I.o chevalier est do mc9 amis
LB COMMANDEUR
Sans doute... Mais...
LESCAUT
Il m’a laissé jusqu’à co jour disposer do son bien...
LE COMMANDEUR
Mois aujourd’hui il est complètement ruiné.
lbscaut, changea ni de ton tout A coup.
Complètement! Le croyez- vous î
LE COMMANDEUR
Je le liens de source ceitaino; son père a résolu de réduire son amour par la (amine, et la disette commence.
Lescaut, sérieux.
Ouais!...
LE COMMANDEUR
Lo chevalier n’a plus de ressources, et jo vois {montrant les tables de jeu) qu'il en est à cette heure aux expédients.
LESCAUT
Quo ni’appreno7-vouslh?(.'/tvc une noble indignation.} Lochcvalier se serait fait du brelan une distraction indélicate, et j’au- ! rais prêté les mains à mmi insu à ces. * {./ part.) I.o sot! être | ruiné cl refuser mon talisman 1 f/l montre un jeu de certes, fait sauter la coupe, remet le jeu dans sa poche, pirouette ci se retourne du côté du Commandeur.)
le commandeur, triremml et h voix basse.
Dans la soiréo , un messager apportera céans uno lettre au chevalier; M. Tiberge est du complot... Cetlo lettre est de lui; elle a pour but d’attirer le chevalier hors du logis, et h un quart de lieue de Chaillot; les deux frères de J)es Grieux, aidés de quatre laquais vigoureux, vouslo fourrent dan» une chaise do poste... et fouette, postillon ! Dans doux jours, les portes du châicau de sa fam-.llo sc refermeront sur notre jeuno amoureux; — tandis que moi j’aime votro cousine, cl... je puis...
LESCAUT
Vous voulez l’épouser?
LE COMMANDEUR
llidn? {./prés tin rwniremenf qu'il réprime aussitôt.) Certainement 1
LESCAUT
I l’ar-dcvanl notaire?
LE COMM AM’El’R.
Par-devant notaire.
LESCAUT
i Touchez là. Quelles seront les clause* du conlrat, jo vous
i prie?
I"B COMMANDEUR
Je donne à nia femme hôtel, laquais, carrosse, plus une pension annuelle do 20,000 livres.
LESCAUT
Après?
lit COMMANDEUR.
N’êtcs-vous pas satisfait?
LESCAUT
Si... si; mais, copendant, j’hésite encore... j’aimais lo chevalier !
LB COMMANDEUR, à part.
Jo devine!... lo coquin! [Haut.) lo donne à monsieur do Lescaut, sergent au régiment du Roi... ( Lescaut n’ajias l’air j <f écouter) ma petite maison du Bourg-la-Reino.
LESCAUT, qui feint de réver.
Après tout, lo chevalier mérite-t-il l'intérêt quo jo lui porte?
LE COMMANDEUR
F.i une pension annuelle de 0,000 livres.
Lescaut, se reprenant.
It eut le bonheur de sc sauver h la nage.
î Escaut, avec in c% nul ion.
Non ! non! il ne le mérite pas î Pas de lA hes faiblesses! Fais
MANON
ca que dot*, advienne que pourra !... c'est dans nos armes! (Au Commandeur.) Je suis tout rétro désormais et jo veux m'employer à votre service. r
LE COMMANDEUR
A merveille... mais mademoiselle Manon est, dit-on, folio du petit chevalier ! Comment est-il P
Qui ça? ce godelureau? vous no Pavez jamais vu?
LE COMMANDEUR
Jamais! jamais!
LESCAUT
Oh ! mon Dieu I il est jeune, bieu fait, voilà tout!... Ne prenez donc oui souci.
LE COMMANDEUR
Oui, mais il y a aussi mon garnement do neveu qui no les quitte plus, et jo devine assez dans quoi but.
LESCAUT
Moi aussi... mais jo m’en inquièto comme do cola. Vous serez mon cousin, je l'ai résolu.
LE COMMANDEUR
Je compte sur vous. Dés quo le chevalier partira de ce côté (il montre la droite) j’àrriverai de celui-là... et... voilà! (Jt fait une pirouette.) J'entends du bruit, c’est peut-être le chevalier et Manon.