NATURE DES DIVERSES FLAMMES
le spectre en parties équidistantes et numérotées. Il suflit donc de regarder pour savoir quelle est la place occupée par telle ou telle couleur, par telle ou telle raie du spectre.
Toutefois, ces couleurs et ces raies sont très-différentes, selon la source de lumière qui traverse le prisme :
1* Avec la lumière solaire, les couleurs sont très-vives, et le spectre est sillonné par une multitude de raies obscures. Il en est de même tout naturellement de^ la lumière qui nous vient de la lune et des autres planètes, puisque ces corps ne font que réfléchir La lumière solaire.
2** Avec les solides et les liquides incandescents, tels qu'un boulet rouge ou un bain métallique en fusion, le spectre est tout à fait continu, c'est-à-dire qu'il renferme les rayons lumineux de toutes les réfrangibilités, depuis l'extrême rouge jusqu'à l'extrême violet.
3* Au contraire, les gaz incandescents, tels que les flammes dans lesquelles ne se trouve en suspension aucune particule solide ou liquide, donnent un spectre discontinu et formé d'un nombre limité de bandes lumineuses.
D'après cela, la flamme d'un bec de gaz dans lequel on fait arriver un excès d'air devrait donner un spectre sillonné de raies : c'est, eri effet, ce qu'on peut observer quand on examine ce spectre avec beaucoup d'attention. Mais la flamme que produit un pareil bee est si faible et si peu lumineuse que les bandes qu'elle renferme deviennent imperceptibles, et que le spectre paraît continu.
Avec la flamme d'une bougie , d'une lampe ou d'un bec de gaz dans lequel l'air n'arrive pas en excès, la lumière plus éclairante ne présente, en réalité, aucune raie. Mais la continuité, qui s'observe en pareil cas, tient, ainsi que nous l'avons déjà dit, aux particules solides contenues dans la flamme, lesquelles font rentrer le spectre observé dans le cas des spectres fournis par les solides incandescents.
iP Le spectre de l'axe voltaïque est formé par un grand nombre de bandes brillantes auxquelles viennent s'ajouter celles qui caractérisent la nature chimique des électrodes. Ce dernier effet ne peut toutefois se produire qu'autant que la matière qui constitue les électrodes est susceptible de se volatiliser sous l'action de la chaleur développée dans l'arc électrique.