‹ Manitoba et le nord-ouest du Canada [microforme]Chapitre 25 sur 40 · CEUX QUI DEVRAIENT ÉMIGRER · texte numérisé non relu

CEUX QUI DEVRAIENT ÉMIGRER

Les immigrants qui réussiront probablement le mieux dans l'état encore primitit du pays sont des cultivateurs, des éleveurs de bétail et des artisans en petit nombre, qui ne seraient pas tenus d’avoir constamment de l'ouvrage dans leurs métiers pour s'assurer leur indépendance future, ou qui ne redouteraient pas la vie de pionniers. Les agriculteurs ou les petits capitalistes qui désirent faire fructifier rapidement leur travail ou leur capital sont ceux qui seront le plus en mesure d'améliorer promptement leur condition. Les gages sont en moyenne beaucoup plus élevées que dans les provinces de l'est, et les vivres sont environ cinquante par cent plus chères.

Il est plus difficile quelquefois d'acheter du bœuf ou du lard à r'importe quel prix, à cause du trop grand nombre d’immigrants, dont la demande n'est pas en rapport avec l'offre. Les immigrants des provinces de l’est doivent doné amener avec eux tout le bétail possible, et ceux qui viennent d'Europe peuvent acheter des tètes de bétail dans. les états américains. On demande $80 ou $90 maintenant pour une pâire de bœufs, $50 pour une vache laitière, et $100 à $120 pour les chevaux ordinaires, race sauvage.

Un homme peut en tout temps de l’année émigrer à Manitoba, mais il n’en est pas de même de l’émigrant pauvre, qui compte pour vivre

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sur l'exploitation du sol et qui ne peut pas attendre. En général, l'automne est la saison la moins fav@rable pour l'émigrant, et le printemps, l'époque la plus avantageuse,

Er EVAGE DES ANIMAUX ET PRODUCTION DE LA LAINE.

L'expérience de plusieurs années prouve qu'il n'éxiste aucun obstacle physique, causé par le climat ou le sol, qui puisse empêcher le Nord- Ouest de rivaliser avec les pays les mieux doués, au point de vue des âturage. Ainsi à l'aide de l’immigration, les belles prairies de la Rivière Rouge, de l’Assiniboine, et de la Saskatchewan, se couvriront de nombreux troupeaux; et le commerce de bestiaux, qui prend déjà de l'importance, augmente rapidement, ce qui permettra saus trop de difficultés, d’en diriger le courant vers le sud. Manitoba possède autant d'avantages que l'état de l'Illinois pour l'élevage des bêtes à cornes et des chevaux, et l'emporte de beaucoup sur cet état pour l'élevage des moutons. La qualité du bœuf et du mouton qui provient des prairies du nord, est regardée comme supérieure.

Au nombre des avantages particuliers de Manitoba pour l'élevage des animaux et la production de la laine, nous signalerons ceux-ci.—1° La richesse et l'abondance des herbes du sol. La récolte des herbes se fait, surtout, sur les marais et les près dont sont parsemées les prairies, ou qui bordent les rivières et les lacs, 2°? La grande étendue de terres inhabitées qui offriront durant bien des années encore de vastes pâtnrages libres. 3° La sécheresse et la salubrité remarquable de l'hiver. L'air sec et froid, aiguise l'appétit, favorise l’engraissement et le développement des forces musculaires. La laine croit plus fine et plus forte, et, la chair du mouton, du bœuf et du cochon, devient plus tendre et plus succulente. Il y a déjà près de quarante ans, que l’on élève les moutons à la Rivière- Rouge, et l’on n'a jamais encore entendue dire qu'ils aient souffert d'aucune maladie. Les brebis bien nourries donnent 2 à 34 livres de laine, les moutons 6 à 8 livres de qualité excellente.

Les clifhats froids, conformément aux lois de la nature, exigent une plus grande quantité et une meilleure qualité de laine ou de fourrures que les climats plus chauds, ce qui explique la supériorité des laines et des fourrures des animaux qui habitent les régions du Nord. L'épaisse robe de laine qui couvre le moucon, le rend particulièrement propre à vivre dans un pays frcid, et la chaleur excessive que la laine lui fait éprouver dans un climat chaud en Australe, par exemple, engendre la maladie. A Manitoba, il n’est pas s'ijet au tac et aux autres maladies. qui déciment les troupeaux dans les climats chauds et humides. Il est indubitable que le commerce d'exportation des laines sera pendant quelque temps le plus profitabie, puisque le prix du fret pour une quantité de laine d’une valeur de deux cents piastres, ne sera pas plus élevé que pour une quantité de blé qui vaut cinq piastres.

Il est bon de noter que, si l’hiver est apparemment plus long à Manitoba, que dans l'Illinois et les Etats-Unis, le nombre de jours durant lesquels il faut nourrir les animaux n'est, Cependant, pas plus con-

sidérable. Il est nécessaire de donner un abri à tous les animaux dans ce climat durant l'hiver, mais cette nécessité né se fuit pas plus fortement sentir que dans les Etats de l'Ouest. Les pluies abondantes, froides et énervantes de l'hiver dans ces Etats sont de beancoup plus préjudiciables aux animaux sans abri, que nos froids les plus vifs. Ici les immenses meules de pailles que l'on accumule, après avoir battu la récolte des céréales, servent à protéger les animaux conire le froid; il suffit de placer des perches sur le sommet que l'on recouvre de paille, et de laisser le côté sud ouvert. De cette façon le: bestiaux se nourrissent ou de foin ou de paille, sans avoir rien à craindre des froids les plus rigoureux.

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