‹ Manipulations de physiqueChapitre 220 sur 304 · P11ÉPAÏL\TI0N D'UNE ÉPREUVE PHOTOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

P11ÉPAÏL\TI0N D'UNE ÉPREUVE PHOTOGRAPHIQUE

Dès que ce résultât est obtenu, on tire la plague du bain, on la fait égouttcr, et on la place dans le châssis à glace que Ton ferme complètement ;

5° L'objet à reproduire étant toujours au-devant de Tappareil^d l'image de cet objet ayant son maximum de netteté sur Fécran provisoire, enlever cet écran et le remplacer par le châssis qui renferme la plaque sensible. Démasquer cette plaque en soulevant h planchette pliante du châssis; tout étant bien en repos, ouvrir l'obturateur de l'objectif et maintenir l'action de la lumière pendant 15 secondes environ (1). Au bout de ce temps abaisser la planchetU' pliante et enlever le châssis ;

6** Retourner dans la chambre obscure. Ouvrir le châssis; en extraire la plaque qui a été insolée et sur laquelle on n'aperçoit encore aucune image. Verser sur cette plaque, à l'aide d'un verre i pied, une solution de sulfate de fer composée de la manière suivante :

Protosulfale do fer cristallisé 4 grammes.

Eau distillée 100 —

Acide acétique cristallisable i —

Alcool à 95« i —

On a soin que celte solution s'étende partout uniformément sur la plaque, et on fait écouler avec précaution le liquide excédant. L'image apparaît et s'accuse de plus en plus. On continue les lavages au sulfate de fer jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment développée. Elle est alors très-apparente, mais elle est négative ;

T Laver la plaque sous un filet d'eau, de manière à lui enlever jusqu'aux dernières traces de sulfate de fer; puis verser à sa surface une solution récente de cyanure de potassium à 4 p. 100. L'image se dépouille alors et devient positive. On continue jusqu'à ce que tout Tiodure d'argent soit enlevé, ce dont on juge par la disparition de la teinte jaune, en examinant la glace par derrière (2);

(1) La durée de l'exposition doit varier nécessairement selon que la lumière e$t plus ou moins vive. Quinze secondes expriment la durée moyenne correspondant à une intensitf» moyenne de la lumière ordinaire.

(t) XjC cyanure de potassium dont il est ici question n*est pas le prussiate RTeCy*, mais le sel lialoïdc K(W qui possède, comme on sait, des propriétés toxiques extrèoMment marquées. Les dangers auxquels on se trouve sans cesse exposé par remploi «run sel aussi vénéneux ont porté un grand nombre de photographes à remplacer k

8^ Laver une dernière fois l'épreuve en la plongeant d'abord dans une cuvette remplie d'eau distillée ; puis en la soumettant à un filet continu de ce liquide.

Quand elle est parfaitement sèche, vernir sa face antérieure avec du vernis préparé à cet usage, bien transparent, et recouvrir la face opposée d'un papier noir convenablement collé.

En se conformant scrupuleusement à la série d'opérations qui vient d'être décrite, on arrive à obtenir un positif sur verre dont la finesse est merveilleuse et dont l'aspect est fort agréable.

Théorie physico-chimique des positifs sur verre. — !• Lorsqu'on verse du collodion parfaitement transparent sur une plaque de verre, celle-ci ne tarde pas, ainsi que nous l'avons dit, à prendre un aspect voilé. D'où vient cette opalescence ?

L'éther qui entre pour une large part dans la composition du collodion s'évapore rapidement et produit beaucoup de froid. La vapeur d'eau que l'air renferme toujours en quantité plus ou moins grande, se condensant peu à peu sur la couche liquide ainsi refroidie, modifie de plus en plus ses propriétés dissolvantes, et il arrive un moment où le fulmicoton, ne pouvant plus se maintenir complètement dissous, se sépare en partie et donne au liquide l'aspect particulier qu'il présente.

2" Au moment où la plaque recouverte de collodion ioduré est plongée dans le bain d'argent, elle prend une apparence grasse toute particulière ; il semble qu'elle refuse de se laisser mouiller.

panure de potassium par riiyposulfite de soude qui dissout comme lui Tioilure d'arl^ent, et dont le maniement ne peut entraîner aucune conséquence fâcheuse pour 'opérateur. Mais rhyposulfite de soude a le triple désavantage, au point de vue pra- Jque, d*agir moins vite que le cyanure de potassium, de donner des blancs moins nin et de s*enlever plus difficilement par Teau. Ce dernier inconvénient est surtout rès-grave ; car, pour peu que l'épreuve retienne la moindre trace d'hyposuinte, elle « couvre au bout de quelque temps de taches étoilées qui ne tardent pas à la déruire, même alors qu'elle est parfaitement vernie.

Voici, d'ailleurs, la composition de la solution d'hyposulfite que l'on destine au ixige des positifs sur verre :

Hyposulfite de soude cristallisé 100

Eau distillée 1000

Cette solution peut être préparée d'avance ; le temps ne change rien à ses propriéés. La solution de cyanure de potassium e^t au contraire très-altérable : le sel qu'elle 'enferme se change graduellement en carbonate et perd peu à peu la faculté de disioudre Tiodure d'argent. Aussi est-il nécessaire de ne dissoudre le cyanure dans reaa [u'à mesure du besoin, et de sacrifier les solutions anciennes.

Mais bientôt Tadhérence s'établit ; au bout d'une minute elle esl complète, et la solution d'argent s'étend alors uniformément sur toute la surface du coUodion. Quelle est la cause qui détermine ces changements successifs dans la capillarité réciproque des deux liquides ?

La cause est l'action chimique qui s'élablit entre les éléments dissous. L'iode que renferme le collodion éthéré et l'argent qui existe dans la solution aqueuse se combinent peu à peu pour former de l'iodure d'argent, et TaOïnité chimique qui déteimine la réunion de ces deux éléments détermine en même temps l'adhérence déplus en plus marquée des deux liquides qui les tenaient séparément dissous. On remarque d'ailleurs qu'à mesure que le contact se prolonge, la couche de collodion devient de plus en plus blanche par la formation progressive de l'iodure d'argent qui s'interpose dans sa masse et la rend uniformément laiteuse dans toute son étendue.

3*" Que se passe-t~il maintenant pendant l'exposition à la lumière et pendant le traitement au sulfate de fer? Pourquoi la plaque devenue sensible par l'inlerposilion de l'iodure d'argent ne présente-t-elle aucune trace visible de décomposition après que la ^•imière a agi sur elle, et pourquoi l'image que cette décomposition aurait dû produire se manifesle-t-elle tout à coup au conlacl lu sulfate de fer? Pourquoi enfin, si cet agent chimique a réellement la propriété de réduire l'iodure d'argent, borne-t-il son effet réducteur aux points de la plaque qui ont été frappés par la lumière, el qui correspondent à une sorte d'image invisible qu«* celle-ci aurait tracée pendant son action ?

Lorsque l'iodure d'argent a subi, pendant 15 secondes, l'aclion de la lumière, aucune image n'apparaît sur la plaque, et il semble en effet que le collodion soil demeuré complètement insensible aux rayons lumineux qui l'ont frappé.

Cependant il y a eu action réelle. Celte action a été trop courte, il est vrai, pour entraîner la réduction immédiate de l'iodure d'argent, mais elle a été suffisante pour impressionner (i) ses molé-

(1) Cette impression qu'éprouve la plaque sensible lorsqu'elle est exposée pendant un temps très-court à l'action de la lumière difluse esl une action purement physique, et qui ne doit pas ôtre confondue avec l'action chimique que cette même lumière lui fait éprouver quand elle agit pendant un temps suffisamment long.

Pour se convaincre de la différence qui existe à ce point de vue, il suffit de prendre

calesj c'est-à-dire pour rendre leur séparation possible sous Faction de causes qui eussent été impuissantes à les séparer sans celte excitation préalable.

Parmi les agents qui peuvent ainsi décomposer Tiodure d'argent lorsqu'il a. reçu l'impression de la lumière, on distingue certaines matières organiques telles que l'acide pyrogallique, ou certains sels réducteurs tels que le protosulfate de fer (1). On leur donne en général le nom de révélateurs ou de développateurs , parce qu'on considère qu'ils développent à l'égard de Tiodure d'argent l'action réductiîce que la lumière a commencée et qu'ils seraient par euxmêmes incapables de produire. Ce qui montre l'exactitude de cette dernière assertion, c'est que le protosulfate de fer n'a de prise que sur l'iodure d'argent qui a été insolé, et que l'action qu'il exerce sur celui-ci est proportionnelle à la quantité de lumière qu'il a préalablement reçue.

4* Dans quel but ajoute-l-on au sulfate de fer, qui paraît seul nécessaire, de l'alcool et de l'acide acétique, et pourquoi l'image développée est-elle négative? L'addition de l'alcool et de l'acide acétique est un détail opératoire suggéré par l'observation. On a remarqué que l'alcool donne à la solution du sulfate de fer la propriété de couler facilement sur la plaque sans se séparer à la surface et sans produire de taches graisseuses. Quant à l'acide acé-

deux plaques semblables revêtues d'une môme couche snnsible, et de les exposer, dans une chambre obscure, à l'action d'un môme spectre solaire, pendant des temps trèsdiiTérents.

Celle pour laquelle l'action a été sufTisamment prolongée se trouve noircie dans toute rétendue du spectre visible ; mais elle Test très-peu en deçà comme au delà de ces limites. Colle qui n'a reçu l'action du spectre solaire que pendant un instant trèscourt n'est noircie en aucun point; mais elle a été impressionnée dans certaines régions du spectre, et peut fournir une image dans ces régions sous l'action d'un révélateur.

Or on remarque que l'image ainsi développée sur la seconde plaque ne correspond pas à l'image directement produite sur la première. Elle ne dénote aucune trace d'action dans le rouge, l'orange et le jaune ; tandis qu'elle en accuse une très-vive non-seulement dans le bleu, l'indigo et le violet, mais dans la partie du spectre qui s'étend à une grande distance au delà de ces limites.

(1) L'action du protosulfalc de Ter sur l'iodure d'argent peut se représenter chimiquement par la formule suivante ;

3 (FeO.Sœ) + Agi = Fe* œ.SSœ + Ag + Fc I.

En sorte que le sel de fer passe au maximum en perdant le tiers de son fer qui se combine à l'iode pour former de Tiodure de fer, et l'argent se trouve ramené à l'état métaUiqus.

tique, son effet est de préserver les noirs et de rendre les blases plus brillants.

Pour comprendre que l'image développée par le sul&te de fer doit être négative, il suffit de réfléchir aux faits suivants :

Ce qui constitue l'image visible, c'est la transformation de Viodure d'argent qui est blanc en argent métallique qui est noir quand il se manifeste sous la forme d'argent réduit. Les points de l'image qui se présentent comme les plus obscurs sont ceux qui ont reçu le plus de lumière ou, ce qui est la même chose, ceux qui correspondent aux points de l'objet qui étaient le plus vivement éclairés. Il est naturel d'après cela que tout soit inverse dans l'image produite, et dès lors les parties blanches étant rendues en noir, tandis que les parties noires sont rendues en blanc, l'épreuve obtenue doit être nécessairement une épreuve renversée, c'est-àdire négative.

5** Quel est le véritable rôle du cyanure de potassium, et par quel mécanisme change-t-il l'image négative en image positive?

Au moment où le sulfate de fer vient de produire son action révélatrice, l'image n'est encore ni très-nette, ni très-apparente, parce qu'elle est empâtée dans la masse d'iodure d'argent que la lumière n'avait pas impressionnée et qui, par conséquent, n'a éprouvé aucun changement de la part du réducteur. Il importe d'enlever cet iodure en excès, si l'on veut donner tout à la fois de la fixité à Tépreuve et de la netteté à Timage. Le cyanure de potassium est un des meilleurs dissolvants que l'on puisse employer dans ce but; et quand nous disons qu'il dépouille l'image, nous entendons dire qu'il la débarrasse de l'iodure non décomposé qui l'empâte et la rend confuse.

Mais il reste à concevoir pourquoi cette image devient positive, et c'est ici qu'il convient de donner un mot d'explication sur l'étal positif ou négatif des images.

En réalité, une môme épreuve peut paraître négative ou positive suivant qu'elle est vue par transmission ou par réflexion. Si elle est placée entre l'œil et la lumière, les points recouverts d'argent réduit représentent la partie obscure : l'image est négative. Si au contraire elle est vue par réflexion, ces mêmes points représentent la partie brillante, puisque ce sont eux qui réfléchissent le plus de lumière : l'image est positive.

PRÉPARATION DINE ÉPREUVE NÉGATIVE im

Or le cyanure de potassium, en dépouillant Finingo, niodilio lo )oint de vue sous lequel elle se présente àTœil, oi fuit quVIlo est rue par réflexion plutôt que par transmission. CotriVetso trouvo complété par le soin qu'on a de placer cette image sur un tond loir; en sorte que la lumière réfléchie étant la soûle qui puisso >arvenir à l'œil, Tépreuvese trouve dans les conditions qui In renient exclusivement positive.

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