ACTE III, SCÈNE Vlll
A toi mes senls amours!
A présent et toujours,
A toi mes seuls amours!
Toujours! toujours! toujours! - RENAUD, comptant toujours.
Deux !
DESGR1EUX , à Manon.
Le Marquis, par moi, frappé d’un coup fatal,
- En déchirant l’écrit signé par son rival.
M’a d’un cœur génér eus, préservé du supplice ! RENAUD , de même.
Trois!
DESGR1EUX.
Sorti de prison!... et libre, libre enfin.
Je te cherchais!... Une horrible injustice Te condamnait à ce climat lointain!
Sur le navire où l’on t'avait placée Je pris passage!
MANON , avec reconnaissance.
Toi!
DESGH1EUX.
Mais vois quel sort affreux.. .
RENAUD , de même.
Quatre!
DESGRIEUX
Près l’un de l’autre, et séparés tous deux, Impossible, pendant toute la traversée ,
Toi, prisonnière, toi, soustraite à tous les yeux, De t’entrevoir... de te parler! ., et toi?
Que faisais-tu?
Moi! je pensais à toi!
RENAUD, regardant sa montre.
Cinq 1
(S’approchant d’eux.)
Cinq minutes!
DESGR1EUX ET MANON
Ciel!
RENAUD, brutalement.
Allons, qu’on se sépare!
MANON, avec désespoir.
Déjà!
DESGRIEUX, de même.
Déjà ! quand j’avais tant encor De choses à te dire!
RENAUD, brusquement.
Allons, qu’on se sépare
Sinon... j'appelle !
MANON
Ah! barbare ! barbare !
DESGRIEUX, frappant sur ses poches et poussaut un cri de joie, en s'adressant
à Manon.
Rassure-toi! je crois qu'il me reste de l’or!
RENAUD, d'un air défiant.
En êtes- vous bien sûr'?
DESGR1EUX, tirant quelques pièces de sa poche.
La lin de mon trésor!
(Les comptant dans le chapeau de Renaud.) Un, deux, trois, quatre, cinq. ,
(Avec joie.)
Pour nous quel heureux sort!
(Courant près de Manon, reprise du premier motif.)
O toi, ma bien-aimée!
MANON
Toi, l’ami de mon cœur!
DESGRIEUX
Mon âme ranimée S’ouvre encore au bonheur !
MANON
Par toi l’infortunée Dont on flétrit les jours.
N’est point abandonnée !
Moi! je t’aime toujours!
RENAUD, regardant sa montre et comptant.
Une!