MODE D'EMPLOI DU SPECTROSCOPE
opératoire. — Etant donnée une flamme à spectre coninu dont Tintensité lumineuse soit très-faible, comme par exemple ai flamme calorifique d'un bec de Bunsen brûlant avec excès d'air, i Ton vient à introduire dans cette flamme certaines substances, ertains sels appartenant aux métaux les plus volatils, tels que les aétaux alcalins ou terreux, on voit apparaître, à l'instant même, les raies brillantes, qui sont toujours les mômes pour les mêmes létaux, et qui deviennent ainsi caractéristiques de leur présence. ^ manière habituelle de pratiquer l'opération consiste à former les dissolutions métalliques, à y plonger l'extrémité d'un fil de plaine, tournée en boucle, et à porter cette boucle de platine au milieu le la flamme de Bunsen. L'eau s'évapore immédiatement, le sel se raporise à son tour, et l'on voit naître dans le spectre les raies qui caractérisent la substance volatili)»<'^e (1).
Pour donner une idée des modifications très-diverses auxquelles lonno lieu l'interposition des vapeurs métalliques dans la flamme d^un bec de Bunsen , nous avons cru devoir présenter comparativement avec le spectre solaire, et parallèlement à sa direction, les Irois spectres fournis par le potassium, le sodium et le thallium.
La figure 1 de la planche I représente le spectre solaire avec le détail de ses couleurs et l'indication des principales raies noires -qui le sillonnent. Celles-ci sont marquées par les huit premières lettres de l'alphabet.
La figure "i de la planche I représente l'apparence que prend le spectre continu d'un bec de Bunsen, quand on interpose dans la
(1) Cette manière dn procéder ii>st pas sans inconvénient. La solution, au moment où elle pt^nètre dans la flamme, est projetée de toute part, en sorte que le bec de Bunsen et la fente du spectroscopc sont bientôt envahis par une masse de résidu salin qui d<^tériore les appareils et nuit à In netteté de Tobservution.
M. Duboscq a imaginé un appareil formé de [dusieurs tubes de verre dans lesquels on introduit les solutions à essayer. I^ source de lumière est Pétincelle d'une bobine d'induction alimentée par trois ou quatre éléments de Bunsen. Les deux fds entre les- -quels rétincelle doit jaillir sont disposés de la manière suivante : Tun, le fil positif, •st soudé au fond du tube, traverse la colonne liquide, et s'arrête à une très-petite distance au-dessous de son niveau; Tautre, le fil négatif, arrive par la partie supéneure, traverse l'atmosphère du tube, et s'arrête en regard du premier fil, à une distance de 3 ou 4 millimètres au-dessus du niv(>au de la solution.
L'étincelle, en jaillissant, volatilise l'eau et la subsUincc dissoute, en sorte que le spectre qu'elle produit est sillonné par les raies caractéristiques de cette substance.
Ce petit appareil évite toute projection de liquide sur le spectroscopc ; mais il est as.^ez diflicile de graduer Tintcusité électrique, de manière à obtenir des bandes lumineuses très-nettes et très-apparentes.
spayrRE iies principaux métaux.
flamme un composé de potassium et parti eu lièremenl le clilonire.' Une raie rouge brillante apparaît en foiotidence avec lit i-aic A dlj spectre solaire, ea même temps qu'une i^e violette se montreW peu ca deçà de la raitî H du même spectre. J
Le spectre de la li[;ure :i de la planche I est celui qin> prodiA l'interposition du sodium ou de ses composés dans la ilamnic i.*^ ritlque du Itec de Bunsen. Ou n'observe qu'une raie unique, i'v^ beau jaune orauj^é, coïncidant d'une manière exacte avec 1) raie D du spectre solaire. i
La figure à de la planche 1 montre l'apparence que prendlc specUl par l'inlerposition du Ihalliur 'ins lallamme. Une seule raie 9 manifeste, comme dans le cas au sodium; miiis, au Heu d'être îtituée dans le jaune, elle est située dans te vert, un peu en cU^ de la raie E du spectre solaire.
La couleur des raies produites par les ditrércnts mélaux n'esl pas la seule chose à considérer : ce qui importe surtout, c'est h position qu'elles occupent dans le spectre, c'est-à-dire la divisai du micromètre à laquelle elles correspondent. |i
Si l'on suppose le micromètre partagé en â5Û divisions éqnïi distantes, et placé de telle sorte que la 100* division ooïnciA très-exactement avec la raie D du spectre solaire, voici ce qu'ai observe : i
Le potassium, k quelque état de combinaison qu'il se trouve^ fait naître, ainsi que nous l'avons dit. deux raies principales, l'uH rouge, corrcapnndanl au point 08, l'autre violette, rorrespondanl nu point â02.
Le sodium fait apparaître une seule raie qui est jaune, très-brillante, et qui correspond au point 100 du micromètre. Elle coïncide donc exactement avec la raie D du spectre solaire.
Le strontium donne quatre raies rouges très-brillantes, une jaune correspondant au point 07, et une bleue correspondant» point 156.
Le baryum présente un ensemble nombreux de lignes brillantes comprises entre le rouge el le bleu.
l£ calcium offre des bandes orangées et une belle raie verte.
Le rubidium, nouveau métal alcalin, donne deux raies roug»! très-brillantes, situées aux points 06 et 67, e( deux raies vioIeH» J situées aux points 188 et 180 (fig. 6, pi. 1).