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SPECTRE DE DIVERS CORPS

Le cœsium Tait apparatlre doux l'aies qui sont toutes deux bloues, Irès-éclatanies et très-voisines (fig. 5, pi. I).

Le thallinm est caractérisé par Tappantion d'une seule raie qui est située dans le vert et qui est très-brillante.

Vinditim fournit deux mies dont Tune est située dans le bleu cl l'autre dans le violet. Ces deux raies sont très-vives et assez distantes Tune de l'autre.

Vhydrogèney sorte de métal gazeux, donne trois raies très-nettes et très-caractéristiques : la première, entre le rouge et l'oranjié, en coïncidence avec la raie C ; la seconde dans le bleu, en coïncidence avec la raie F; la troisième dans l'indigo, un peu avant la raie (i. Le phosphore présente également trois nies, mais autrement placées. La première est à l'entrée du vert; la seconde est au milieu du vert et coïncide avec la raie E ; la troisième se trouve au commencement du bleu.

Ainsi, en tenant compte de la couleur et surtout de la position des raies, il devient facile de reconnaître quels sont les métaux qui entrent dans une dissolution quelconque, puisqu'il suffit de tremper un fil de platine dans cette dissolution, et d'introduire ce fil dans une flamme très-chaude à spectre continu. Tel est, en effet, le procédé que l'on emploie pour connaître la nature des métaux qui entrent dans la composition d'un résidu salin ; et on comprend qu'il puisse être mis à profit dans l'analyse qualitative des eaux minérales, l'essai se bornant alors à une simple observation au spectroscopc du produit de leur évaporation.

La méthode, toutefois, n'est ni aussi générale ni aussi sûre çi'elle le parait au premier abord. Elle s'applique très-bien aux métaux alcalins ou terreux que nous venons de citer, parce que ces métaux offrent le double avantage d'être assez volatils pour (jue leur vapeur se répande dans l'intérieur de la flamme, el de donner des spectres simples, c'est-à-dire des spectres dans lesquels il n'existe qu'un très-petit nombre de raies de couleur et de position bien déterminées. Mais quand on veut l'étendre à d'autres métaux très-peu volatils, tels que le plomb, le cuivre, l'argent, etc., etc., b chaleur d'un bec de Bunsen n'étant pas suffisante pour les volatiliser, leur spectre est continu comme celui des solides incandescents, et l'observation spectrale ne donne plus d'indication utile. On peut, il est vrai, employer une source calorifique beaucoup

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plus intense ; mais alors le métal volatilisé fournit un ensemble de raies tcllemont compliqué qu'il faut les précautions les plus minutieuses et l'observation la plus attentive pour y reconnaître les sij^nes caractéristiques de sa présence.

Si Ton vient, par exemple, dans Tare électrique d*une forte pile de Bunsen, à remplacer le crayon inférieur de charbon par un petit creuset dans lequel on dépose un fmgment de fer pur, on voit apparaître plus de soixante raies qui se trouvent disséminées dans ks diverses couleurs du spectre. Le nickel en fournit âO, le cobalt 60, et il semble diflicile de distinguer, parmi toutes ces raies qui deviennent très- voisines , celles qui appartiennent à tel ou tel métal (1).

Cependant on peut encore distinguer ceilains métaux par quelques-unes des raies auxquelles ils donnent lieu :

Vargent donne, entre autres, deux raies vertes exlrêraeraeni luniineuses.

Le cuivre donne un groupe de bandes rouges et un groupe d^* raies vertes.

Le zinc [)résente des bandes bleues.

Le laiton donne la combinaison des raies particulières au cuiNTr et au zinc.

On peut donc espérer que, même pour les métaux lîxes dont la vapeur fournit un grand nombre de raies, l'analyse spectrale punira offrir de précieux avantajces. En pareil cas, la position des raies devant être déterminée avec une grande précision, il importe qu'elles soient séparées les unes des autres par une large dilatation du faisceau. C'est à quoi M. KircholT est parvenu en faisant usage d'un spectroscope à plusieurs prismes.

La figure 249 représente un de ces appareils, muni de quatre prismes, (ju'un dessin séparé (fig. 250) montre en coupe avec leur disposition sur la plate-forme du spectroscope.

Dans les spectrosropes polyprismes, la lunette objective a son axe dirigé sur la première face du premier prisme, tandis que la

(1) On pourru consulter avoc fruit Ws planches I et II qui se trouvent i U fin il» 08* volume des Atmales de phyxùjue et de chimie ^ 3" série. M. KircliofT a fij^anf da»» ces planches toute» h's raies dn spectre avec les métaux qui leur correspondent. (^ peut y reconnaître les raies formées [tarV aluminium, VanUmoine, Vargent, V^nenic, le cadmium, le cobalt, le chrome, le cuivre, Vètain, le fer, le magnésium, le mercnrr, le nickel, Vor, \e plomb, la silicium, le iinc.

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lunette oculaire rei'oil le spectre qui a traversé les quatre prismes, et qui émei^e par la seconde face du dernier. Le tube micrométrique est lui-même disposé de manière à ce que les rayons qui portent l'image du micromèlre, se réfléchissent sur la face d'émergence du dernier prisme, et viennent confondre leur foyer conjugué av3c celui des l'ayons réfractés partis de la mire. Du reste, les quatre j)rismes sont mobiles, isolément ou ensemble, autour d'un axe vertical; de sorte qu'il est toujours possible de ramener chaque couleur à sa déviation minimum.

Bandes d'absorption produites par rinteri>osition de diverses matières colorées. — Lorsqu'on place un veri'e coloré devant la

Fie. i4<J — Sprairnscope poljpi

fente du spectroscope, il est facile de voir que ce verre absorbe toutes les couleurs complémentaires de celle qu'il transmet. Dans le cas d'un verre roupe, tous les rayons autres que le rouge sont arrêU's, et leurs places dans le .«pecire se trouvent marquées par autant de bandes noires dont la posilion peut être facilement déterminée par l'échelle du mirrométi-e.

Si, au lieu d'un verre rouge, on emploie tout autre écran, un liquide coloré par exemple, on obtient des bandes d'absorption qui, bien observées, deviennent caractéristiques de la matière qui les a produites.

Pour observer un liquide coloré, on le verse habituellement

dans une petite cuve de verre a faces parallèles (Ag. SM), et on dispose celle cuve devant la fente du spectroscope (!)• .

Observation axi speclroscope de la matière colorante du sang. — Un intérêt particulier s'attache à Tobsei^vation de la matière colorante du sang. Lorsqu'on mêle une ou deux gouttes de ce liquide avec i ou 5 grammes d'eau, et qu'après avoir introduit le mélange dans la petite cuve de verre dont il vient d'être question, on plac« celle-ci devant le j collimateur du spectroscope, on recoonaH FiG. 251.— Cuve enverra daus le spcctre produit deux larges bandes ^Td^aZrplio^^ *''"" obscures dont la position est constante et inïa-

riablc. Toutes deux sont situées entre les i*aiesD et E (fjg. 252, II) ; mais l'une est dans le jaune et l'autre dans le vert. En réglant l'appareil de manière que le spectre total occufo 100 divisions, et que le point 40 du micromètre coïncide exactement avec la raie D du spectre solaire (fig. 253, 1), on peut déterminer avec précision la place et le nombre des divisions occupées par chacune de ces bandes.

Cette propriété de fournir deux bandes d'absorption disposées comme il vient d'être dit appaitient à Vhémoglobine ou globule sanguin combiné à l'oxygène. D'après Hope Seyler, un liquide qui ne renferme que ^^^ d'hémoglobine, examiné sous une épaisseur de 0'",01, présente encore nettement les deux bandes. Dragondorfîa reconnu que cette assertion est parfaitement exacte, à la condition, toutefois, d'opérer sur du sang frais.

L'hémoglobine possède un second caractère que l'on doit toujours chercher à constater. Sous l'influence d'agents réducteurs, comme l'hydrogène sulfuré, le sulfure d'ammonium, le tartwle acide d'étain, le sulfate ferreux, etc., les deux bandes dispai'aissenl pour faire place à une bande unique (fig. 252,111), située dans une position intermédiaire entre les deux bandes précédentes et, par

(Ij On p >ut encore so servir des petits flacons à faces paraUèles que Ton trouve ches les parfumeurs, et qui permettent d'observer le mi'mc liquide sous des épaisseurs va* riablesi. Mais Tapparoil le plus convenable serait un vase qui, comme le lactoscope df M. Donné, donnerait le moyen d*augmcnter ou de diminuer l*épaisseur de la couche liquide, tout en conservant le parallélisme des deux faces opposées.

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