I9« CHANGEMENT D'ÉTAT
ù l'essai, on l'introduit dans le tube v. On adapte à son col le thermomètre t, dont le réservoir doit plonger au milieu même de h masse ; puis on chauffe légèrement le tube, de manière à porter h température de la substance à :20 degrés environ au-dessus da point présumé de sa fusion.
H"" L'enceinte à refroidissement étant convenablement prépara, on ajuste sur le col du cylindre à air A, le tube v contenant b i masse fondue et le Ihcrmomôtrc t. On maintient constante lalem- '. pérature de Toau contenue dans Tespace BB(1), et Ton surveille avec soin la marche décroissante du thermomètre /., en notant, tontes les minutes et même toutes les demi-minutes, le degré indiqué sur son échelle.
Tant que cotlo marche décroissante suit une progression régulière, on peut être assuré que la matière se refroidit simplement, sans changement cVélal, Mais dès qu'un trouble survient dans le refroidissomeni, dès que la température, au lieu de décroître, comme elle l'avait fait jusque-là, devient tout à coup stationnaire, ou même s'élève de quelques degrés par les raisons qui ont été indiquées plus haul, on peut être certain que ce phénomène coïncid<' avec un comniencenuînt de solidilication de la matière refi*oi- (lie. Pour connaîtri» le degré réel auquel la solidilic^ition s'effectue, il suffit de lire celui qu'indique le thermomètre quand il devient stationnaire, ou celui auquel il remonte lorsque, par suite de l'inertie, la solidification n'a commencé à se produire qu'au-dessous du ternie normal (:2).
Kn opérant ainsi, et en combinant les indications fournies par les deux procédés qui viennent d'être décrits, on arrive, pour le point de fusion réel, à un chiffre que l'on peut considérer comme ass(v/ voisin de la vérité.
C4as où le chan(jemeni iVèlat esl viujne et mal déterminé, — U rsl uni» remarque essentielle qui doit être présentée à l'égard du
{\\ e.'esl dans ro Lui ([u'on a j»»iiil au baiu-niario IJIÎ, oornuio lo montre la figure : l" uu ajçilatt^ur qui permet d'en mAl'^r toutes les couches; t" un tliermomèlre qui indi(iae ù tout instant sa température; 3^ un e?itonu(Mr cylindrique ù robinet, qui donne le moyen d'y faire couler de l'eau IVoide, et «le maintenir constant le degré indique par le thermomètre.
{"1) On pourra consulter avec fruit les indications fournies ù ce sujet par M. Bouis, daiiH une note intitulée : (Jhxei'valious sur In fusion et lu snlulificution iAtmales de lihtisiijuc ei lie chimie^ .*)' série, \L1V, I55i.
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K>ini de solidification. Le procédé qui vient d'être décrit prévoit le cas où la substance essayée conserve l'état liquide nu-dessous du lerme normal de sa congélation; mais elle ne prévoit pas celui où le cliangcment d'état ne se fait que par des {rradations lentes et in- ^nsiblcs, comme cela a lieu pour la plupart des matières jurasses ou résineuses. Si Ton observe, en pareil cas, la marche du thermomètre pendant que le changement d'état s'accomplit, on la trouve anormale et saccadée, .ce qui tient d'abord à ce que le passage a Télat solide est vague et mal déterminé, et ensuite a ce que, la matière étant très-peu conductrice, la chaleur qui résulte du changement d'étal se trouve toujours très-mal répartie. En notant, minute pai' minute, les degrés marqués par le thermomètre, on obtient une courbe très-irrégulière, qui tantôt s'élève et tantôt s'abaisse entre deux limites d'ailleurs très-étendues. Il devient alors trèsdifficile d'arriver à une détermination exacte, surtout si la matière essayée ne commence à se solidilier qu'à un degré de beaucoup inférieur à celui qui représente le point de fusion fourni directement par le premier procédé (1). Li seule donnée que l'on puisse obtenir repose sur un calcul dont les éléments sont toujours plus ou moins incertains. Connaissant par le chronomètre, le temps que la substance met à se solidifier complètement, c'est-à-dire le temps pendant lequel la marche du thermomètre est anormale et saccadée; connaissant, d'un autre côté, le décroissement régulier que la température éprouve à partir du moment où, la matière élant fomplélement solidifiée, le changement d'état n'intervient plus comme cause perturbatrice, on peut calculer le degré auquel le Ihennomètre se serait élevé, si le passage à TéUit solide avait eu lieu dans des conditions nettes et normales. Mais la température de fu- >^on, ainsi calculée, présente toujours plus ou moins d'incertitude. Dans l'opinion de M. Rudorff (/oi/nm/ de Physique, I, if)4), si le corps observé a une composition bien définie, comme l'acide sléarique, la cire, etc., la température de la solidification est sen- >iblement la même que celle de la fusion. CVst la température à
(t; parmi le* rorps gras, \o bcurn' de cacao est un dos plu» remarquables par la peni«lance avec laquelle, une fois fondu, il conserve l'état liquide. On a beau ragiter, y projeter un fragment débourre de cncao solide, rien ne peut déterminer sa solidification, bien que sa température soit souvent de 10, de 15 vi m«^me de iO degrés audessnut du point de fusion. Puis tout à coup, et sans qu'on puisse en expliquer la caus^, le changement d'état s'opère, le beurre se solidille. et la iem|>érature s'élève.