‹ Manon Lescaut operacomique en trois actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 65 sur 93 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

Fend Ml que Manon et Besgrieux , usés près l’un de l’autre , chantent ensemble

ce couplet, une petite porte secrète cachée daus la boiserie sur le premier plan s’ouvre , et paraît le Marquis sans être entendu ni vu. Il les regarde an instant, cherche à contenir sa colère; mais an moment où Desgrieux embrasse Manon, il s'avance vivement.)

DESGRIEUX ET MANON , l'apercevant et restant stupéfaits en tenant leur verre

à la main.

Le Marquis !

LE MARQUIS , Avec ironie.

Desgrieux !... qui par fraudtî s’installe La nuitw» «tou logis!.., la chose est peu loyale !

Me voler ma maîtresse et sou amour... d’accord !

Mais mon souper. Monsieur... ah! vraiment c’est trop fort!

DESGRIEUX

Monsieur, un tel discours...

MANON, au Marquis et lui montrait Desgrieux.

- \ Ah ! c’cst le méconnaître !

DESGRIEUX

Vous m’en rendrez raison!

LE MARQUIS , avec ironie.

liaison ?... vous plaisantez!

(il va tirer le verrou de U porte du fond, «t plusieurs domestiques paraissent. S’adressant à eux en leur montrant Ueegrieux.)

Que l’on jette à l’instant Monsieur par la fenêtre !

DESGRIEUX , apercevant l’épéé qui , depuis la première scène , est restée sur fa toilette , la saisit, et foit&ni reculer les domestiques.

Si vous faites un pas... oui , si vous le tentez...

Je vous châtierai tous!... tes gens. ..

(Montrant le Marquis.)

Et puis le maHre!...

(Regardant fièrement le Marquis.)

Si quand on le défie , il est .trop grand seigneur Pour daigner, par le for, défendre son honneur!

LE MARQUIS , tirant sou épée.

Ah! c’en est trop!

LESCAUT , paraissant à la porte du fond et voyant lés deux adversaires qui viennent de croiser l’épée.

Qu’ai-je vu? le fer brilleî (U s’approche de Manon et lui dit à demi voix.)

On tel éclat compromet la famille ;

Partons.

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