DIX-SEPTIÈME MANIPULATION
Opérer la congélation dun kilogramme d'eau à Vaide de Vappareil de M. Carré.
La glace n'est pas seulement utile pour rafraîchir en été les boissons de toutes sortes ; elle constitue aussi une des -ressources les plus précieuses dont la thérapeutique puisse disposer pour produire les effets de la médication sédative. Le froid auquel elle donne lieu est employé avec succès dans les cas d'inflammation ou d'hémorrhagie, dans les méningites, dans les fièvres typhoïdes à forme cérébrale, etc. Il est donc nécessaire que le pharmacien soit toujours en mesure de fournir de la glace, en été comme en hiver, dans les villes pourvues de glacières, comme dans les locaUtés privées de ressources ; et, à défaut de glace naturelle, il est nécessaire qu'il puisse fournir de la glace fabriquée artificiellement.
Plusieurs procédés ont été imaginés dans ce but. Celui qui fait l'objet de la manipulation actuelle repose sur l'emploi de l'appareil imaginé par M. Carré.
Principe de Vappareil. — Lorsqu'un liquide s'évapore, il absorbe de la chaleur et produit du froid. Cette absorption de chaleur, ou cette production de froid est la conséquence nécessaire du cHangement d'état. Elle est d'autant plus marquée que le liquide est plus volatil, et que sa chaleur latente de vaporisation est plus considérable (1).
Le gaz ammoniac, lorsqu'il a été liquéfié par la pression, con-
(1) Par chaleur latente de vaporisation, on entend la quantité de chaleur qu*un liquide volatil prend sous Tunité de poids pour se convertir en vapeur, sans changer de température.
Lorsque le travail de la vaporisation s'effectue spontanément, c'est-i-dire en dehors de Taction d'un foyer, il consomme une quantité de chaleur sensible qui est prise au liquide non vaporisé et aux corps voisins. C'est la quantité de chaleur ainsi consommée qui représente la production de froid, et elle est nécessairement proportionnelle au travail effectué, ou, ce qui est la môme chose, à la quantité de vapeur produite. On peut s'en convaincre en entourant de mousseline la boule d'un thermomètre, et en versant sur cette mousseline des liquides de volatilité très-différente, tels que Veau^ Valcooly le sulfure de carbone, Vélfier, etc.. Il est facile de reconnaître que les abaissements de température sont eux-mêmes très-différents, et que le refroidissement que subit le thermomètre est en rapport avec la volatilité du liquide versé sur sa boule.