ACTE II , fiCÈWE XV
MANON. t ' t
Non pas.
LESCAUT , à part , regardant la table à droite et frappant sur sa poche. J’ai dtl, c’était prudent.
Sur tous ses intérétes veiller en bon parent.
ENSEMBLE
Dieu qui vois ma terreur... it toi seul j’ai recours.
Viens et veille sur lui ! viens protéger scs jours !
LE MARQUIS
Oui, pour tê châtier, à moi seul j’ai recours.
Défends-toi! défends-toi! car il me faut tes jours!
# DESGRIEUX
A moi de châtier tes insolents discours !
Défends-toi! défends-toi! car il me faut tes jours !
LESCAUT, à part, et frappant sur sa poche.
Diamants! votre éclat a celui des amours.
Et le vôtre de plus, dure et brille toujours !
LES DOMESTIQUES du Marquis, courant sur le théâtre, ouvrant là porte du fond et la porte à droite.
Au secours! uu secours!
On attente à ses jours !
Le guet! le commissaire!
. Au secours! au secours!
CAVALIERS ET DAMES du bal, entrant par la porte à|droite.
Au secours! au secours! i
Que devenir? que faire?
Au secours ! au secours l
(Pendant le choeur précédent le Marquis et Desgrieux ont continué à s’attaquer avec fureur. Tout à coup le Marquis pousse un cri, laisse échapper son épée et tombe dans les bras de ses amis qui s'empressent de le soutenir. Manon g’est jetée au cou de Desgrieux, pâle, hors de lui, l'épée sanglante à la main. En ce moment, M. Durozeau, le commissaire, et un groupe de soldats du guet, conduits par un sergent, paraissent à 1a porte du fond. Les seigneurs et les dames accourent en désordre et «n habit de bai.)
TOUS, poussant un crû
O cieli... « : - 1 .
(A voix basse, avec terreur. . !
C’c9t son colonel !
Par lui frappé d'on coup mortel!
(Avec force et montrant Desgrieux.)
Non, non, point de grâce!
Lorsque son audace De si noble race A versé le sang!
De lui qu’on s’empare, <
(Montrant Manon.)
Et qu'on les sépare ;
Que sa mort répare Un forfait aussi grand!
DUROZEAU, aux soldats et au sergent.
De co drame sanglant, de cet affreux scandale,
Qu’on arrête tous les auteurs î (Montrant Manon.)
Cette fille d’abord, qu’ici je vous signale;
Je la connais !
DESCRI EUX, voulant prendre sa défense.
Monsieur!...
DUROZEAU, l’interrompant.
La justice, d'ailleurs,
Saura l’interroger! c’est là son ministère !
(Au sergent, montrant Desgrieux.)
Quant à lui, tous délais deviendraient superflus... *
Emmenez-le, sergent... car son affaire est claire !
Frapper son colonel !...
LE MARQUIS, à part.
Non, je ne l’étais plus !
(U se soulève des bras de ses amis, tire de son sein l’engagement de Desgrieux et le déchire en morceaux sans qu'on l’aperçoive.) ENSEMBLE GÉNÉRAL.
MANON
Grâce pour lui... grâce!
La mort le menace.
J’implore sa place *
Et son châtiment!
(Àux soldats qui veillent l’entraîner.)
Mais qu’on nous sépare.
Ah! c’est trop barbare.
Ma raison s’égare.
C’est trop de tourment!
) DESGRIEUX
Eh bien! point de grâce !
La mort me meuace!
Je l'attends en face.
Frappez hardiment !
(Aux soldats.)
Mais qu’on nous sépare.
Ah ! c’est trop barbare.
Ma raison s’égare.
C’est trop de tourment!
LESCAUT
Par ma noble race !
Ah ! quelle disgrâce De perdre une place Qu’ici j’aimais tant !
• Le destin avare.
Hélas! m’en sépare.
(Frappant sur sa poche.)
Mais tout se répare Avec du talent!