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VARIABILITÉ DU POUVOIR ROTATOIRE

partie centrale de Timage ; elles apparaissent au contraire dès que les deux sections s'éloignent ou se rapprochent, et leur éclat est maximum quand elles sont à 45* Tune de l'autre.

Cela posé, admettons qu'au début d'une expérience les deux nickols aient leurs sections principales perpendiculaires l'une i l'autre : l'image se montre alors comme dépourvue de franges dans la partie centrale. Interposons le liquide actif: les franges reparaissent, et il suffit de tourner l'analyseur pour les éteindre de nouveau. Le nombre de degrés dont il a fallu tourner l'alidade pour arriver à ce résultat mesure la déviation du plan de polarisation.

Quand la déviation surpasse o** et qu'on emploie la lumière blanche, les franges d'interférence ne peuvent être effacées d'une manière complète; on se règle alors sur leur minimum d'écial. Avec une lumière monochromatique on obtient l'extinction complète.

L'appareil de M. Wild ne donne pas des résultats très-sensibks et la persistance des impressions sur la rétine rend les obsemtions très-difficiles. L'œil se fatigue en regardant ces stries et continue à les voir, lors même qu'elles ont disparu.

Variabilité du pouvoir rotatoirc. — La détermination du pouvoir rolaloire des substances actives, au moyen de la formule ordi-

naire [a]/ =^ ^, suppose que ce pouvoir rotatoire possède une

valeur fixe et indépendante des conditions particulières dans les quelles il est obtenu. 11 y a pourtant quelques réserves à faire à cet égard.

Ciol avait déjà signalé une exception remarquable fournie par l'acide tîu'lrique ; mais la même exception s'est reproduite à l'égard de plusieurs autres substances, telles que le sucre interverti, le camphre, etc.

Tout récemment M. Oudemans {Journal de Plmrmacie et de Chimie, V série, xviii, 251) s'est trouvé conduit à généraliser ces obser\'ations. Les nombreuses expériences qu'il a faites montrent que le pouvoir rotatoire des substances actives varie, non-seulement avec la nature du dissolvant, mais encore avec le degré de concentration de la dissolution. Le résultat est surtout manifeste pour la brucinej et la différence est telle, que le pouvoir rolaloire

POUVOIR ROTATOIRE

îst trouvé représenté par — 8;V ou par — 127% suivant que Talloïde était dissous dans l'alcool ou dans le chloroforme.

M. Oudemans a reconnu de plus, dans ses études sur les variaions du pouvoir rotatoire, que Tinduence exercée par un mélange le deux véhicules inactifs n'était pas en rapport avec celles qui i^ient été présentées isolément par les deux liquides.

Les faits observés par M. Oudemans sont nombreux et intéressants. Ils montrent quels soins il est nécessaire d'apporter dans la détermination du pouvoir rotatoire, et combien il importe de purifier les liquides que l'on emploie comme dissolvants. Us montrent en outre combien sont incertains les procédés de dosage que Ton serait tenté d'appliquer aux alf^Ioîdes contenus dans les substances naturelles, en prenant pour base la jiropriété optique qui leur appartient. s

Origine du pouvoir rotatoire des sub- ^nces actives. — Il semble naturel d'ad- JDettre que le quartz doit le pouvoir rotatoire qu'il possède à l'arrangement particulier de ses cristaux; et, dans le fait, une observation attentive confirme cette supposition.

La forme primitive du quartz (fig. 222) est ime combinaison du prisme hexagonal dont les faces sont représentées par la lettre M, avec une double pyramide, dont les six faces *''c. 222. — Forme <m isiai-

, 1 1 .. n 4 I locraphiquc du quart/

sont marquées par la lettre P. Aux angles (facettes iiémié,iriqucs). du prisme, et à la naissance de chaque pyramàe terminale, on remarque des facettes h, h, h, inclinées toutes dPun côté, soit à droite, soilà gauche, et l'expérience montre que lequaitz est dextrogyre ou lévogyre, suivant que ces facettes, qui constituent l'hémiédrie, sont disposées dans un sens ou dansTaulrc Le quartz, d'ailleurs, perd son pouvoir rotatoire en perdant sa Eonne cristalline.. Les solutions de silice ne dévient pas le plan do polarisation, et il en est de même de certains autres corps, comme \eâ)lorate de soude, qui, très-actifs à l'état solide, perdent coniftilement leur pouvoir rotatoire quand ils sont fondus ou dis-

k ic5lé de ces substances, il en est d'autres, et en très-grand

\ iWCîlET. X)

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nombre qui, naturellement liquides, comme les essences, ou dissoutes dans un véhicule inactif, comme le sucre dans Teau, ei^ercent sur la lumière polarisée une action semblable à celle do quartz. Le pouvoir rotatoire de ces substances se manifestaDt eD dehors de tout phénomène de cristallisation, appartient évidemmenl à la molécule même du corps : on lui donne le nom de pouvoir rotatoire moléculaire,

Enlin, il y a des substances chez lesquelles le pouvoir rotatoire est dû tout à la fois à la structure de la molécule et à Farrangenienl des cristaux. Le sulfate de strychnine est dans ce cas. Il agit sur h lumière polarisée à l'état cristallin comme à l'état dissous; mais le pouvoir rotatoire qu'il possède dans la première condition est beaucoup plus fort, l'action due à l'agrégation des molécules s*ajoutant à celle qui leur appartient à l'état isolé.

Le pouvoir rotatoire se rencontre surtout dans les principes immédiats qui ont été élaborés sous Tinfluence de la vie, et qui offrent un certain degré de complication moléculaire. Ceux de ces principes qui, moins complexes dans leur nature, ont pu être reproduits artificiellement, n'ont pas présenté le caractère optique, ce qui a fait dire, sur l'autorité de Biot et d'autres savants, que le pouvoir rotatoire était le cachet spécial que la nature avait résorvé pour SCS propres œuvres. Il est aujourd'hui démontré que ce raractère peut être obtenu comme les autres dans les reproductions synthétiques de la science moderne. M. Jungfleisch {Journal de Plmrmacxe et de Chimie^ 4* série, xvii, 177), en partant du gaz oléfiant, corps facile à obtenir par la synthèse, est parvenu à produire deux acides tartriques nettement caractérisés par les phénomènes optiques et crisUillographiques, doués l'un, du pouvoir rotatoire à droitef l'autre, du pouvoir rotatoire à gauche. L'acide droit s'est trouvé identique avec l'acide naturel.

Ces faits ne sont pas les seuls que M. Jungdeisch ait pu obsener. Des recherches étendues, portant sur un grand nombre de substances optiquement actives, lui ont démontré que les diverses variétés de ces substances pouvaient donner lieu à des transformations analogues à celles qu'il avait obtenues sur l'acide tarlrique. En sorte qu'on peut dire, en s'appuyant sur ces résultats, qu'il est aujourd'hui possible, non-seulement de modifier ou de détruire,

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S aussi de créer le pouvoir rotatoire dans certaines substances enues artificiellement.

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