‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 233 sur 299 · VIRAGE DE L'ÉPREUVE · texte numérisé non relu

VIRAGE DE L'ÉPREUVE

reçoit cette action dans tous les points qui ne sont pas interceptés par les noirs du cliché. On prolonge l'exposition jusqu'à ce que répreuve ait acquis la teinte et l'intensité nécessaires.

Le temps que ce résultat exige varie nécessairement selon que la lumière est plus ou moins vive (1).

5° Virage de Vépreuve, — Extraire l'épreuve du châssis. La plonger pendant quelques minutes dans l'eau distillée et l'y retourner plusieurs fois pour favoriser l'imbibition du papier et la dissolution du nitrate d'argent qu'il contient. La soumettre ensuite à un lavage sous un filet d'eau jusqu'à ce que le liquide qui provient de ce lavage ne donne plus le moindre trouble par les chlorures alcalins.

La plonger alors dans un bain de virage ainsi composé :

Chlorure d'or 1 gramme.

Phosphate de soude cristallisé 20 grammes

Eau distillée iOOO — (2)

Introduire dans une petite auge en porcelaine la quantité de ce liquide qui est nécessaire pour l'immersion complète de l'épreuve.

devient successivement bleu pâle, bleu pourpre, pourpre foncé, noir, noir gris métallisé, olive.

On ouvre de temps "à autre une des moitiés du châssis pour juger de la nuance que présente Tépreuve. U est nécessaire que la teinte à laquelle on s'arrête soit plus foncée que celle qu'on veut obtenir ; car elle diminue par les traitements successifs auxquels elle est soumise, et le fixateur surtout lui enlève beaucoup de sa puissance.

(1) L'exposition à la lumière donne lieu à deux remarques pratiques très-importantes :

!• Si le cliché que l'on emploie à la préparation du positif sur papier est récemment verni, il faut, de toute nécessité, opérer à la lumière diffuse. La chaleur des rayons solaires aurait pour effet de ramollir les vernis et d'établir une adhérence fâcheuse entre les deux épreuves.

^ Le papier sensible que l'on applique sur le ch'ché doit être parfaitement sec ; s'il en était autrement, l'humidité s'échapperait des fibres du papier, se condenserait sur la couche coUodionnée, et le nitrate d'argent ne tarderait pas à noircir l'épreuve négative.

Pour la même raison, on doit avoir le plus grand soin, si le contact des deux épreuves doit se prolonger pendant la nuit, de placer le châssis dans un lieu chaud et sec, pour éviter toute condensation de vapeur d'eau sur le cliché.

(2) On fait dissoudre séparément les deux sels, et- on môle ensuite les deux dissolutions. Aucun précipité ne se forme au moment de leur mélange ; mais la teinte jaune s'affaiblit graduellement, et au bout d'une heure le liquide est devenu tout à fait incolore. C'est à ce moment qu'il convient d'employer le bain de virage ; car, avant lo terme de sa décoloration, il agit comme simple solution de chlorure d'or et il a, comme celle-ci, l'inconvénient de rougir l'épreuve.

La solution dont il s*agit doit donc être préparée depuis une heure au moins; mais

6il FIXAGE DE L'ÉPREUVE.

On voit la teinte de celle-ci se modifier peu à peu et donner par virage un très-beau ton noir qui marque le terme auquel on doit cesser l'immersion.

Extraire alors l'épreuve du bain et la soumettre à un nouveau lavage à l'eau distillée.

6* Fixage de V épreuve. — Fixer définitivement l'épreuve à l'aide de l'hyposulfite employé comme il suit :

Hyposulfite de soude cristallisé 1000 grammes.

Eau distillée iOGO —

Cette solution étant versée dans une grande cuvette, immergez-y l'épreuve et maintenez-la plongée pendant 10 à 15 minutes (1). Au bout de ce temps, l'hyposulfite a dissous la totalité du chlorure d'argent, et l'image n'en retient plus aucune trace : on s'en assure par le moyen indiqué plus haut. Lavez alors l'épreuve d'une manière parfaite et complète, en la plongeant d'abord et à plusieurs reprises dans de grandes cuves remplies d'eau ordinaire, et en l'exposant ensuite sous un filet d'eau distillée, jusqu'à ce que le liquide qui s'écoule ne donne plus le moindre trouble par le bichlorure de mercure.

il ne faut pas cependant qu*eUe le soit trop longtemps à l'avance. Elle peut, sans doute, se conserver pendant plusieurs jours, mais il est préférable de ne la préparer qu'à mesure du besoin et pour la journée môme où elle doit être employée.

Le chlorure d'or qui figure dans la formule peut être remplacé sans inconvénient par un poids égal de chlorure double d'or et de sodium, sel cristallisé que Ton trouve très-pur dans le commerce.

11 est mieux, pour l'usage des manipulations, d'avoir deux solutions préparées à

l'avance, l'une de phosphate de soude au -p-, Tautre de chlorure d'or au -^ . Au moment de procéder à l'opération du virage, on môle quatre parties en poids de la première solution avec une partie de la seconde. La réaction s'établit et le mélange se décolore graduellement. On humecte alors l'épreuve avec une solution concentrée de chlorure de sodium que l'on étend à sa surface au moyen d'un pinceau, et on la plongn dans le bain de virage quand celui-ci est complètement décoloré.

(1) On reconnaît que Tépreuve est incomplètement fixée, ou, en d'autres termes, qu'elle retient encore du chlorure d'argent non décomposé dans ses fibres, à ce que l'image, placée entre l'œil et la lumière, laisse apercevoir un poivré généraX dans ses blancs. On ne doit enlever la feuille du bain fixateur que lorsque ce caractère a complètement disparu.

Il est bon de faire observer qu'une môme s3lution d'hyposulfite de soude ne peut servir que pour un nombre limité de positifs, et que toutes les épreuves qui y seraient plongées au delà de ce nombre seraient sujettes à jaunir sous Tinfluence de l'air et de la lumière.

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