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DIX-HUITIÈME MANIPULATION

Délerminer la richesse alcoolique d'un vin à Vaide des appareils de Gay-Lmsac et deSalleron, Effectuer la même détermination au moyen des procédés très-divers qui ont été imaginés pour le même objet.

La détermination de la richesse alcoolique des vins est une des questions les plus importantes que le pharmacien puisse se proposer. On révaluc ordinairement en centièmes de leur volume; et quand on dit qu'un vin contient 10 pour 100 d'alcool, cela signifie qu'un litre de vin contient 1 décilitre ou 100 centimètres cubes d'alcool.

Principe de la distillation. — Si le vin n'était constitué que par un simple mélange d'alcool et d'eau, rien ne serait plus simple que d'obtenir l'évaluation de sa richesse alcoolique; il suffirait de porter sa température à 15 degrés et d'y plonger un alcoomètre centésimal gradué comme il a été dit dans la sixième manipulation; le degré marqué sur la tige au point d'affleurement serait l'expression réelle et directe de la richesse alcoolique cherchée.

Mais le vin est un liquide complexe. Indépendamment de l'eau et de l'alcool, il renfermo du tartrate acide de potasse, du tartrate de chaux, une matière extractive, du tannin, des acides tartrique, succinique, œnanthique et acétique, de la glycérine, des matières colorantes jaune et bleue, une matière végéto-animale, une huile particulière qui lui donne son arôme, enfin du sel marin, du sulfate de potasse. Ces divers principes modifient nécessairement la densité du vin, et altèrent, par cela mr^me, le sens des indications alcoomélriques. Pour rendre à celles-ci leur signification réelle, il faut amener le vin à ne plus être qu'un mélange d'alcool et d'eau : c'est à quoi Ton parvient au moyen de la distillation.

Lorsqu'on distille du vin avec ménagement en évitant avec soin toute projection de liquide, tout entraînement mécanique des principes fixes, on observe que le produit distillé ne renferme sensiblement que de l'alcool et de l'eau. On observe en outre que, pour les vins de richesse moyenne, tels que ceux de Bordeaux ou de

ArPAREIl, [IE GAY-I.LSS.\C, tourgogne, la Lotalilé de l'ulcool passe dans le premier tiers du roduil distillé ; landis que, pour les vins très-riches, tels que ceux E Madère ou de Malagti, il taut pousser la disliltationjusquamoié pour être siir de ne point laisser d'alcool dans io résidu.

Aftpareil de Gay-Lmsar. — La distillation du vin peut s'effectner facilement à l'aide d'un appareil distillaloire employé ot perfectionné par Gay-Lussac. Cet appareil (flg. 105) comprend trois pières essentielles : 1" une eliaudière A cfiuis laquelle se forment les vapem-s; 2° un tiibi; G par lequel elles se défragenl; 3° un serpenlinDdans lequi-l elles se condensent.

Fib lOS.— Alambic df

Le tube de coiauiunicalion C t'ait partie int>''^'raute du serpentin B, et il se relie à la chaudière par une pièce cylindrique E qui emboîte et n^couvre à frottement une autre pièce cylindrique dépendant de la chaudière. La jointure hermétique de ces deux pièces assurée par une petite quantité d'eau que l'on verse dans la rilie saillante li. Quant îi la tubulure f, elle permet d'introduire le Tin dans la chaudière, snoii qu'où soit obligé de démonter l'appareil.

•pcrnlolre. — I" Ajuster exactement toutes les par- S de l'appareil. Les trois pieds à vi* qui supportent le seau réfrijéranl donnent le moyen de le placer à hauteur convenable.

i RICHESSE ALGOOUQUE DES VINS.

!2' Mesurer 300 cenlimèlres cubes (1) du vin i essayer, an mojei ( l'éprouvette graduée qui figure à droite du dessin. Introdiâpe liquide dans la chaudière A, et fermer hermétiquement le lube par lequel s'est faite cette introduction. Remplir d'eau froide le au réfrigérant dans lequel tournoie le serpentin, et déposer anissous de son orifice inférieur une éprouvette jaugée Y, contenant j^.i )0 centimètres cubes jusqu'au trait qu'elle porte i sa partie «aîricure.

S*" Chauffer doucement la chaudière à l'aide d'une lampe i allol, e^n évitant avec soin toute projection de liquide (2). Refroidir tube de communication par un filet continu d'eau froidCi et re- )uveler également l'eau du réfrigérant, si cela est nécessaire. Cela fait d ailleurs facilement, au moyen de l'entonnoir G, qui conlit l'eau froide au fond du réfrigérant, et qui renvoie Tean chaude ir le tube a auquel on adapte un caoutchouc. Continuer ainsi 1^ stillalion jusqu'à ce que le niveau du liquide distillé ait atteint J ^ ait 100 dans l'éprouvette V.

A"" La distillation étant achevée, entourer l'éprouvette V d'eau ^^ ) degrés. Plonger l'alcoomètre centésimal dans le produit distil l'elle renferme, et noter le degré qui correspond au point d* mrement. Ce degré, divisé par 3, indique la richesse alcooliq I vin mis en expérience (3).

»t*IUi d^nne expértenee pratiquée Mir un éebABtill«B de tIii, à Vmié de rapparell dlsIlllAtelre de Ctay-liOMMie.

Soient :

Volume du vin mis en expérience 300"

Produit distillé recueilli 100*

Degré alcoométrique du produit distillé... S6* Température au moment de l'observation. . 19*

1; S'il s'iigissriit d'uii vin très-riche, contenant au dolù de 15 pour 100 d'alcool, il idrail n'en introduire que 200 <'cnl. cub. dans la chaudière.

â) Cotte projoelion se rccunnailrail de suite à la coloration rosée du produit disé.

3) Tout Talfool que renfermaient l<>s 300 cent. cub. di; vin se trouvant concentre daui lOOcent. cub. de produit distillé, la richesse de celui-ci devient nécessairement triple celle du vin essayé; et c'est pour cela qu'il Taut diviser par 3 Tindication fournie par Icoomètrc centésimal. ^

APPAREIL M M. SALUKON. 22:!

Le Ubtcau des corrections, placé à la tiii de cel ouvrage, indique que le degré 26" à + 19°, correspond au degré Sl'fi à + 15°. D'aprts «la, la richesse alcoolique du lin esl :

Le rin essayé conlieni donc 8. S pour 100 d'alcool, ce qui veut dire, dans le luga^ de l'alcoomèEre centésimal, qu'à la tempéralure de + 15°, pour la- (|Mlle l'instrument a élé gradué, 100 conl. cub. du vin examiné contiennent ff.i d'alcool absolu, ou, ce qui esl la même cliosc, que le vin dont il est qoeslLan renferme 85 ceotiniélres cubes d'alcool absolu par litre.

Appareil de M. Salleron. — M. SalloroD, dans le but île rendre Udislillalion du vin plus facile et moins longue, a imaginé un appareil (lig, 106) de pelite dimension, très- portatif, qui exige beau-

KlG. tOË. — Pelil apparfil de M. SuUerua pour I'

coup moins de liquide, et par conséquent aussi beaucoup moins d'eau réfrigérante. Cet instrument, par la facilité de son emploi et la rapidité de ses indications, est aujourd'hui adopté par les octrois des grandes villes et par un grand nombre de commerçants.

Le principe de l'opération esl, d'ailleurs, exaclement le même i|iie celui de l'opération précédente ; l'appareil seul ditfèrc en queli\ws points. La chaudière est remplacée par un petit ballon de (erre B, de 200 cntimètres cubes environ (I). A l'ouverlure E de

'l| Le balliin de verre nflrc cH av.inUi{;c qu*!! pr^rmct de. voir h lii|uiili< inlérirur, ri ^' rrfiliM' la nammc de la lampe à nlroot, iIr manière à obtenii' une ébultîlion lente et

ce ballon, se trouve adapté un tube en caoutchouc D, qui le relie avec le serpentin C, et qui donne beaucoup de flexibilité à l'appareiL L'éprouvette L, qui présente deux traits de jauge, 1 et 1,2, est disposée de manière à pouvoir admettre tout à la fois dans son intérieur un thermomètre et un alcoomètre centésimaL Ces pièces, comme les précédentes, sont de très-petite dimension.

Mode opératoire. — 1° Remplir Téprouvette jusqu'au trait de jauge supérieur a avec le vin qu'il s'ajçit d'essayer. Introduire ce vin dans le petit ballon de verre; ajuster hermétiquement les pièces de l'appareil, et, après avoir rincé et égoutté l'éprouvette jaugée qui a servi à mesurer le vin, la disposer immédiatement audessous de l'orifice du serpentin ;

2" Chauffer le ballon au moyen d'une lampe à alcool A, en employant toutes les précautions usitées en pareil cas. Continuer la distillation jusqu'à ce que le niveau du produit distillé parvienne au trait 17:2(1);

3*» Ajouter au produit distillé la quantité d*eau nécessaire pour compléter un volume égxil à celui du vin mis en expérience, et déterminer, à l'aide do l'alcoomètre centésimal, les proportions relatives d'alcool et d'eau contenues dans ce mélange. Le degré de l'alcoomètre exprime en centièmes la richesse alcoolique du vin.

Toutefois, les degrés inscrits sur la tige de l'alcoomètre se l'apportant à la température de -}- 15, il y a une correction à laire, lorsque la température est différente. On se sert, pour cela, d'une table à double entrée, qui a été établie par Gay-Lussac, et que nous avons reproduite à la lin de cet ouvrage : sur la ligne horizontale se trouvent les tompératiires ; sur la ligne verticale se trouvent les degrés alcoométriques. On choisit sur ces deux lignes les indications fournies par Texpérience, et le degré réel se trouve au point d'intersection de leur prolongement.

Procédés directs dans lesquels la distillution nest pas jugée nécessaire. — Les procédés que nous venons d'exposer exigent, Tun et l'autre, la distillation préalable du vin; et, bien que cette opéra-

(1) Le liquide alcoolique qui passo à la distillation entraîne toujours une petite quantité de la poussière blanche qui recouvre le caoutchouc >iilcanisé. Le produit distUIé en devient moins transparent; mais son titre alcoométrique n*en reçoit aucune atteinte.

ÉBULLIOSCOPES. . 225

Q ait été rendue aussi pratique que possible dans le pelit appa- 1 de M. Salleron, on a cherché à s'en affranchir en employant des océdés fondés sur d'autres principes, et dans lesquels la distilla- )n n'est pas jugée nécessaire. Nous citerons en particulier : Vébuloscope de M. Brossard-Vidnl, Vébullioscope de M, Conati, mo" i/î« «par M. Malligand; le dilatomètre de M. Silbertnann ; xnamitre de MM. Limousin et Berquier; le compte-gouttes de f. Salleron et celui de M. Dxiclaux,

Ébullioscope de M. Brossard-Vidal. — Le procédé de Tébulioscope est fondé sur la différence qui existe dans le point d'ébulition des liquides alcooliques suivant la proportion d'alcool qu'ils •enferment. L'eau pure bout à 100^, sous la pression normale; 'alcool absolu bout à 78% 4, sous la même pression. Un mélange feau et d'alcool bout à une température intermédiaire, d'autant plus voisine de 100' qu'il est plus aqueux, d'autant plus voisine de 78,'4 qu'il est plus alcoolique.

Les vins, quoique ayant une nature complexe, se comportent à cet égard, comme de simples mélanges d'alcool et d'eau ; car )n a observé que leur température d'ébuUition est à peu près indépendante de la nature et de la proportion des matériaux fixes pli s'y trouvent contenus (I ). La question se réduit donc à prendre ivec exactitude le point d'ébullilion du liquide dont on veut conlaitre la richesse alcoolique.

Le premier appareil fondé sur ce principe a été imaginé par I. Brossard-Yidal. Il porte le nom à'Ébullioscope à cadran. Il se ompose d'un large tube thermométrique en verre, ouvert à sa arlie supérieure, et rempli de mercure jusqu'à une petite disUmce e son extrémité. Sur le mercure repose un petit flotteur, attaché ar un iil qui s'enroule sur une poulie, et que l'on maintient tendu

l'aide d'un contre-poids. Au centre de la poulie se trouve une iguille qui parcourt les divisions d'un cadran, et qui marche dans in sens ou dans l'autre, suivant que le niveau du mercure s'élève »a s'abaisse dans le tube.

Le thermomètre étant successivement plongé dans l'alcool ab-

'I) Cest celle circonslance qui donne de l'intérôl au procédé de Tébullioscope ; car, i ce procédé exigeait, comme celui de ralcoomètrc, une distillation préalable du vin, * n'offrirait aucune espèce d'avantage, l'opération étant plus longue etl«» - •^'"ins

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