‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 213 sur 299 · MODE D'EMPLOI DU SPECTROSCOPE · texte numérisé non relu

MODE D'EMPLOI DU SPECTROSCOPE

Mode opératoire. — Étant donnée une flamme à spectre continu dont l'intensité lumineuse soit très-faible, comme par exemple la flamme calorifique d'un bec de Bunsen brûlant avec excès d'air, si l'on vient à introduire dans cette flamme certaines substances, certains sels appartenant aux métaux les plus volatils, tels que les métaux alcalins ou terreux, on voit apparaître, à l'instant même, des raies brillantes, qui sont toujours les mêmes pour les mêmes métaux, et qui deviennent ainsi caractéristiques de leur présence. La manière habituelle de pratiquer l'opération consiste à former des dissolutions métalliques, à y plonger l'extrémité d'un fil de platine, tournée en boucle, et à porter cette boucle de platine au milieu de la flamme de Bunsen. L'eau s'évapore immédiatement, le sel se vaporise à son tour, et Ton voit naître dans le spectre les raies qui caractérisent la substance volatilisée (1).

Pour donner une idée des modifications très-divei'ses auxquelles donne lieu l'interposition des vapeurs métalliques dans la flamme d'un bec de Bunsen , nous avons cru devoir présenter comparativement avec le spectre solaire, et parallèlement à sa direction, les trois spectres fournis par le potassium, le sodium et le thallium.

La figure i de la planche I représente le spectre solaire avec le -détail de ses couleurs et l'indication des principales raies noires qui le sillonnent. Celles-ci sont marquées par les huit premières lettres de l'alphabet.

La ligure 2 de la planche I représente l'apparence que prend le spectre continu d'un bec de Bunsen, quand on interpose dans la

(i) Cette manière de procéder n*e»t pas sans inconvénient. La solution, au moment •où elle pénètre dans la flamme, est projetée de toute part, en sorte que le bec de Bunsen et la fente du spectroscope sont bientôt envahis par une masse de résidu salin qui détériore les appareils et nuit à la netteté de Tobservatinn.

M. Duboscq a imaginé un appareil formé de plusieurs tubes de verre dans lesquels •on introduit les solutions à essayer. La source de lumière est rétincelle d*une bobine d'induction alimentée par trois ou quatre éléments de Bunsen. Les deux fils entre les- ■qucls rétincelle doit jaillir sont disposés de la manière suivante : l*un, le fll positif, •st soudé au fond du tube, traverse la colonne liquide, et s'arrête à une très*petiLe distance au-dessous de son niveau; l'autre, le fîl négatif, arrive par la partie supérieure, traverse l'atmosphère du tube, et s'arrête en regard du premier fil, à une distance de 3 ou 4 millimètres au-dessus du niveau de la solution.

L'étincelle, en jaillissant, volatilise l'eau et la substance dissoute, en sorte que le spectre qu'elle produit est sillonné par les raies caractéristiques de cette substance.

Ce petit appareil évite toute projection de liquide sur le spectroscope ; mais il est assez difficile de graduer Fintensite électrique, de manière à obtenir des bandes lumineuses très-nettes et très-apparontes.

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