SCÈNE XV
Fend Ml que Manon et Besgrieux , usés près l’un de l’autre , chantent ensemble
ce couplet, une petite porte secrète cachée daus la boiserie sur le premier plan s’ouvre , et paraît le Marquis sans être entendu ni vu. Il les regarde an instant, cherche à contenir sa colère; mais an moment où Desgrieux embrasse Manon, il s'avance vivement.)
DESGRIEUX ET MANON , l'apercevant et restant stupéfaits en tenant leur verre
à la main.
Le Marquis !
LE MARQUIS , Avec ironie.
Desgrieux !... qui par fraudtî s’installe La nuitw» «tou logis!.., la chose est peu loyale !
Me voler ma maîtresse et sou amour... d’accord !
Mais mon souper. Monsieur... ah! vraiment c’est trop fort!
DESGRIEUX
Monsieur, un tel discours...
MANON, au Marquis et lui montrait Desgrieux.
- \ Ah ! c’cst le méconnaître !
DESGRIEUX
Vous m’en rendrez raison!
LE MARQUIS , avec ironie.
liaison ?... vous plaisantez!
(il va tirer le verrou de U porte du fond, «t plusieurs domestiques paraissent. S’adressant à eux en leur montrant Ueegrieux.)
Que l’on jette à l’instant Monsieur par la fenêtre !
DESGRIEUX , apercevant l’épéé qui , depuis la première scène , est restée sur fa toilette , la saisit, et foit&ni reculer les domestiques.
Si vous faites un pas... oui , si vous le tentez...
Je vous châtierai tous!... tes gens. ..
(Montrant le Marquis.)
Et puis le maHre!...
(Regardant fièrement le Marquis.)
Si quand on le défie , il est .trop grand seigneur Pour daigner, par le for, défendre son honneur!
LE MARQUIS , tirant sou épée.
Ah! c’en est trop!
LESCAUT , paraissant à la porte du fond et voyant lés deux adversaires qui viennent de croiser l’épée.
Qu’ai-je vu? le fer brilleî (U s’approche de Manon et lui dit à demi voix.)
On tel éclat compromet la famille ;
Partons.