SPECTRE D'ABSORPTION DE L'HÉMOGLOBINE ET DE SES DÉRIVÉS
conséquent, placée elle-même entre les deux raies D et E. On donne k celte bande unique le nom de bande de Stockes.
Lorsqu'on soumet Thémoglobine à Taction des acides ou des alcalis, elle se dédouble en une substance albuminoïde, nommée globuliney et en une matière colorante, appelée hématine. Cette dernière, en solution acide, donne une seule bande d'absorption
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FiG. 252. — Spectres d'absorption.
située à la limite du rouge et de Torangé, tout près et un peu au delà de la raie C (fig. 25:2, IV). Si la solution est alcaline, la bande d^absorption est située plus près de la raie D et occupe presque toute la largeur de l'orangé. C'est en raison de cette absorption d'une partie des rayons de l'extrémité rouge du spectre, que l'héinatine parait verte dans la lumière transmise.
Les deux caractères que nous venons de signaler comme appai-
586 ESSAI m SANG AU SPECTROSCOPE.
lenanl à rhémoglobine sont très-importants ; mais, pour les constater avec certitude dans les cas d'analyse médico-légale, il faul donner au liquide le degré de concentration convenable, ou Fobserver sous une épaisseur suffisante. Lorsque les taches que Ton a à examiner sont très-faibles, et que l'eau dans laquelle on les a délayées est en proportion relativement considérable, on se serl avec avantage d'un tube de 5 millimètres de diamètre, cl d'un di^cimùtre de longueur (fij?. 253). Ce tube, rodé à ses deux extrémités, peut se f(»rmer à l'aide de deux plaques en crisUil que l'on assujettit à l'aide d'un caoutchouc et d'une monture à vis, comni»' dans les tubes de Biot. Le tube est alors placé horizontalement devant la fente du spertroscope, et l'observation peut se faire sous une épaisseur de 10 centimètres, sans que la quantité de liquid»» ait besoin d'être considérable.
On pourrait craindre, en se basant uniquement sur le procéd»'» spectroscopique, de confondre l'hémoglobine du sang avec cer-
FlG. !253. — Tube pour robservalion des bandes d'absorption des Utches de sang.
taines matières colorantes rouges ou violacées : l'expérience montr»' qu'il n'en est rien. Le suc (h cerUes, les infusions de rose trémièie, de myrtille, de bois de Brésil, de garancey le viti ronife^ les couleurs A'aniliney les acétates^ hyposulfites, méconates Hsulfocynmires ferriques produisent bien des changements dans l'aspect du spectre ; mais, en aucun cas, les bandes d'absorption ne peuvent être confondues avec celles du sang. La cochenilley il est vi-ai, quand elle est en solution ammoniacale, donne deux bandes qu'un examen superficiel pourrait faire confondre avec celles du sang; mais la position de ces bandes n'est pas la même, et le sulfure d'ammonium n'y fait point apparaître la bande de Stockes.
Il y a donc de fortes présomptions pour croire qu'on a affaire à une tache de sanj^, toutes les fois que le liquide observé au spectroscope former deux bandes d'absorption comprises entre les raies D et E, et que ces deux bandes disparaissent sous l'action du sulfure d'ammonium, pour faire place à une bande unique située dans l'espace clair qu'elles laissaient entre elles.