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INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE

Utilité de la mesure des indices de réfraction. — La mesure les indices de réfraction des milieux ti^ansparenls solides ou liq[uides est importante à plus d'un titre :

Elle fournit un des caractères les plus précieux que Ton puisse invoquer pour constater la nature et l'identité des diverses substances solides ou liquides. Chacune d'elles possède, à l'égard du rayon de lumière qui la pénètre, une propriété caractéristique et spéciale qui fait qu'elle agit sur lui avec plus ou moins d'énergie, et qu'elle le dévie plus ou moins de sa direction. Le pharmacien a donc un intérêt réel à déterminer celte valeur des indices de réfraction, d'autant plus qu'en suivant le procédé qui vient d'être décrit, il peut le faire d'une manière facile, rapide, et avec une exactitude telle, que l'erreur, quand elle a lieu, atteint tout au plus le chiffre qui exprime la troisième décimale.

Elle permet encore de distinguer des substances que la similitude de leurs autres caractères pourrait faire confondre, et de découvrir des mélanges frauduleux dont l'analyse par les moyens chimiques serait difficile à effectuer.

J'ai donné, d'ailleurs, un aperçu des avantages que l'on peut tirer de la mesure des indices de réfraction dans un mémoire intitulé : Application de la physique à la solution de quelques problèmes de chimie et de pharmacie. Ce mémoire a été publié en 186i , dans le Journal de pharmacie et de chimiCy S" série, XL, 5.

Enfin, la mesure des indices de réfraction permet de faire l'analyse quantitative d'un mélange de deux liquides qui ne se combinent pas, pourvu que Ton connaisse le changement de volume qui survient au moment de leur mélange. La marche à suivre, en pareil cas, est simple. Elle doit faire Tobjet d'une manipulation spéciale placée à la suite de celle-ci.

Influence de la température sur la valeur des indices de réfraction. — Lorsqu'on détermine l'iudice de réfraction d'un liquide à des températures différentes, on constate que cet indice diminue à mesure que la température s'élève. Comme la chaleur a pour effet de dilater le liquide, et par conséquent de diminuer sa densité, on a pensé pouvoir établir en règle que les corps réfractent la lumière avec d'autant plus de puissance que leur densité est plus considérable.

Celte proposition, ainsi énoncée, est trop absolue. Tout ce qn'on peut établir, comme résultat d'expérience, c'est qu'un même corps réfracte de moins en moins la lumière, à mesure qu'il est plus dilaté par la chaleur. Mais on ne peut étendre l'influence de la densité aui corps dénature différente, et dire, conune chose démontrée, qu'un rayon de lumière qui passe cTun milieu m4)ins dense dans un milieu plus dense^ se rapproche de la normale. L'alcool, l'élher, les huiles fixes et volatiles, ont un indice de réfraction qui surpasse de beaucoup celui de "l'eau , bien que leur densité soit moindre que celle qui appartient à ce liquide. Il en est de même du sulfure de carbone comparé au chloroforme, et de beaucoup d'autres elemples analogues que Ton pourrait citer. En sorte que, si la densité a une influence réelle sur l'indice de réfraction des différents corps, elle n'est pas seule à régir cette propriété importante qui parait dépendre dans une certaine mesure de la nature plus ou moins combustible des éléments dont ils sont formés.

DoiméiMi d'une expérience pratiquée mmr «n priaaie ële

Soient :

g angle réfringent du prisme 44« 48'

d angle de déviation minimum rapporlé ù la

raie D et à + 15» 2Co28'

n — indice de réfraction du crown pour la raie

D et pour + 15*

On a, d'après ce qui a été dit précédemmeul :

^'"V i / sin 35» 38' . -„

Ce nombre est précisément celui qui est inscrit au tableau, comme exprimant Tindice de réfraction du crown, rapporté à la raie D. C*est qu'en effet le procédé comporte une exactitude telle que Terreur, quand elle existe, atteint rarement le chiffre des millièmes.

lloiuiéo« d'une expérience pratiquée «ur l'eu« dIatUlée à -|- flS*.

Soient :

g angle réfringent du prisme à liquide 52** 36'

d. , .. angle de déTiation minimum rapporté à la

raie D • 19» 45'

*«.... indice de réfraction rapporté à la raie D.. .

On a, pour la yaleur de l'indice n :

sin 36M(K, ^^^ sin !26<>i8'

Ce chiffre i,332 est celui que le tableau indique comme exprimant Tindice de réfraction de l'eau distillée pour la température de -|- 20<*, et il indique 1,333 pour la température de -|- W. La température a, comme on voit, trèspeu d'influence, ce qui tient à ce que le coeflicient de dilatation de l'eau est trés-foible. Le pouvoir dispersif de l'eau est lui-môme très-peu marqué : aussi y a-t-il très-peu de différence entre l'indice déterminé pour la raie D et l'indice déterminé pour le milieu du vert. Ce dernier, dans l'expérience qui précède, a été trouvé égal à 1,333, chiffre très-voisin de 1,332.

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