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CHAMBRE CLAIRE

éprouvent un affaiblissement sensible au moment où ils rencontrent la surface commune des deux prismes accolés ; mais il reste, eo {général, assez de lumière pour que l'œil perçoive en même temps les deux sensations.

Il arrive cependant, surtout quand onn*est pas encore habituée ces sortes d'observation, qu'on ne voit distinctement qu'une seule des deux images. Cela tient, le plus souvent, à ce que Tune des deux lumières est trop forte par rapport à l'autre.

Quand les rayons partis du papier arrivent à Toeil avec un éclat beaucoup plus grand que ceux qui sont partis de l'objet, le papier et le crayon sont seuls visibles. Si, au contraire, ce sont les rayons envoyés par l'objet qui sont de beaucoup les plus brillants, l'image de cet objet est seule visible, et on n'aperçoit plus ni le crayon, ni le papier. Le grand point est donc d'équilibrer les deux lumières, en diminuant graduellement l'intensité de celle dont l'éclat pi'édomine.

Mais la disparition d'une des deux images peut tenir encore à une autre cause, la mauvaise position de l'œil. L'œil, en effet, peut être trop à droite ou trop à gauche, trop en avant ou trop en arrière ; il peut être surtout trop élevé au-dessus du prisme. Il faut donc tâtonner/ essayer toutes les positions possibles ; et, quand on en a rencontré une bonne, il faut la maintenir d'une manière in>'ariable, jusqu'à ce que le dessin soit achevé. Il est essentiel de ne pas oublier que la hauteur de l'œil, au-dessus du papier, fait varier le rapport entre les dimensions de l'objet et celles du dessin, et qu'en conséquence cette hauteur doit rester la même quand on veut dessiner une série d'objets à la chambre claire.

L'objet examiné ayant toujours une certaine épaisseur, l'image ne présente jamais qu'une tranche superficielle de cet objet, celle qui se trouve exactement au foyer par rapport à la vision distincte. Il en résulte que certaines parties ne sont vues que d'une manière diffuse et avec des contours irisés, tandis que les autres apparaissent avec une grande netteté et des contoui s parfaitement détinis. Pour apercevoir toutes les tranches avec la même netteté, il faut avoir incessamment la main sur la vis micrométrique : on éloigne ou od rapproche de l'objectif les différentes couches de l'objet qu'on examine, et on met ainsi successivement au point toutes les parties que Ton veut représenter.

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Le choix du papier et celui du crayon sont très-importants. Au eu de papier mécanique, il faut se servir de papier lisse, très-fort t d'un beau grain, tel que le papier dit de Bristol. Quant aux l'avons, il est assez difficile d'en rencontrer de très-bons. Ceux-ci oivent pouvoir, au besoin, donner des lignes^'pâles et nettes, ou les lignes noires el fermes, sans s'écraser par leur mollesse, ou ayer le papier par leur dureté. Les meilleurs sont les crayons de Vateow, puis les crayons Conié^ Hardmxiih et Fabe7\ et les rayons de graphite de Sibérie. Ceux qui servent le plus souvent ont les numéros 3 et 4 : le numéro 1, qui est le plus tendre, ne «rt que très-rarement.

La chambre claire de îl. Nachet est celle qui offre le plus de commodité dans l'emploi. C'est celle aussi qui montre le mieux la )ointe du crayon en même temps que le contour des objets. On 'end cet avantage plus sensible encore, en ayant soin que le papier ;ur lequel on trace l'esquisse soit peu éclairé ; on peut projeta' sur ui l'ombre d'un objet, ou encore se servir de papier de Bristol einté en gris.

Comme les contours que l'on trace sont toujours, quoi qu'on asse, plus ou moins tremblés, on les affaiblit d'abord au moyen du âoutchouc à effacer; puis on les repasse au crayon, de manière à es rendre plus nets et plus réguliers.

Emploi de la lumière polarisée. — La lumière polarisée, subsituée à la lumière natui^elle, donne lieu à des phénomènes de cooration très-remarquables, loi'squ'elle traverse certains cristaux, «rtaines lames minces, ou même certains tissus organiques ou or- ^isés placés au foyer de l'objectif du microscope. On parvient linsi, dans beaucoup de cas, à reconnaître des substances que 'observation, faite dans les conditions ordinaires, ne distinguerait Kis suffisamment.

Pour appliquer au microscope l'emploi de la lumière polarisée, I suffit d'adapter à l'instrument un polariseur et un analyseur. La igure 201 représente une des dispositions le plus ordinairement idoptées :

4* En P se trouve un polariseur constitué par un prisme de lickol ou par un spath biréfringent. Il est placé immédiatement lu-dessus de la platine, entre le miroir concave et le porte-objet ;

MO LlMll!:ilE l'ULAIllSÉE,

de soile que la Iiunière ne poul arriver au diaphi'ngme cl pénétrer dans le tube du microscope qu'après avoir traversé ce prisme « s'y êlre polarisée. Le pelit objet, silué en C, ne reçoit lui-même d'autre lumière que celle qui lui est transmise par le prisme P,iJe façon que la lumière qui l'éclairé est également et exclusiveiwnl de la lumière polarisée.

2' En A se trouve un analyseur constitué, comme le polariscur. par un prisme de nickol ou par un prisme de spath liiréfringenL Il est fixé ilana l'inléricur même du microscope, immédiatemeal

cl.iii9 les ubsi

au-dessus des lonlilli-s objectives, tle sorte que, lorsqu'on M tourner le tube du microscope autoui' de son axe veilical, on donne à la section principale du piisme A toutes les positions po^ siblcs par rapport à la section principale du prisme E*.

Supposons, d'abord, que rien ne soit interposé entre le potariseur P et l'analyseur A : l'uîil, appliqué sur l'oculaire, aperçoit ordinairement deux images de l'ouverture circulaire C. L'éclat relatif de ces deux images varie à mesure qu'on Tait tourner le tube du microscope autour de son axe ; ul les deux inia^jes se réduiseiil

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me à une seule, toutes les fois que, par la rotation de Tanalyir, les deux sections principales devicnnenl parallèles ou peradiculaires entre elles.

Veut-on maintenant reconnaître si une substance est douée ou pourvue d'action sur la lumière polarisée : on commence par :her, à Taide d'un diaphragme, une des deux images circulaires 'mées par le prisme A ; on fait ensuite tourner le tube du mi- )scope jusqu'à éteindre l'autre image et rendre ainsi complément obscur le champ de l'observation. Plaçant alors sur le Tte-objet la substance à étudier, et observant de nouveau, on ;ut constater l'un des deux résultats suivants : 1^ Ou bien le champ du microscope reste complètement obscur,

la conséquence qu'on en peut tirer est que la substance n'a ;ercé aucune action sur la lumière, soit pour la dépolariser, soit )ur modifier le plan de sa polarisation ;

^ Ou bien le champ du microscope s'est illuminé dans toute la irtie occupée par la substance ; et la conclusion qui en découle ;t que la substance agit réellement sur la lumière polarisée, soit )ur la mmener à l'état naturel, si les teintes sont blanches, soit 3ur modifier le plan de sa polarisation, si les teintes sont )lorées.

Quand on étudie à ce point de vue les divers corpuscules que )us offre la nature organique ou organisée, on en trouve un cerin nombre qui, dépourvus par eux-mêmes d'action rotatoire oléculaire, agissent cependant sur la lumière polarisée, en lison de leur structure intime, que cette structure soit, d'ailleurs, melleuse, fibrillaire ou striée. Le plus bel exemple que l'on lisse citer d'une polarisation lamellaire est celui qui a été jnalé par Biot, et qui se rapporte aux grains de fécule. En étuant avec beaucoup d'attention le phénomène, qui est surtout arqué dans les fécules des légumineuses, Biot a reconnu qu'il adt dû tout entier à l'arrangement des tissus organiques, au mode I juxtaposition des parties composantes, à la forme des surfaces ; ais que la constitution chimique ou moléculaire n'entrait pour în dans l'action manifeste exercée par les grains de fécule.

Nous avons dit que les différents corps, observés au microscope l'aide de la lumière polarisée, se partageaient en corps actifs 1 inactifsy suivant qu'ils illuminaient le champ ou qu'ils le

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i82 EXAMEN DU SANG.

maintenaient obscur. Les grains de fécule ont encore ce singulier caractère de présenter simultanément les deux phénomènes. Lorsqu'on les observe dans les conditions qui viennent d*ètre indiquées, on voit que chacun d'eux est sillonné par deux méridiens obscurs se coupant à angle droit, de manière à former une croix noire ; tandis que les segments compris entre ces méridiens s'illuminent d'un vif éclat, en prenant les teintes les plus belles el les plus variées. Il est évident, d'après cela, que les méridiens obscurs correspondent à des parties qui sont sans action sur la lumière polarisée ; tandis que les segments intermédiaires représentent des parties qui agissent avec une énergie différente, mais certaine, pour modifier le plan de polarisation du rayon lumineux.

Applications du microscope. — Le microscope est un des instruments les plus précieux que le pharmacien puisse employer dans l'exercice de sa profession. C'est à son aide qu'il reconnaît la structure anatomique des différents tissus végétaux et animaux; qu'il constate la nature des taches de sang ; qu'il distingue les différentes espèces de fécules, et les falsifications malheureusement trop fréquentes dont elles sont l'objet. C'est encore par rexaraen microscopique qu'il découvre des myriades d'animaux dans lo vinaigre, dans la pâte de farine, dans les fruits secs...

Pour donner une idée de l'importance qui s'attache à l'emploi du microscope, nous allons décrire avec quelques détails l'observation microscopique des taches de sang et des gmins de fécule.

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