SUCRES CONTENUS DANS LE MIEL
place qui lui estréservée. L'observation fera immédiateroeat connaître si Turine contient ou ne contient pas de sucre, suivant que les deux moitiés de la lame biquartz auront perdu ou conservé l'égalité de leurs teintes.
A"" Dans le cas où l'égalité dés teintes a été rompue, tourner le bouton du compensateur de manière à faire marcher le vemicrde l'échelle vers la gauche, et continuer ainsi jusqu'à ce qu'on (ètienne, pour la plaque à deux rotations, la même teinte qu'avant l'interposition de l'urine. Noter enfin le nombre n des divisions indiquées par le vernier, lorsque ce résultat est obtenu.
5* Chaque division de l'échelle correspondant à 2«^,25 de matière sucrée , le poids p de sucre contenu dans i litre d'urin*' sera donné par la formule très-simple \'p=^ny:, 2>»''',25.
L'essai des urines sucrées par les moyens optiques se fait ave* une très-grande facilité. Chaque dosage n'exige guère plus de dix minutes, et l'on peut suivre ainsi la marche du diabèie dans ses phases les plus variées. C'est donc un des plus grands services que la physique puisse rendre à la médecine, puisqu'elle réclaire à tout instant sur le progrès ou l'affaiblissement de la maladie qu'il s'agit de combattre.
TRENTE-HUITlÈxME MANIPULATION
Délerminer par les procédés optiques la proportion relative de$ diverses espèces de sucre contenues dans le miely en s' aidant des résultats fournis par la fermentation et par la liqueur de Fehling.
Tous les travaux qui ont été entrepris sur la matière sucrée du miel conduisent à admettre que celte matière sucrée est formée de trois sucres fermentescibles, savoir :
1** Un sucre cristallisable, ayant toutes les propriétés du sucre de canne, déviant, comme lui, le plan de polarisation vers la droite, s'intervertissant, comme lui, sous l'action des acides et des fer-
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ments, et résistant, d'ailleurs, à Taction de la liqueur de Fehling, même alors que ce réactif est porté à la température de son obullition.
Ce sucre, que l'on peut considérer comme identique avec le sucre de canne à pouvoir rotatoire -|- 73°, 8, n'existe jamais dans le miel qu'en petite quantité , bien qu'on puisse le considérer comme la véritable origine de la matière sucrée qui s'y trouve contenue. C'est qu'en effet il y est accompagné par des principes de nature très-diverse, tels qu'un acide libre, une matière azotée, etc., qui, en agissant sur lui d'une manière continue, le transforment en glucose, en lui faisant perdre tout à la fois sa faculté de cristalliser, son pouvoir rotatoire dextrogyre et sa résistance à l'action du réactif cupropotassique.
Cette transformation du sucre de canne est quelquefois complète, comme Ta reconnu Soubeiran (1), mais le plus ordinairement elle n'est que partielle; en sorte que, dans les expériences ([ui ont pour but la recherche de ce sucre, on peut encore, sinon l'extraire avec toutes les propriétés qui le caractérisent à l'état isolé, au moins constater sa présence par les réactions les plus positives et les plus certaines. On peut même effectuer son dosage en combinant les indications fournies par la liqueur de Fehling et par le polarimètre ; on reconnaît alors que, si le sucre de canne existe en quantité très-sensible dans le miel nouveau, tel qu'il s écoule des ruches au moment de la récolte, sa proportion est, au contraire, très-faible dans le miel ancien, surtout dans le miel de qualité inférieure, où il se trouve remplacé par les produits ordinaires de sa transfoimation glucosique.
2" Un sucre d'apparence grenue qui, primitivement dissous dans la masse liquide du miel, s'en sépare de lui-même avec le temps, en prenant la forme mamelonnée qui appartient au sucre de raisin. Cette seconde espèce de sucre peut être obtenue à Tétat de pureté : il suffit d'étendre le miel ainsi concrète sur des biiques I>oreuses ou sur des plaques épaisses de porcelaine dégourdie. Au bout de quelques jours, toute la partie liquide du miel a disparu, et on ne retrouve sur les plaques qu'une masse solide constituée par un réseau compact de cristaux grenus et mamelonnés. On
(I) /otimal de pharmacie et de chimie , 3* série, XVI, 259.
SUCRES CONTEMIS DANS LE MIEL, iraite ces cristaux par six fois leur poids d'alcool à 9(C G. ; cm porte le mélange à la tempéralure du bain-maije, et, après avoir décoloré la solution par unr petite quantiti; de iharbon aflinial, on la lilLrc et on l'abandonne au refroidissement dans un lieu tranquille. Elle fournit des cristaux d'une blancheur éclatante, que l'on dessèche en les exposant, pendant quelques heures, dans le vide dek machine pneumatique, au-dessus de l'acide sulfurique.
Ce sucre a toutes les propriétés du sucre de fécule, improprement appelé sucre de raisin. 11 réduit directement la liqueur de Fcliling , et dévie vers la droite le plan de polarisation de la tumiùre, Son pouvoir rotatoire est exprir"'^ lar [a] j ^ -J- 53'. Les acidesiiH peuvent en modifier ni le sens, m l'énergie.
3' Un suere liquide, incrislallisable, déliquescent, analogue au sucre interverti dont il si> distingue, toutefois, par deux carartères essentiels : 1' par la faculté qu'il a de se maintenir liquide et de ne pouvoir donner lieu, même au bout d'un temps très-long, à une séparation de sucre grenu ou suerc de fécule ; 3' par la propriété qu'il possède de dévier le plan de polarisntion vers la gauche avec une énei^ie toute particulière et de beaucoup supérieure i celle que possède le sucre interverti. On ne l'a pas obtenu jusqu'ici complètement exempt de glucose dextrogyrc ; en sorte que son pouvoir rotatoire a toujours été trop faible; maïs il y a toul lieuiie croire que, si l'on parvenait à l'obtenir à l'élal de pureté, on lui ti-ouverait le pouvoir rotatoire [a]j = — 106', qui a été reconnu comme appartenant à la partie liquide du sucre de fruit dèsignéaujourd'liui sous le nom de lévulose.
D'après cps considérations, qui résultent des travaux entrepris jusqu'ici iur la matière sucrée du miel, nous admettrons que cellf matière sucrée est formée de trois sucres distincts, savoir :
Sucre di! naniK! ik pouvoir roLitoire. -j- 73' 8 Glucose (iKxlrogyre — -)- M"
Glucose lévogyre — — lOli"
Le problème qui fait l'objet de cette manipulation consiste effectuer le dosage séparé de ces trois sucres. Voici la marcbequ'i' convient de suivre :
1° Doser la matière sucrée totale par fermentation, et, coBune