SPECTRE DE LA CHLOROPHYLLE
M. CI. Bernard a montré que, dans Tempoisonnement par l'oxydtî de carbone, ce gaz déplace Toxygènc de sa combinaison avec l'hémoglobine et s'y substitue. Le sang qui a été ainsi modifié donne deux raies larges et obscures, peu différentes de celles que présente le sang oxygéné normal. Mais la combinaison que forme l'oxyde de carbone avec la matière colorante du sang est tellement intimo que, ni le vide, ni l'action des corps avides d'oxygène ne peuvent la détruire. Il s'ensuit que les deux bandes d'absorption auxquelles elle donne heu persistent après l'un ou l'autre traitement, et qu'on a, dans cette persistance même, un moyen de reconnaître la présence de l'oxyde de carbone dans le sang.
On ne peut méconnaître l'importance que ces faits présentent au point de vue de la constatation des taches de sang en chimie légale.
Observation spectroscopiqae de la chlorophylle. — Lorsqu'on examine, au spcctroscope, une solution alcoolique de chlorophylle, on voit apparaître dans le champ de l'instrument de magnifiques bandes noires dont la position, le nombre, la largeur et l'intensité peuvent varier dans des limites assez étendues.
Pour déterminer la position de ces bandes, M. Chautard (1), auquel on doit ces observations importantes, s'est servi d'un micromètre partagé en 150 divisions, dont la quarantième correspondait à la raie D du sodium ; la dixième division coïncidait à peu près exactement avec la raie A de Frauenhofer, et la cent cinquantième avec la raie H.
En observant la solution alcoolique de chlorophylle sous l'épaisseur de 6 centimètres, et à l'aide d'un micromètre ainsi construit, voici les phénomènes qu'il a vu se produire :
Le rouge vif a paru manifeste de 10 à 18 degrés. Mais, à partir de ce terme, une bande noire très-foncée a couvert le spectre, et s'est étendue en se dégradant insensiblement jusqu'au degré 55. Entre 55 et 70 degrés, le spectre a montré une couleur verte très-brillante. Mais ce qui est à remarquer, c'est qu'au point 40, l'absorption a été si complète, qu'en plaçant devant la solution une flamme très-vive de chlorure de sodium, aucune partie de cette flamme n*a pu être aperçue dans le spectre.
(t) Journal de pharmacie et de chimie, i' série, XVH, 512, 446, et XVIU, 474.