SCENE XV
MANON, DES GR1EUX, JASMIN entrant par k fond, puis LE MARQUIS.
JASMIN
Par ici, monsieur et madame, par idt
DES CRIEUX, accourant.
Manon, Manon... viens vite... voili une auborge. uanon, elle entre un bouquet de fleurs de» champs à ta main. Elle rit, elle court, elle fredonne.
Tout est fauché, pua dk faucilles;
Faoeuaea, retournei-rous-eo...
Voua les garçons et voua les filles., .
JASMIN
Tiens, mais vous ôtes mouillés.
DES CRIEUX.
Oui, une averse, un orogo, à un quart de lieue d'ici !
JASMIN
VoiUt un joli couplo!
DES CRIEUX.
Asseyez-vous IA, ma charmante amie; vous devez ôtro bion lasse?
MANON
Lasso do quoi? d’amour et do bonheur? oh! pas cncoro!
des grieux, la pressant contre son cœur.
Chère Manon !
MANON
Prenez garde... on nous voit...
des cniBlx, d voix basse.
Que tu es belle!
manon, riant et lui mettant la main sur la bouche. Taisez-vous donc ! (Des Grieux baise la main de Afanon.)
le warqus, à Jasmin.
Quels sont ces jeunes gens?
JASMIN
Jo l’ignoro; ils arrivent, mais ils font plaisir è voir. le marquis, souriant.
C’est vrai! au moins cnvoilh qui no se gênent pas pour s'aimer.
manon, à Des Grieux d'un ton de reproche.
Vous voyez. Des Grieux, je vous disais bien... (Elk se recule un peu.)
lm marquis, s’approchant. ***
Pourquoi rougir, ina chère enfant ? une femme qui est belle, qui # est jeune, qui aime et qui oso le dire, mais c’est tout simplement le chef-d’œuvre de la création.
JASMIN
• Monsieur et madame souporont-ils?
MANON
Oh 1 oui!... Oui! souper avec vous, entre nous, chez nous.
DBS CRIEUX.
Quel bonheur I (A Jasmin.) Mais pour madame seulement ; moi, jo n’ai pas faim.
LS MARQUIS à part.
En attendant, il dévore la petite!
jasmin, à part , s m allant.
Ça n’a pas le sou...
LB MARQUIS
Oui, mais crois-moi, Jasmin, fais crédit b cette belle fille. Elle te paiora quand l’esprit lui sera veuu. ( lls'assoit à droite, prend un hure et lit, Jasmin s'est retiré.)
DES CRIEUX, qui s'est astis pris de Manon, sous la tonnelle. Manon, vous tremblez? vous avez froid?
MANON
Non. (Lui prenant la mat».)Tonezl
DES CRIBUX.
En effet, votre main est brûlante ! souffrez-vous?
UES CRIEl'X.
manon, aire bonheur.
Oh! non l
DES GRIEUX
Ma belle amie, vous ne tous repentirez jamais de m'avoir suivi, n’csl-il pas vrai?
Manon.
Oh! non! car vous ne vous repentirez jamais de* m’avoir aimée, n’esl-co pas? Ainsi, nous allons b Paris? quel bonheur!
DES GU1BUX.
Oui, car là, nous serons bien cachés.
MANON
Comme (oui doit y être magnifique, immense!
DES CIUBCX.
C'est tout un monde! Inconnus, nous y serons libres; libres, nous pourrons nous aimer.
manon.
Ces promenades, ccs palais, quo je languis do les voir I ors cmiux.
Une relmlo bien humble cl bien tranquille, voilà mon rOvo. . C’est aussi le lien, n'esl-co pas?
MANON
Sans doute ; et le soir, nous irons au cours, h h comédie, et nous admirerons les nobles liâmes.
DES G III eux.
Moins chéries quo toi, Manon !
Manon.
Et ccs brillants gentilshommes. ( Mouvement de Des Cricux. rivement. ) Moins aimés que vous, mon chevalier.
lb marquis, à pari.
K*2ll<x aura beaucoup d’esprit, cette llllc-là.
DES CHIEI'X.
Oh ! tu cs il moi, toute h moi.
MANON
Vous en doutez encore ?
DES GRIEUX
Non, mais... tiens, mets ta lhain sur mon cœur.
MANON
Ecoute le mien.
DES CRIBtX.
Que veulent-ils encore? dis, Manon.
MANON
Je ne sais.
DBS GRIEUX.
Je te regarde, je le presse dans mes bras, et pourtant...
MANON
Des Grieux! (Avec élan.) Ahl quo c’est bou d’aimer!..,
DES GRI8UX
Et d'aimer toujours.
MANON
D'aimer longtemps.
LE MARQUIS
Toujours, longtemps... Ils ne s'entendent déjà plus. ( Vers la /in de cette seine, une mendiante est entrée dans la cour de l’hô% tellerie et s’est approchée de Des Grieux et dt Manon. )