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III. Appareil voltaïque

36. Préparés comme nous l’avons dit, les moules sont propres à remplacer la plaque négative de cuivre dans le vase générateur (1) d’un couple voltaïque simple à effet constant (§ 17), ou la plaque néga-

(î) Nous désignons par cette expression , le vase qui contient le couple de zinc et de cuivre, ou d’autre métal, $ 3.

tive d’une cuve à décomposition (J). Dans tous les cas, ils occupent le point où se porte l’hydrogène lorsque le liquide est de l’eau acidulée (§ A, 11) ; et celui où le cuivre est mis à nu , si l’eau acidulée contient du sulfate de cuivre (§12, 13, 17).

37. Le lecteur trouvera le moyen le plus simple de produire une médaille électrotypique , en se reportant à la description que nous avons donnée (§ 3) d’un couple voltaïque simple. Au lieu d’employer la plaque de cuivre, il faut fixer (§27) un moule de métal fusible à l’extrémité du fil métallique (§ 26), et plier ce dernier en forme de fer à cheval, de manière que le moule soit en face du zinc ; enveloppez alors le zinc d’un morceau de papier brun (2), dans lequel vous verserez de l’eau salée ou légèrement acidulée avec l’acide sulfurique, et plongez le tout dans un vase contenant une solution saturée (§ 19) de sulfate de cuivre.

38. Cet appareil constitue un couple de la batterie à effet constant (§ 47) ; quoiqu’il ne soit pas construit d’après les meilleurs principes , il suffira pour une expérience d’essai, le cuivre de la solution se portera sur le moule (§ 17) et le revêtira d’une couche brillante de cuivre pur, après cinq minutes d’immersion. Avec un appareil convenablement disposé (§ 50) la couche sera assez épaisse au

(1) C’est ainsi qu’on nomme le second vase dans lequel plongent les conducteurs métalliques, § 11, 12 , 13.

(2) Ce papier est fabriqué avec de vieux cordages goudronnés ; les emballeurs se servent depuis quelque temps en France d’un papier brun à peu près semblable.

( isole du Trad.)

bout de trente heures ou moins, pour qu’on puisse détacher l’épreuve qui reproduira exactement la médaille originale.

39. Toutefois , pour compléter ce couple à effet constant, il faut amalgamer le zinc (§ 19) et substituer au papier un diaphragme plus convenable (S 44).

40. Outre son action électrique sur le zinc ordinaire, l’acide a encore une action chimique; que la première s’exerce ou non , la dernière ne cessera pas tant qu’il y aura du zinc pour en subir les effets ou de l’acide pour les produire. Ce phénomène dépend de la quantité de matières étrangères que contient le zinc du commerce. Ces matières, presque toutes métalliques , constituent, avec les particules de zinc, un grand nombre de couples voltaïques qui agissent indépendamment de la plaque négative (§ 3, 17), en épuisant le zinc et l’acide. Le zinc pur ne produit pas le même effet (1) ; on trouvera dans cet ouvrage la description d’un appareil construit avec ce dernier métal (§ 78).

41. Voici la manière d’effectuer l’amalgame. Versez dans une soucoupe, du mercure, de l’eau et de l’acide sulfurique; avec une brosse, étendez le liquide et le mercure sur le zinc jusqu’à ce que toute sa surface soit recouverte d’une couche brillante de mercure (2).

(1) On le trouve tout préparé pour Télectrotypie , chez les constructeurs d’instruments.

(2) C’est à M. Kemp que nous devons l’heureuse idée d’a-

maïgamerle zinc. ( Note du Trcid.)

42. Avant de décrire les diaphragmes, je dois indiquer le procédé que je suis pour fondre le zinc. On fait ramollir dans l’eau un morceau de grès ordinaire dans lequel on creuse ensuite une cavité aussi large que possible et d’environ un demi-pouce de profondeur. On fait fondre des fragments de zinc dans une cuiller de fer placée sur un bon feu, et après avoir fixé dans le moule le bout recourbé d’un fil de cuivre on y verse le zinc fondu.

43. diaphragmes. Le papier a de grands inconvénients lorsqu’on veut prolonger les expériences, rarement et peut-être jamais il n’empêche le mélange partiel des liquides qu’il doit séparer; son usage entraîne toujours une grande perte de sulfate de cuivre, parce que le métal qu’il contient est abondamment révivifié et déposé dans les plis du papier.

On peut en dire à peu près autant des membranes animales (§ 17). Ces deux substances sont utiles pour des expériences de peu de durée, mais, si l’on veut les prolonger , toutes deux présentent des inconvénients. Il faut une matière plus solide et plus durable. On a donc construit en grès et en terre de pipe, des tubes poreux qui forment d’excellents diaphragmes.

44. Les personnes qui veulent faire une collection de médailles construiront facilement leurs diaphragmes avec du plâtre. — Creusez dans un morceau de craie une rainure ovale large d’un quart de pouce, ayant deux pouces suivant le petit diamètre et trois pouces suivant le grand; versez-y du plomb fondu , de manière à former un collier ovale :

quand le mêlai sera froid, vous le détacherez du moule. Il faut alors introduire une feuille de cuivre roulée dans son ouverture et entourer le collier d’une autre feuille métallique (1). Cette dernière dépassera la précédente d’un demi-pouce. Découpez un fond de cuivre ovale qui doit s’adapter dans le tube intérieur ; fixez l’appareil solidement et placezle sur une labié , le plomb à la partie inférieure. Préparez du plâtre (§ 35) et versez-le dans le moule; il remplira l’espace compris entre les tubes de cuivre et recouvrira le fond du tube interne. Laissez sécher le plâtre , déroulez la feuille extérieure , puis enlevez le collier et le petit fond de cuivre auquel vous aurez eu soin de fixer un lien pour pouvoir l’entraîner ; comprimez légèrement ie tube interne et détachez-le avec précaution (2). On emploie à cet usage le plâtre ordinaire, mais il faut, autant que possible, qu’il soit nouvellement préparé ; la qualité et la durée du diaphragme dépendent surtout de cette condition.

ù5. Ces moules durent fort long temps et sont précieux pour les personnes qui habitent des localités où l’on ne peut trouver d’autres vases poreux. Ils sont aussi bons que les autres diaphragmes, meil-

(1) Ces feuilles roulées forment ainsi deux tubes séparés

par un intervalle égal à l’épaisseur du collier, ou à un quart de pouce. ( Noie du Trad.)

(2) On comprend sans doute que l’on obtiendra ainsi un vase de plâtre ovale , dont les parois auront un quart de pouce d’épaisseur. J’engage les lecteurs à employer du gros plâtre de mouleur et non du plâtre à bâtir.

( Note du Trad.)

leurs que plusieurs d’entre eux et, de tous, les plus économiques (1).

46. Si l’on emploie du zinc amalgamé et les diaphragmes précédents pour l’expérience préliminaire (§ 37), on aura formé une batterie complète à effet constant. L’addition d’un petit sac contenant des cristaux de sulfate de cuivre, suspendu à la partie supérieure de la solution et destiné à réparer les pertes que lui fait éprouver la révivification du cuivre, permettra de maintenir l’appareil en action pendant plusieurs jours et même plusieurs semaines. On peut reproduire trois ou quatre médailles par semaine, si l’on a soin de retirer le moule de la solution aussitôt que le dépôt de cuivre est assez épais, pour en immerger un nouveau. Il faut aussi renouveler de temps en temps l’eau acidulée qui entoure le zinc.

Appareil composé d’un seul couple. La figure ci-jointe représente un appareil à un seul couple, construit d’après les principes que nous avons exposés.

Z est un bâton de zinc amalgamé, m le moule , w le fil métallique qui les réunit, G la solution de cuivre (§ 37), p le diaphragme de terre poreuse contenant l’eau acidulée (§ 48).

Quand on veut mettre en jeu cet appareil, on remplit le diaphragme d’eau acidulée et on le place de la manière indiquée parla figure. Le fil métallique,

(i) Voir aux notes.

communiquant avec le zinc par une de ses extrémités et, par l’autre, adhérant au moule, est immergé en dernier (§ 60).

47. L’emploi de cet appareil exige les précautions suivantes. — La solution doit toujours être maintenue dans un état de saturation au moyen des cristaux placés sur la tablette perforée. Le moule ne sera pas trop petit proportionnellement au zinc. Il ne faut pas permettre à la partie concentrée de la solution de séjourner au fond du vase. En négligeant le premier précepte, on obtiendrait une épreuve d’inégale épaisseur; si le liquide était plus concentré au fond du vase , le métal déposé formerait une masse compacte et fragile, ou se précipiterait en poudre brune, violette ou noire. Nous reviendrons plus loin sur la nature de ces produits (§ 62, etc.) ainsi que sur les proportions relatives du zinc, etc. (§ 81).

48. Une modification importante a été imaginée en Russie par le professeur Jacobi (1) , et en Angleterre par M. Mason (2) membre de la Société électrique. Elle consiste dans l’emploi simultané d’une cuve à décomposition analogue à celle dont il est question (§ 1 1) , et d’une pile à effet constant (cuivre et zinc, § 17). Une plaque de cuivre est fixée au fil métallique qui part du cuivre, celui qui vient du zinc est attaché au moule. La plaque de cuivre et le moule sont placés vis-à-vis l’un de l’autre dans la cuve à décomposition qui contient un mélange d’une partie

(1) Galvanoptastique de Jacobi.

(2) Proceedings of the electrical society, apfül8Â0, p. 203.

d’acide sulfurique (1), de deux parties de solution saturée de sulfate de cuivre et de six ou huit parties d’eau.

Appareil a batterie. La figure suivante fera

mieux comprendre celte disposition. A est un couple de Daniell. décrit dans les paragraphes 19, 56; B la cuve à décomposition contenant la solution acide de sulfate de cuivre ; c lame de cuivre destinée à fournir le métal ; m moules à reproduire. Pour charger cet appareil, versez-y d’abord les différentes solutions, suspendez un morceau de cuivre sur la règle de cuivre c , que vous unirez au cuivre de l’appareil générateur au moyen du fil z; établissez également une communication entre la règle m et le zinc, au moyen du fil x : alors , et pas avant (§ 60) , suspendez les moules sur la règle m.

49. En vertu d’une action que nous avons déjà expliquée (§ 13), le cuivre de la solution se porte

(1) Voir la note, pag. 9.

sur le moule , la plaque de cuivre est transformée progressivement en sulfate de cuivre par l’action de l’acide sulfurique , et maintient ainsi la solution au même degré. L’expérience est un peu plus longue par ce procédé ; en deux jours , on obtient une médaille de métal solide et ductile.

50. Relativement au temps qu’exigent ces expériences, je ferai remarquer qu’il dépend surtout de Y état de la température. Si l’on emploie les solutions bouillantes, une médaille peut être terminée en quelques heures ; l’action de la batterie est presque nulle pendant les temps très - froids. Durant l’hiver rigoureux de 1840 à 1841, du mois de novembre au mois de mars, je plaçai mes batteries à quelques mètres du feu ; sans cette précaution , je n’aurais pu réussir dans mes expériences.

51. L’emploi de la cuve à décomposition permet de reproduire deux ou plusieurs médailles sans qu’il y ait une plus grande dépense de matières dans les batteries ; si , par exemple , on emploie , en guise de cuves à décomposition, deux pots à confitures juxtaposés, et qu’on place dans l’un la plaque de cuivre (§ 48) et le moule dans l’autre (§ 48) , en réunissant les deux cuves au moyen d’un fil de cuivre plié plongeant par ses extrémités dans les deux liquides , le courant voltaïque pourra suivre son cours sans interruption. Dans une des cuves , la plaque de cuivre sera dissoute comme précédemment (§ 49) et le métal s’accumulera sur une extrémité du fil métallique ; dans l’autre cuve , l’extrémité de ce même fil sera dissoute et le cuivre se portera sur le

moule. Si à l’une des extrémités du fil plié on attache un moule destiné à recevoir le cuivre revivifié dans la première cuve , et qu’à l’autre extrémité on attache une plaque de cuivre (1) pour remplacer ce métal mis à nu dans la seconde cuve , on obtiendra deux médailles au moyen d’une seule batterie.

52. Ce procédé permet de copier plus de deux médailles en augmentant le nombre de cuves ; l’expérience m’a démontré que six était le nombre le plus convenable. Il faut faire communiquer les cuves entre elles au moyen de fils métalliques pliés portant à l’une de leurs extrémités une pièce de cuivre , et à l’autre un moule. Suivant le nombre de cuves, la force de la solution (§, 48) doit être diminuée par l’addition d’une certaine quantité d’eau et sa conductibilité augmentée en y ajoutant de l’acide. On cherchera à placer les moules et les plaques de cuivre le plus près possible, sans toutefois qu’ils soient en contact. De cette manière, une batterie d’un seul couple, zinc et cuivre (§ 56), produira six médailles en trois jours si la température n’est pas trop basse.

53. Les personnes qui ont les auges de terre de la batterie de Wollaston trouveront les cellules fort commodes pour cet usage, en raison de leur forme. Ordinairement elles sont divisées en douze compar-

(1) Il n’est pas nécessaire de soucier cette plaque, il suffit d’y percer un trou dans lequel on introduit le fil que l’on tord ensuite. Il est bon de vernir le fil métallique ( % 26) pour le protéger. On peut mettre les conducteurs en contact au moyen de la torsion , de petites pinces de bois ou de vis de pression.

timents ; et j’ai coutume d’en mettre six en communication avec une batterie et six avec une autre , de manière que je produis, avec une seule auge, deux douzaines de médailles électrotypiques par semaine. La forme des compartiments permet de placer en regard et à une petite distance les moules et les plaques de cuivre, ce qui, joint à d’autres précautions, rend le dépôt égal et facilite l’opération en diminuant la masse du liquide que le courant doit traverser. Le métal est d’une excellente qualité. On peut faire des auges de différentes dimensions en bois verni et les diviser en six compartiments, au moyen de cloisons de verre ou de porcelaine.

54. L’avantage de ce procédé, sous le rapport économique , ne saurait être mis en doute si l’on se rappelle que, pour une once de cuivre mis à nu dans la solution que contient la batterie, il s’en dépose une once sur chaque moule (page 10) et qu’ environ une once de zinc sera consommée pour produire cet effet. Ainsi donc, que l’on réunisse en série (§ 48) six (§ 52-53) ou même vingt moules , la même quantité de zinc sera employée. En conséquence, on peut avec une ônce de zinc produire assez d’électricité pour faire à volonté une, six ou un plus grand nombre de médailles pesant chacune une once.

batterie AUGMENTÉE. La figure représente une batterie de Daniell mise en communication avec une série de six cuves contenant chacune un moule. A batterie, B ange, Z fil de communication entre la plaque de cuivre G et l’élément négatif (§ 4) de la

batterie, X conducteur qui réunit le moule m avec

le zinc de l’appareil; a,a,a,a,a cinq fils métalliques pliés , portant chacun un moule à une extrémité et un morceau de cuivre à l’autre (§ 52). 11 est nécessaire d’employer un petit artifice en chargeant cet appareil , si l’on veut conserver une face brillante (§ 60) aux médailles qui vont se former. -—Chargez l’appareil comme nous l’avons déjà dit (§19, 46) ; réunissez la plaque de cuivre G à la batterie, plongez les extrémités d’un fil métallique dans les deux compartiments extrêmes de l’auge. Établissant alors la communication entre le zinc et le moule m au moyen du fil x9 mettez le zinc dans le diaphragme et le moule dans son compartiment m; deux minutes après, ce moule sera recouvert de cuivre ; dès lors vous n’aurez plus à craindre l’action chimique (§ 60). Retirez actuellement l’extrémité du fil qui plongeait dans le compartiment m pour le plonger dans le compartiment qui suit; fermez le courant au moyen du conducteur plié a portant à

ses extrémités un moule et une plaque de cuivre : après avoir attendu deux minutes la formation du dépôt, reportez l’extrémité du fil métallique dans le compartiment suivant et continuez de même jusqu’à ce que les six moules soient en place.

55. Je n’ai encore parlé de la batterie que d’une manière générale. On a vu (§ 46) qu’elle était composée d’un morceau de zinc amalgamé placé dans un diaphragme de plâtre contenant de l’eau acidulée, et d’un morceau de cuivre situé en dehors du diaphragme dans un vase rempli d’une forte solution de sulfate acide de cuivre. Il est actuellement nécessaire de donner une description plus détaillée. Quoique le maximum d’effet résulte de l’emploi de surfaces égales de zinc et de cuivre, cependant dans la pratique il n’est pas nécessaire d’observer rigoureusement ce principe. On fait généralement usage d’une surface de cuivre plus étendue que celle du zinc, parce que cette disposition est plus commode.

56. Batteries de Danieii . On a construit de petites batteries de Daniell (§ 19,46), très-commodes pour nos expériences. Elles sont composées d’un vase de cuivre qui contient la solution de sulfate et forme l’élément négatif, et d’un bâton de zinc placé dans un diaphragme poreux. Une petite tablette perforée, pour recevoir les cristaux supplémentaires, et des vis de pression destinées à établir les communications complètent l’appareil.

57. Je me suis appliqué à faire, au moyen de l’électrotypie , l’appareil même qui est destiné aux opérations, et je suis parvenu à faire une bat-

terie solide, bien disposée et fort simple, par les procédés à l’aide desquels une batterie construite de la sorte doit produire des épreuves. Je mets de la cire dans un grand pot à confitures, que je place auprès du feu jusqu’à ce qu’il soit bien chaud et que la cire entre en fusion; alors je l’agite en tout sens pour que la cire s’étende sur toute la surface intérieure, après quoi je fais écouler la matière surabondante. Quand le vase est refroidi, je frotte toute la surface de la cire avec de la plombagine (§ 34). Le vase est alors rempli d’une solution saturée de sulfate de cuivre dans laquelle on place le tube poreux contenant de l’eau acidulée et un morceau de zinc amalgamé. Il s’agit alors de plier le conducteur fixé au zinc , pour le mettre en contact avec la surface revêtue de plombagine. Deux ou trois heures après, cette dernière est entièremeut recouverte de cuivre. Ce vase forme la meilleure et la plus simple des batteries que l’on puisse construire : la plaque de cuivre (§ 3) du couple voltaïque est remplacée par le dépôt métallique ; le diaphragme de plâtre (§ 44) et les solutions complètent l’appareil. On pourrait revêtir de plombagine toute la surface intérieure du vase : lorsqu’on s’en serait servi pendant une semaine ou deux , le dépôt de cuivre serait assez épais pour qu’on pût l’extraire ; autrement on briserait le vase et l’on ferait ainsi, sans soudure, un récipient complet pour la batterie de Daniell (§ 46). Pour ajuster un fil métallique à ce vase , il suffit de nettoyer avec soin une extrémité de ce fil, et de le plier de manière qu’i 1 se fixe exactement sur le bord du vase.

Ce moyen de construire le vase de cuivre facilite considérablement les applications de l’électrotypie. En opérant sur une grande échelle, on pourrait établir à peu de frais des appareils de toutes les dimensions ; par exemple : un baquet pourrait être transformé en cuve galvanique, si l’on voulait reproduire un objet qui nécessitât l’emploi d’une grande quantité d’électricité (1).

58. On a construit de fort jolies cuves à décomposition , ayant un pied de profondeur et de longueur et larges de deux ou trois pouces. Au reste, les dimensions varient suivant les circonstances. Deux tringles de cuivre sont fixées paralièment à la partie supérieure , l’une des deux peut être mise en communication avec le zinc et l’autre avec le cuivre de la batterie; les moules (2) sont suspendus sur la première au moyen de petits crochets formés à l’extrémité des fils métalliques qu’on y a préalablement fixés (§ 27) , la seconde supporte une plaque de cuivre. On peut rapprocher à volonté ces deux tiges métalliques. Cette disposition, fort commode, permet de faire plusieurs médailles en même temps , mais elle n’économise pas le zinc comme l’arrangement par séries (§ 54). Une once de zinc produit six ou un plus grand nombre de médailles qui, toutes ensemble, ne pèsent qu’une once au lieu d’avoir chacune ce même poids. — La figure représente une de ces cuves en communication avec une batterie de Srnee , com-

(1) Voir $ 76 une autre cuve très-utile.

(2) Ces auges se prêtent admirablement à la reproduction des grands modèles de plâtre.

posée d’argent platinisé et de zinc amalgamé.

Cette pile n’exige pas l’emploi d’un diaphragme et l’on ne se sert que d’eau acidulée pour la mettre en action. Dans ces derniers temps , on a fait un grand usage de cet instrument. D’après les principes que j’ai déjà posés, on comprendra facilement son mode d’action. La plaque d’argent SS communique avec la plaque de l’auge à décomposition ; le zinc ZZ est en rapport avec les moules. Il faut éviter , comme le recommande M. Sinee, de laisser tomber dans le vase quelques gouttes de la solution ou des cristaux de sulfate de cuivre , car le métal se porterait aussitôt sur la plaque f latinisée et altérerait l’effet de la batterie (1).

59. J’en ai dit assez pour familiariser le lecteur avec l’emploi de ces appareils; son jugement le guidera dans le choix qu’il doit faire de l’un ou de l’autre. Mon but était de simplifier le procédé opératoire

(1) Voir aux notes.

pour rendre le chemin facile aux personnes qui voudront s’engager dans l’étude de cet art si intéressant.

60. Précautions à 'prendre à P égard des moules . Il est convenable d’insister ici sur certaines circonstances relatives à la manière d’employer les moules. Si une empreinte en métal fusible est plongée dans la solution cuivreuse avant que la batterie soit en action , ce liquide agira chimiquement sur le métal et laissera déposer à sa surface un oxyde de couleur foncée. Cet accident n’aura pas lieu , si l’on ne place le moule dans l’appareil que lorsque tout sera bien déposé (§ 48). On complétera le circuit que doit parcourir le fluide , par l’immersion du moule en dernier lieu (§ 46 , 48 , 54). Quand on observe ces précautions , toute la surface du moule est instantanément recouverte de cuivre, lorsqu’il est plongé dans le liquide, et alors on n’a plus à craindre le dépôt d’oxyde. Il se manifeste dans cette expérience un phénomène bien singulier , c’est que la surface de l’empreinte de métal fusible , employée comme je l’ai recommandé, n’est jamais mouillée par le liquide dans lequel on la plonge , et , dans le fait, elle n’est jamais en contact avec ce dernier, car l’immersion et le dépôt de cuivre ont lieu simultanément , l’un est l’effet immédiat de l’autre. Lorsqu’on détache la copie, le moule est aussi brillant et aussi sec qu’au moment où il vient d’être terminé.

61. Le cuivre n’est pas déposé aussi rapidement sur les moules de cire revêtus de plombagine. La couche de substance conductrice qui les couvre est

tellement mince, qu’elle ne peut transmettre une quantité de fluide électrique assez grande pour déterminer le dépôt instantané au moment de l’immersion. Dans ce cas , le dépôt de cuivre se fait graduellement ; il commence près du conducteur (§ 34) et s’étend peu à peu sur toutes les autres parties ; les moules sont imprégnés de liquide et la surface des reproductions est toujours sale; en détachant les épreuves, le cuivre entraîne la plombagine en totalité ou en partie, et si les moules ne sont pas altérés, il faut les revêtir de nouveau avant d’en faire usage (§ 35). Je décrirai plus loin (§ 68) la manière de nettoyer facilement les épreuves dont la surface est sale. Au reste , cet accident est le moins à craindre de tous ceux qu’entraîne l’usage des moules recouverts de plombagine ; il en est un bien plus grave et inévitable si l’on ne prend quelques précautions. Le dépôt de cuivre qui envahit graduellement toute la surface, commence à s'effectuer auprès du conducteur, la puissance de la batterie est donc concentrée d’abord dans un petit espace; il arrivera conséquemment que le premier dépôt de cuivre sera accompagné d’un dégagement d’hydrogène (§ 63) dont la quantité diminuera jusqu’à ce que le moule soit couvert d’une couche de cuivre assez étendue pour mettre à nu le métal seul . L’opération marche ensuite régulièrement, mais , auprèsdu conducteur, le premier dépôt est toujours de mauvaise nature et cassant. Pour éviter cet accident , je commence toujours par placer dans l’auge à décomposition , vis-à-vis de la médaille, un fil de cuivre au lieu d’une plaque. Ce fil diminue

la puissance de la batterie, ou la quantité du fluide galvanique; je le plonge plus profondément dans le liquide à mesure que le cuivre se dépose, et quand le moule est en partie recouvert je remplace le fil par la plaque de cuivre et je laisse marcher l’expérience dont la réussite est certaine.

Guides métalliques. Depuis la dernière édilion de cet ouvrage, j’ai imaginé une disposition ingénieuse pour faciliter le dépôt sur la plombagine , à l’aide de fils déliés que je nomme guides métalliques. J’enroule sur le conducteur principal (§ 34) un ou plusieursfils minces dont les extrémités portent sur différentes parties du moule et pénètrent surtout dans les ca vités profondes; ces fils de terminent le dépôt rapide du cuivre sur toutes les parties; dès lors, les guides ne sont plus nécessaires. Quand un moule est garni de ces guides , on peut le mettre dans l’auge à décomposition sans être obligé d’employer un fil avant la plaque de cuivre. Il arrive parfois que des builes d’air se logent dans les sinuosités des moules de cire ou de métal fusible, dont le travail est trèscompliqué ; il faut les faire disparaître , ou l’épreuve sera mauvaise. On les enlève en passant une plume sur la surface du moule immédiatement après l’avoir plongé dans le liquide (1).

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