‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 71 sur 299 · HYGROMÈTRE DE SAUSSURE · texte numérisé non relu

HYGROMÈTRE DE SAUSSURE

§ 4. — Hygromètre de Saussure.

Lorsqu'un cheveu, convenablement préparé, est plongé dans un air plus ou moins humide, il subit, dans ses dimensions et particulièrement dans sa longueur, des changements qui dépendent, non de la température, mais de Tétat hygrométrique de cet air (1). Le cheveu s'allonge par l'humidité, se raccourcit parla sécheresse, et chacune de ses dimensions est relative à un état hygrométrique particulier pour lequel elle peut ainsi servir de mesure.

Tel est le principe de l'hygromètre de Saussure.

Description de Tappareil. — L'hygromètre de Saussure (fig. 422) se compose d'un cadre en cuivre sur lequel est tendu un cheveu dépouillé de sa matière grasse par le carbonate de soude ou mieux par l'éther (2). Dans la figure, ce cheveu est dissimulé par la plaque du thermomètre et par celle qui porte la graduation de l'instrument; mais sa partie inférieure est visible en c, et elle vient s'attacher, par son extrémité, à l'une des gorges d'unedouble poulie 0. Sur la seconde gorge de cette poulie s'enroule un fil de soie qui supporte un petit poids p, destiné à maintenir le cheveu constamment tendu. Enfin Taxe de la poulie porte une aiguille

(1) Un grand nombre de substances organiques possèdent, comme le oiieveu, la propriété d'absorber la vapeur d*eau contenue dans Tair et de changer de dimension par suite de cette absorption; mais toutes ne sont pas également propres à former des hygromètres. Pour qu'une substance puisse ôtre employée ulilemrnt comme hygromèti-e, il faut :

lo Qu'elle soit très-sensible aux variations hygrométriques de l'air;

2" Qu'elle ne s'altère pas avec le temps;

3* Qu'elle ait une petite masse, afin qu'elle soit plus rapidement impressionnée;

A^ Qu'elle n'éprouve pas de changement permanent, atîu que ses indications redeviennent les mômes dans les mêmes circonstances;

Sf" Qu'elle ait toujours la môme propriété d'allongement, afin que les divers hygromètres soient comparables.

l>e toutes les substances hygrométriques connues, celles qui remplissent le mieux ces conditions sont les cheveux et les plaques minces de fanon de baleine, prises dans la direction perpendiculaire à celle des fibres.

(2) Dans le premier cas, on maintient le cheveu pendant une demi-heure dans une solution bouillante de carbonate de soude au centième; puis on le lave et on le sèche. Dans le second, on fait séjourner le cheveu dans l'éther sulfurique pendant deux heures, puis on le lave à deux reprises avec de nouvel éther. Dans les deux cas, il importe que toute la matière grasse soit enlevée ; car c'est à cette condition seulement que le cheveu pourra prendre, avec la rapidité voulue, l'allongement qui convient à l'état hygrométrique de l'air dans lequel il se trouve.

légère dont l'extrémité parcourt un arc gradué. A sa partie supérieure, le cheveu dont il s'agit est engagé et maintenu invariablement dans une pince serrée par une vis de pression.

Quand le cheveu se raccourcit, la traction qu'il exerce relève l'aiguille; lorsqu'il s'allonge, c'est le poids p qui la fait descendre.

Graduation. — Pour établir la graduation de l'hygromètre de Saussure, on commence, comme pour le thermomètre à mercure, par former deux points fixes, celui de l'humidité extrême et celui de la sécheresse absolue.

Fie. 122. — Hygromètrf»

t\e. Saussure.

FîC 123. — Hygromètre de Saussurf»

disposé pour la graduation.

On obtient le premier en plaçant tout l'appareil sous une cloche de verre (fig. 123), dont les parois intérieures ont été mouillées avec une petite quantité d'eau. L'air se sature; le cheveu s'allonge, et, en moins de deux heures, l'aiguille du cadran a pris une position fixe. On marque 100'» le point du cadran où s'arrête l'aiguille dans celte atmosphère humide.

Quant au second point fixe, on le détermine en transportant l'hygromètre souf, une cloche dont on dessèche l'air au moyen de substances très-avides d'eau, telles que le chlorure de calcium, la chaux vive, le carbonate de potasse calciné. L'opération est longue, et ce n'est qu'au bout d'une vingtaine de jours que l'aiguille

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