‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 56 sur 299 · APPAREIL DE M. EDMOND CARRÉ · texte numérisé non relu

APPAREIL DE M. EDMOND CARRÉ

les deux parois concentriques (1). Envelopper enfin le congélateur d'une enveloppe en laine bien sèche (2).

L'opération marche alors d'elle-même, et l'eau du cylindre se refroidit de plus en plus : au bout d'une heure, elle est entièrement gelée.

&" Pour détacher la glace, il suffit de plonger le cylindre, pendant quelques instants, dans l'eau du baquet. La glace fond au contact de la paroi, et, en renversant le cylindre, on obtient un bloc solide et très-consistant.

Procédé et appareil de M. Edmond Carré. — On voit, d'après le détail opératoire que nous venons d'exposer, qu'il faut deux heures pour obtenir un kilogramme de glace. C'est là un inconvénient réel. M. Edmond Carré, frère du précédent, a imaginé une disposition nouvelle, qui permet de congeler un kilogramme d*eau en quelques minutes. La glace est fabriquée par évaporation dans le vide. C'est en quelque sorte l'application en grand de l'ancienne expérience de Leslie.

L'appareil (fig. 404) se compose d'une pompe pneumatique P, construite à très-bas prix, mais permettant néanmoins de faire le vide d'une manière assez parfaite pour ne laisser dans l'appareil qu'une pression d'un millimètre. L'acide sulfurique, destiné à absorber la vapeur d'eau, à mesure qu'elle se forme, est contenu dans un réservoir en plomb allié d'antimoine que l'acide sulfurique n'attaque pas à la température ordinaire. Ce réservoir A, qui est, d'aitleurs, hermétiquement clos, communique à l'une de ses extrémités avec la carafe C dans laquelle est l'eau que l'on veut congeler^ Un robinet R, adapté au tube T qui relie les deux pièces l'une à l'autre, permet ou intercepte la communication avec l'air extérieur. A l'autre extrémité, le réservoir porte un tube TT' qui le fait communiquer avec la pompe P. On manœuvre celle-ci au moyen du

(1) On comprend la nécessité d'introduire un liquide entre la paroi du congélateur et le cylindre, le contact n*étant assuré qu*à cette condition. Mais il faut que ce liquide no puisse se congeler par le froid ; car il en résulterait une adhérence très-difficile à surmonter. C'est pour cette raison que Ton choisit ralcool de préférence à l'eau.

(2) La laine agit ici comme mauvais conducteur de la chaleur. Elle s*oppose à ce que l'air extérieur participe à l'abaissement de température, et elle concentre ainsi sur le cylindre et sur l'eau qu'il renferme tout le froid que détermine la vaporisation brusque de rammoniaque liquéfiée.

21 a FORMATION ARTIFICIELLE DE LA GLACE.

levier L; et, en même temps qu'on fait le vide dans l'appareil, une tige f, fixée au levier, fait mouvoir un agitateur placé dans l'acide. De cette façon, la surface de celui-ci est constamment renouvelée, l'absorption se fait régulièrement, et Teau de la carafe est congelée en très-peu de temps.

FiG 104. -- Appareil de M. Edmond Carré, pour la fabrication de la glace.

A ce point de vue, le nouvel appareil de M. Edmond Carré présente un avantage incomparable sur celui qui est plus anciennement connu, et que nous avons précédemment décrit. Mais il a luimême ses inconvénients :

4* Il exige l'emploi de l'acide sulfurique, dont le maniement n'est pas sans danger. Et comme cet acide s'affaiblit de plus en plus par le fait même des vapeurs qu'il absorbe, il est nécessaire de le renouveler fréquemment, si l'on veut que la congélation de l'eau se fasse toujours avec la même rapidité ;

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