DOSAGE DE L'ACIDE CARBONIQUE
loe viveébullitioQ se manifeste. L'eau abandonne la plus grande partie de Facide carbonique qu'elle tenait à l'état de libre dissolution, et elle en reste saturée pour les conditions particulières où elle se trouve.
Quand le dégagenient du gaz a complètement cessé, on agite légèrement la petite colonne d'eau pour être assuré qu'elle est bien à Félal de saturation ; puis, au bout de quelques minutes, quand l'équilibre est de nouveau établi, on procède aux observations : le gaz dégagé se mesure et se corrige par la méthode ordinaire ; celui qui est retenu en dissolution se calcule d'après les données scientifiques des expériences de M. Bunsen. Représentons par :
V Volume total que présente Tacide carbonique libre, lorsqu'il est ramené aux conditions normales, c'est-à-dire, à 0®, à 760"'"» et à l'état de siccité parfaite ;
V Volume du gaz dégage avant les corrections ;
H Pression que supporte le gaz dans la chambre barométrique ;
f Tension maximum de la vapeur d'eau qui l'accompagne ;
a Coeflicient de dilatation des gaz = 0.00367 ;
p Volume du liquide sur lequel a porté l'opération ;
« Coefficient de la solubilité de l'acide carbonique pour la température t ;
H'. . . . Pression moyenne à laquelle se trouve soumis le gaz qui reste en dissolution dans l'eau ;
La formule générale qui donne la totalité du gaz libre s'exprime alors de la manière suivante :
760 (1 -f af) "^ ^^ " 760
4* Enfin, le quatrième tube ayant été préparé très-exactement comme le troisième, et ayant donné lieu au même dégagement de gaz libre, on y fait passer à l'aide d'une pipette courbe un léger excès d'acide sulfurique au dixième. Les bicarbonates sont à l'instant même décomposés : une nouvelle quantité de gaz vient s'ajoutera la première, on la mesure par le même procédé.
La différence entre les déterminations fournies dans le même moment et sur la même quantité d'eau par les tubes c et d exprime précisément la proportion d'acide carbonique qui existait à l!état de bicarbonate.
Avantages particuliers du procédé barométrique qui vien* titre décrit. — Les procédés chimiques ordinairement employ
pour apprécier l'acide carbonique libre et combiné dans les eaux minérales ne permettent pas son dosage direct et séparé sous ces deux étals. Le chlorure do baryum ammoniacal par lequel on a coutume de traiter Teau minérale piécipitc à l'état de carbonate de baryte tout Tacido carbonique libre et combiné que cette eau contenait en dissolution (1). Lorsqu'on en a déterminé le poids, on prélève sur la somme totale ce qui est nécessaire pour former des bicarbonates avec les bases ti'ouvées par l'analyse, et on considère comme acide libre tout Tacide carbonique qui excède cette quantité.
Ce dosage indirect et par différence conduit souvent aux erreurs les plus grossières. C'est ainsi que l'eau des Célestins, à Vichy, a été trouvée moins gazeuse que l'eau de l'hôpital, quand il est évident, pour tout le monde, qu'elle renferme une quantité d'acide libre beaucoup plus considérable.
Le procédé du vide barométrique offre précisément cet avantage de donner successivement, et d'une manière directe, le dosage de l'acide carbonique sous ses deux élats.
La facilité avec laquelle on dose l'acide carbonique par le procédé du vide permet do résoudie sur les eaux minérales divei*ses questions qui ne sont pas sans intérêt :
Par exemple, on poul comparer la stabilité relative des divei'ses eaux gazeuzes, et observer la déperdition journalière que chacune d'elles éprouve quand elles sont toutes placées dans les mêmes conditions. On reconnaît ainsi que les pertes éprouvées ne sont pas en rapport avec les nombres qui expriment la richesse en gaz libre. Les eaux alcalines sont, en général, celles où domine la force d'attraction, et où le dégagement du gaz éprouve le retard le plus considérable.
On peut de même étudier dans les diverses eaux le rapport qui existe entre les deux quantités qui représentent, l'une l'acide carbonique libre; l'autre, l'acide carbonique combiné. L'observation faite à ce point de vue sur les eaux des diverses sources de Vichy a conduit il un résultat très-digne d'intérêt, à savoir : que les eaux
(1) Le précipité nVst'pas exclusivement formé de carbonate de baryte. H peut contenir en mélange du borate, du silicate, du phosphate et surtout du sulfate de barjtc. n faut donc commencer par le soumettre à un traitement assez compliqué au moyen de l'acide chlorbydrique et de l'ammoniaque, employés successivement, afln de savoir pour quelle part réelle le carbonate de baryte entre dans le mélange.