‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 94 sur 299 · TRANSFORMATION DE L'ÉLECTRICITÉ EN CHALEUR · texte numérisé non relu

TRANSFORMATION DE L'ÉLECTRICITÉ EN CHALEUR

Quoique Joule ait saisi et énoncé le premier le rapport qui existe entre la puissance d'une pile et la chaleur qu'elle développe, c'est à M. Favre qu'on doit les déterminations précises sur lesquelles ce rapport est fondé. Les expériences de M. Favre ont été faites dans le gros thermomètre à calories dont l'invention lui est due, et elles ont porté sur un élément {zinc amalgamé^ vlatiney eau acidulée) ^ disposé de manière à pouvoir pénétrer tout entier dans le moufle du calorimètre. Les résultats se sont alors montrés très-différents, suivant la forme et la disposition du circuit extérieur.

En prenant un fil gros et court, il importe peu que ce fil soit en dedans ou en dehors du moufle. Le nombre de calories indiqué par le calorimètre, quand le circuit est fermé, est toujours le même et toujours égal à 18 pour 33 grammes de zinc dissous. C'est qu'en effet la chaleur est concentrée tout entière dans l'élément de pile, tandis que le fil, dont la résistance est pour ainsi dire nulle, ne s'échauffe pas d'une manière sensible.

Au contraire le fil extérieur est-il très-fin et très-long, la résistance qu'il oppose au passage du courant devenant très-grande, il s'échauffe beaucoup, et il n'est pas indifférent alors qu'il soit placé à l'extérieur ou à l'intérieur du moufle. Dans le premier cas, la chaleur qu'il possède étant perdue pour le calorimètre, le nombre de calories que cet instiniment accuse est inférieur à 18 pour 33 grammes de zinc dissous, et il en est d'ailleurs d'autant plus éloigné que le fil est plus fin et plus long. Dans le second cas, au contraire, le moufle recevant toute la chaleur qui existe tant dans le fil que dans l'élément de pile, aucune portion de cette chaleur n'est perdue pour le calorimètre, qui reproduit en effet les 18 calories de la première expérience (4).

(1). Pour prouver que réchauffement d'un 111 traversé par lin courant dépend, en réalité, de la résistance qu'il oppose au mouvement de Télectricité, on peut interposer sur le trajet d'un même courant deux fils de même longueur et de même section placés bout a bout, l'un en platine, l'autre en argent. L'énergie du courant étant convenablement réglée, on voit le fil rougir dans toutç la partie qui correspond au platine, et demeurer sombre dans toute celle qui correspond à l'argent. C'est qu*en effet, dails les mêmes conditions de longueur et de section, le fil de platine offre une résistance beaucoup plus grande.

On peut encore faire Texpériencé suivante, qui est très-curieuse dans ses résultats.

Un fil de platine étant porté au rôuge sombre par un courant d'intensité bien réglée, on le chauffe en un certain point à l'aide d'une lampe à alcool ; à l'instant même on voit tous les autres pbints devenir obscurs. C'est que la résistance du fil ayant été aug-

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