‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 62 sur 299 · COMPTE-GOUTTES DE M. SALLERON · texte numérisé non relu

COMPTE-GOUTTES DE M. SALLERON

comporter, pour le poids des gouttes qu'il fournit, comme un simple mélange d'alcool et d'eau, formé dans les mêmes proportions que celui qui le constitue ;

3* Dans les mélanges d'eau et d'alcool, le poids des gouttes diminue quand la richesse alcoolique augmente ; les difTérences sont variables pour chaque degré; elles sont très-considérables dans

FiG. 110. -- Compte-gouttes de M. Salleron.

les liquides qui contiennent peu d'alcool et beaucoup d'eau. Il en résulte qu'on peut doser Talcool avec une grande précision dans les liquides dont la richesse est faible, et c'est justement dans ce cas que l'emploi de l'alcoomètre centésimal de Gay-Lussac présente le plus d'incertitude.

A la suite de ces constatations, M. Salleron a proposé de déterminer la richesse alcoolique des vins au moyen d'un comptegouttes à bec d'écoulement bien réglé (fig. 110).

Le procédé consiste à faire couler vingt gouttes du liquide à essayer dans une petite capsule tarée d'avance, et à en prendre trèsexactement le poids à l'aide d'une balance de précision. Une table, dressée d'avance, donne, en regard des poids variables qui correspondent à 20 gouttes des différents vins, les titres alcoométriques ou les centièmes d'alcool en volume qui s'y rapportent.

Alcoomètre- œnomètre de MM, Limousin et Berquier, — MM. Limousin et Berquier, en répétant des expériences que M. Lebaigue avait publiées sur les compte-gouttes {Jûxirnal de pharmucie et de chimiey 4" série, VII, 209 et 246), se sont trouvés conduits aux mêmes résultats que ceux qu'avait obtenus M. Salieron. Ils eurent aussi l'idée de tirer parti de ces résultats au point de vue de la détermination de la richesse alcoolique des vins. Mais, au lieu de prendre pour base de leur procédé la différence des poids, ils s'attachèrent à mesurer la différence des volumes, l'emploi d'une balance de précision, associé à un compte-gouttes, leur ayant paru présenter des difficultés pratiques.

Voici, d'ailleurs, le principe et le manuel opératoire du procédé qu'ils ont décrit dans le Journal de pharmacie et de chimie, 4' série, VIII, 241.

Lorsqu'on fait couler différents liquides d'un même tube capillaire, gradué en parties d'égale capacité, et termihé par un bec d'écoulement très-fin, il devient facile de connaître le volume exact occupé par un même nombre de gouttes de chacun d'eux. On trouve ainsi que dix gouttes d'eau distillée occupent, dans l'intérieur du tube, une étendue deux à trois fois plus considérable que celle qui correspond à dix gouttes d'alcool absolu. L'intervalle qui sépare ces deux limites peut servir à apprécier les divers mélanges d'alcool et d'eau ; car les gouttes qu'ils forment sont d'autant plus grosses que le liquide est plus aqueux, et d'autant plus petites que le liquide est plus alcoolique.

Ici, comme dans le procédé de l'ébuUioscope ou du dilatomètre, le vin peut être assimilé à un simple mélange d'alcool et d'eau, les matériaux qu'il renferme n'ayant aucune influence pour modifier le volume des gouttes, et les indications qu'il fournit étant sensiblement les mêmes que celles que donne l'eau alcoolisée au même titre.

Si donc on opère avec des liqueurs alcooliques titrées, et si l'on mesure le volume occupé par dix gouttes de chacune d'elles, on peut inscrire sur le tube la richesse qui leur correspond et obtenir ainsi un appareil propre à faire connaître la proportion d'alcool contenue dans les vins. Tel est le principe de l'appareil imaginé par MM. Limousin et Berquier. Voici maintenant sa description :

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