MODIFICATION DE M. CORNU
Toute autre matière que le sucre de canne pourrait être dosée avec la même certitude et la même facilité. 11 est à remarquer, toutefois, qu'un pareil procédé suppose une dissolution simple, et qu'il ne saurait s'appliquer au cas où le liquide observé renferme plusieurs substances actives en dissolution.
Modification de Vappareil de Biot. Disposition de M. Cornu. — L'appareil de Biot, si bien établi qu'on le suppose, ne donne jamais des mesures d'une rigoureuse précision, surtout quand le liquide qu'on observe n'est pas absolument dépourvu de couleur. L'évaluation de la teinte sensible comporte alors une incertitude qui peut s'étendre à un et même à deux dcgiés.
En perfectionnant une disposition due à M. Jeletl, professeur à Dublin, M. Cornu (Journal de pharmacie et de chimie y 4" série, XII, 345) est parvenu à construire un appareil dans lequel l'erreur se trouve limitée à deux ou trois minutes d'angle.
Cet appareil se compose, comme celui de Biot, d'un polariseur, d'un analyseur et d'un espace intermédiaire dans lequel on place les tubes.
Le polariseur est un prisme de Nickol scié en deux longitudinalement suivavit le plan des petites diagonales, et recollé après que chacune des faces de sciage a été usée d'un angle de 2% 30'. Les sections principales des deux moitiés de prisme sont ainsi à 5* l'une de l'autre.
L'analyseur est un nickol ordinaire que l'on fixe sur l'alidade d'un limbe gradué. La lumière employée est une flamme monochromatique fournie par un brûleur de Bunsen au-dessus duquel on suspend une petite corbeille de fils de platine contenant du sel marin fondu. La flamme ainsi produite est d'un jaune pur, trèsbrillante; elle ne renferme que les rayons correspondant à la raie D du spectre solaire.
On vérifie d'abord la position des sections principales du polariseur. En éclairant l'appareil avec la lumière monochromatique et faisant tourner l'analyseur, on reconnaît que l'extinction n'a pas lieu en même temps pour les deux moitiés du polariseur, et qu'il existe une position intermédiaire pour laquelle elles présentent des intensités égales. Cette position correspond au cas où la section principale de l'analyseur est perpendiculaire au plan bisec-
510 MODIFICATION DE M. œRiSU.
leur des deux sections principales du polariseur. C'est elle qu*on détermine avec une grande précision, en prenant la moyenne de plusieurs observations successives et notant le degré du limbe auquel elle correspond.
Le point de départ étant, ainsi parfaitement établi, on interpose le tube contenant la matière active, et on détermine , par une moyenne de plusieurs observations, de combien de degrés et de fractions de degré il faut tourner l'analyseur soit à droite, soit i gauche, pour arriver au même terme de Fégalité des deux ombres. L'incertitude se trouve, comme précédemment, renfermée dans des limites extrêmement étroites, puisque l'obscurité complète arrive, pour chacune d'elles, à 2 degrés et demi de cette position. On note le chiffre obtenu ; on en retranche celui qui correspond au point de départ, et on a ainsi le pouvoir rotatoire avec une très-grande exactitude.
Les trois figures 218, 219, 220 représentent les modifications
FiG. 218, 210, 220. — Taille qu'on fait subir au prisme de Nickol dans la disposition de Jelett et Cornu (*).
successives qu'éprouve le nickol polariseur par l'opération de la
taille.
Dans la figure 218, le cristal a sa périphérie ordinaire abcd. La ligne nn' représente la projection du plan des petites diagonales. Les segments ado^ adi, indiquent les parties qui doivent être détachées.
La figure 2 1 9 montre l'apparence qu'offre le nickol après qu'on a enlevé les deux segments ado, adi. La périphérie nouvelle est obdcij et l'espace odi est vide.
Enfin on voit, dans la figure 220, ce que devient le cristal lorsqu'on a rapproché et accolé Tune contre l'autre les deux faces de sciage do di, La périphérie est exprimée par iVcd, La ligne ponc-
(•) Fig. 218, Nickol, a\'anl qu'on ait rien enlcvt«. — Fig. 2i9. Nickol dont oo a détâcWiaK* ment.— Fig. ttO. Nickol, après qu'on a rapproche et accole les deux faces de tciage.
POLARlSTROnOMÈTRE.
tuée «n' repii3scnle, comme dans la première figure, la projectiom du plan des petites diagonales du nickol primitif.
Il est évident dès lors, si chaque face de sciage a été usée d'un angle de â°,âO', que les sections principales des deux moitiés du gisme sont maintenant à 5' l'une de l'autre.
lette disposition d'appareil a déjà produit de très-bon» résultais
3 les mains d*un grand nombre de chimistes. Elle paraît devoir
mplacer le polarimètre ordinaire de Itiot. M.Duboscq a surmonté
avec beaucoup d'habileté les difficultés assez grandes quo présente