PROCÉDÉ POUR RENDRE CONDUCTEURS LA
cire ou les compositions. Ceux qui ont acquis les notions les plus élémentaires sur l’électricité
(1) On copie mieux les petits médaillons délicats légèrement teintés , en humectant leur surface d’huile d’olive avant de verser la cire.
(2) Yoy. § 79 pour la manière de détacher un plâtre adhérent.
savent que la cire n’est pas un corps conducteur et ne peut servir à transmettre le courant voltaïque. On a proposé divers moyens de lui communiquer cette propriété. Il en est un qui offre le triple avantage d’être simple, certain et économique; c’est le seul que je décrirai. Il consiste à recouvrir la surface avec de la plombagine, dont l’emploi a été recommandé par M. Murray ; le professeur Jacobi en a également fait usage, et décrit la manière de l’appliquer dans sa Galvanoplas tique.
33. Cette substance est connue dans le commerce sous les noms divers de plombagine, graphite, mine de plomb. La dernière dénomination pourrait faire croire que le plomb joue un rôle important dans cette substance. Il n’en est rien ; elle ne contient pas du tout de plomb et se compose de fer et de carbone (1), qui en forme la plus grande partie. J’ai déjà signalé ce dernier corps (§ 5) comme un très-bon conducteur. On emploie fréquemment dans les arts l’espèce la plus fine pour faire des crayons à dessiner, la plus grossière sert à brillanter les pièces de fer. La différence de qualité ne paraît pas tenir exclusivement à la quantité de carbone. Les carbures communs dont on se sert pour nettoyer les cheminées sont de fort bons conducteurs et pourront servir aussi bien que les plus fins, s’ils ont un certain degré de pureté. Malheureusement ils sont presque toujours altérés par le plâtre et le charbon de bois. Il est douteux qu’on puisse se procurer chez
(1) Son nom technique est carbure de fer.
les marchands de îa plombagine assez pure pour les expériences électrotypiques ; toutefois, des demandes fréquentes ont déterminé les fabricants d’appareils électrotypiques à préparer de la plombagine propre à être appliquée sur des moules de cire.
34. Il faut qu’elle soit bien sèche. Après avoir légèrement dirigé son haleine sur le moule (1), on trempe dans la plombagine un pinceau très-souple avec lequel on frotte rapidement la surface ; et on continue ces deux opérations jusqu’à ce qu’elle présente le brillant de la mine de plomb. Il faut avoir soin de frotter également toutes les parties. On se sert avec avantage d’un gros pinceau de poils de chameau. Exécutée avec soin , cette opération n’altère en rien îa finesse du moule. Quand il est bien couvert de carbure, si quelques-unes de ses parties paraissent blanchâtres lorsqu'on l’expose de nouveau à la vapeur de l’haleine il faut recommencer les frictions. En pressant contre le dos du moule un fil métallique propre et légèrement chauffé, il s’y fixera solidement. Il faut alors frotter ce conducteur et la cire qui l’environne avec le pinceau à plombagine, pour établir entre eux un contact parfait. On doit enlever avec un couteau la plombagine accumulée sur les bords du moule qui sera prêt à être employé, s’il est petit; mais auquel il faudra ajouter les guides métalliques décrits dans le § 61, s’il a de grandes dimensions. On revêt de la même manière les
(1) Cette précaution est inutile; elle peut même être nuisible , en déterminant en certains points des amas de plombagine. (JSoie du Trad.)
empreintes de cire à cacheter; mais pour déterminer l’adhérence de la plombagine il est nécessaire d’humecter légèrement l’empreinte avec de l’esprit-devin, ou de l’exposer à la vapeur de l’éther (1).
35. Moules de plâtre. On fait encore des moules de plâtre fin qui seront imprégnés de cire ou de suif (dans un vase creux contenant ces substances en fusion) et revêtus de plombagine (§ 34) lorsqu’ils seront refroidis. Le plâtre doit être fin , récemment préparé, et, si l’on veut le conserver quelque temps, il faut le renfermer à l’abri de l’air dans un vase ou dans tout autre récipient. Le mélange se fait en versant d’abord de l’eau dans un bassin à bec , on y jette ensuite le plâtre peu à peu et l’on fait écouler l’eau qui surnage : il reste assez de liquide dans le plâtre pour effectuer le mélange. Lorsqu’il est complet, étendez, au moyen d’un pinceau de poils de chameau , une petite quantité de plâtre liquide sur toutes les parties de la médaille , pour chasser les bulles d’air, et versez enfin assez de plâtre pour donner au inouïe une épaisseur convenable. Si vous avez eu la précaution d’huiler légèrement le modèle, vous éprouverez peu de difficulté à détacher le moule lorsqu’il sera sec. Avec du soin,
(1) On donne de la solidité aux empreintes de cire à cacheter, en les doublant avec du plomb. Ordinairement on frotte le revers avec de la résine sur laquelle on fait fondre un peu de soudure, et enfin on y verse du plomb fondu. Mais, comme on éprouve de la difficulté à étendre la soudure, on substitue la stéarine à la résine , après avoir d’abord chauffé l’empreinte. Je dois ce procédé, simple mais efficace, au révérend F. Lockey.
les moules de métal fusible (§ 60, 65) fourniront autant de copies qu’on pourra le désirer. Les moules de cire ou de composition sont presque toujours altérés plus ou moins lorsqu’on les sépare du cuivre. Je dois ajouter que l’on a récemment proposé de faire des médailles solides empreintes sur les deux faces, en faisant déposer le cuivre entre deux moules, placés vis-à-vis l’un de l’autre, jusqu’à ce que l’intervalle soit comblé. Je recommande aux personnes qui voudraient tenter cette expérience , d’adopter une modification du procédé indiqué par le professeur Jacobi, qui facilitera beaucoup l’exécution. Au lieu de placer le moule verticalement dans la solution (§ 48) , il faut le disposer horizontalement (§ 65); puis, lorsqu’il est recouvert d’une couche de métal assez épaisse, éparpiller entre les deux surfaces, de la limaille de cuivre, et laisser marcher l’opération. Le métal qui se déposera ensuite , se confondra avec la limaille de manière à former une seule masse solide ; je recommande l’emploi de la limaille dans tous les cas où l’on voudra épaissir rapidement les épreuves.