artificielle. Or

une manipulation détaillée dans laquelle se trouveront exposés la description, le mode d'emploi et les applications pratiques duspertroscope. Nous y joindrons quelques renseignements sur les bandefi d'absorption qui se rattachent au même sujet, et qui ont aujourd'hui une très-grande importance par les caractères précieux qu'elles fournissent sur la nature de certains liquides et en particulier sur la nature du sang.

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